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Violences policières : la réponse hallucinante de Darmanin sur le racisme

Lundi 30 novembre soir, la commission des lois a auditionné Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, sur les conditions dans lesquelles les forces de l’ordre ont eu recours à la force lors de différents événements survenus à Paris au mois de novembre. Ses réponses semblent nier une réalité vécue par une catégorie de la population française, non blanche.

Violences lors de la manifestation contre la proposition de loi sur la « sécurité globale » près de l’Assemblée nationale le 17 novembre, évacuation d’un campement de migrants place de la République lundi 30 novembre, passage à tabac d’un producteur noir par des policiers… La liste s’allonge. Lors de cette audition, le ministre a notamment déclaré qu’il était nécessaire de « donner à la police de la République, à la gendarmerie nationale, les moyens de l’exemplarité qu’on exige d’eux ». Il a ensuite énuméré les « sept péchés capitaux » qui, selon lui, mine le travail des policiers, dont une formation initiale insuffisante. « Un policier national, c’est 12 heures de formation annuelle », a dit le ministre. « 20 % seulement des policiers font ces 12 heures annuelles en 2019 ». Pour y remédier « j’ai proposé au Président de la République cet après-midi », une « formation initiale plus importante », a-t-il déclaré.

 Déconstruire des opinions préconçues

Un argument réfuté par Mélanie*, juriste en droit public et militante des droits civiques et des droits de l’homme : « Le manque de formation n’est pas le seul facteur qui favorise les bavures policières, c’est aussi les préjugés racistes présents dans l’imaginaire collectif et que l’on retrouve chez certains agents de police. Ces violences ne sont que les conséquences de ces croyances racistes ». Et d’ajouter : « Il est cependant vrai que cette formation, déjà insuffisante à la base, est exacerbée lorsque les policiers sont amenés à traiter avec des citoyens racisés ». Il faudrait donc en plus de mieux former les agents de police, déconstruire des opinions préconçues qui mettent en danger la population. 

A propos de la « question des inspections », Gérald Darmanin a déclaré que « si réforme » de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) il y a à faire, il faudrait « que les préconisations » de l’IGPN en matière de sanctions administratives soient suivies par le ministre. « Là encore la réponse du ministre est insuffisante, s’indigne la juriste. Le rôle de l’IGPN est d’améliorer le fonctionnement de l’institution de la police nationale, et ce par l’exercice de différentes missions comme de veiller au respect – par les fonctionnaires de police – des lois, des règlements et du code de déontologie de la police nationale. L’IGPN diligente des enquêtes sur l’ensemble du territoire national. Or dans les faits, lorsqu’il y a des signalements mettant en cause un agent de police, on se rend compte que son comportement n’est pas toujours analysé de manière rigoureuse, et pire encore l’IGPN protège le policier et donc ne tire pas toutes les conséquences de son comportement fautif ». Selon la juriste, l’IGPN devrait aller jusqu’au bout des démarches judiciaires et administratives, ce qui permettrait d’appliquer les sanctions nécessaires. 

*le nom de l’interlocutrice a été modifié

Naomi Mackako

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