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PRÉSIDENTIELLE EN RDC : LES CONGOLAIS TOUJOURS DANS L’INCERTITUDE

Lorsque les opposants font passer leur parti ou leur personne avant l’Etat, ils étalent au grand jour leur incapacité à s’affirmer comme hommes d’Etat. Sans compter que c’est le meilleur moyen pour consolider le pouvoir des régimes qu’ils prétendent combattre. Pourquoi les opposants congolais peinent-ils autant à s’unir et affronter un régime que tous prétendent pourtant combattre ?

Il n’est point indispensable que les règles soient rigoureusement les mêmes, d’un bout à l’autre du continent. Mais si les valeurs sur lesquelles se fondent ces règles sont semblables, les résultats des élections ne seraient pas source d’une telle suspicion, en RDC.

Au Botswana, au Cap-Vert, au Ghana, comme dans une quinzaine d’autres pays du continent, la foi en les résultats repose sur la confiance des peuples, sinon en la probité des dirigeants, du moins en leur droiture. L’idée que ceux qui sont au pouvoir s’y accrochent si désespérément qu’ils peuvent être prêts à tout pour ne jamais le perdre donne aux populations la désagréable impression qu’elles doivent se méfier en permanence.

Peut-être que la Commission électorale congolaise annoncera, en fin de compte, la victoire d’un opposant, si tel est effectivement le choix des Congolais. Mais, jusqu’à ce que cela survienne, ce peuple se méfiera. Il se méfiera d’autant plus que tout ce qui se passe dans ce pays depuis la clôture des bureaux de vote laisse perplexe, et pas que les Congolais.

Il se murmure que ‘’l’arrangement’’ entre Kabila et Tshisekedi ne permettrait pas à l’opposant de toucher aux secteurs stratégiques sans l’accord de l’actuel président congolais. Joseph Kabila pourrait donc garder le contrôle et le pouvoir de nomination sur le secteur de la défense et de l’économie. Une emprise sur l’appareil sécuritaire et les finances qui constituent les deux piliers du pouvoir en RDC et une des raisons de la longévité de Joseph Kabila au pouvoir. Aussi, les dirigeants actuels de la RDC devraient juste s’interroger sur ce qui, dans leur pratique du pouvoir, pourrait justifier une telle défiance. D’autant que ce n’est pas le seul clergé qui les suspecte de ne pas vouloir la transparence.

Même l’Union Africaine, d’ordinaire si prudente, s’est départie des fioritures diplomatiques pour, à mots à peine couverts, sommer les dirigeants congolais de respecter le choix de leurs concitoyens.

KHOUDIA GAYE

 

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