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Procès Gbagbo/Blé Goudé : Bensouda fait à nouveau appel et retarde leur retour en Côte d’Ivoire

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou, Bensouda, a fait appel de l’acquittement de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et son compagnon Charles Blé Goudé prononcé le 15 janvier dernier. Cette décision ouvre la voie à une nouvelle procédure devant la Chambre d’appel qui devrait prendre plusieurs mois hypothéquant l’espoir de l’ancien chef d’État de rentrer dans son pays avant les échéances électorales de 2020.

Bensouda s’obstine

« L’appel démontrera que la chambre de première instance a commis des erreurs de droit et de procédure qui ont abouti à l’acquittement de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé », a affirmé le bureau de la procureure dans un communiqué.

Laurent Gbagbo a été libéré sous conditions en février dernier après avoir été reconnu non coupable des charges de crimes contre l’humanité perpétrés en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales en Côte d’Ivoire. Il a été accueilli par la Belgique où il vit en attendant un éventuel procès en appel. Charles Blé Goudé a été lui aussi acquitté des charges qui pesaient contre lui. Libéré en même temps que l’ex président ivoirien, il vit aux Pays-Bas dans des conditions similaires.

Selon la procureure gambienne, « les juges ont acquitté les deux hommes sans formuler correctement et sans appliquer de manière cohérente une norme de preuve clairement définie ». Mi-janvier, deux juges sur trois avaient constaté « l’extrême faiblesse » du dossier présenté par l’accusation au cours de ce procès ouvert fin janvier 2016. Ils avaient également dénoncé la partialité de la thèse du procureur, la jugeant très éloignée des réalités de la crise ivoirienne.

Un acharnement politique ?

Durant les audiences qui se sont déroulées sur trois ans, l’accusation avait tenté de prouver que les deux hommes politiques auraient mis en place une politique d’Etat dans l’objectif de conserver le pouvoir, en ciblant les partisans d’Alassane Ouattara. Suite à la présentation du dernier témoin du procureur en janvier 2018, les avocats des deux ivoiriens n’ont pas fait appel à leurs témoins à décharge, estimant qu’il n’y avait rien à contrer dans le dossier d’accusation et a demandé l’acquittement, accordé un an plus tard par deux des trois juges de la Cour.

La procureure de la CPI reproche aujourd’hui à la chambre de première instance de ne pas avoir rendu son jugement dans les formes et de n’avoir motivé les acquittements six mois plus tard. La magistrate gambienne estime que les juges ont fait une « évaluation incorrecte ou déraisonnable », des 82 témoignages et 4 000 pièces à conviction, lors du procès.

Dans la capitale abidjanaise, les partisans de l’ex-président estiment que cette décision d’interjeter appel de la part de Fatou Bensouda est un acharnement politique. Selon ses soutiens, c’est une comédie de la part du bureau du procureur en vue de retarder le retour au pays de Laurent Gbagbo. Ils gardent toutefois espoir et croient dur comme fer au retour de leur leader.

Quelles suites pour le procès ?

Mais ce probable retour devra se faire en fonction des négociations avec les autorités ivoiriennes puisqu’il est sous le coup d’une condamnation à 20 ans de prison par la justice du pays. Son hypothétique participation de Laurent Gbagbo aux élections de 2020 ouvre le débat sur la scène politique en Côte d’Ivoire.

Premier ancien chef d’Etat à avoir été remis directement à la CPI, il avait été arrêté en avril 2011 par les forces de l’actuel président Alassane Ouattara, soutenues par l’ONU et la France. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé étaient accusés de quatre chefs de crimes contre l’humanité dont des meurtres, des viols des persécutions et d’autres actes inhumains pour lesquels ils ont toujours plaidé non-coupable.

Selon Emmanuel Altit, l’avocat de Laurent Gbagbo, la démarche de Fatou Bensouda est loin d’être une surprise. La procureure a jusqu’au 15 octobre pour déposer son mémoire et les avocats de la défense ont jusqu’au 16 décembre pour lui répondre. Les textes de la CPI ne fixent cependant aucun délai à la chambre d’appel pour rendre sa décision.

Harris Djiro

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