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Pour Jacques BARRIER, les occidentaux ont « beaucoup à apprendre des médecines traditionnelles africaines »

Dans un entretien accordé au quotidien français « Le Point », le spécialiste en médecine interne Jacques BARRIER raconte sa rencontre avec la médecine traditionnelle africaine. Dans son livre «Les Arts de guérir en Afrique, de la tradition à la médecine conventionnelle» a été inspiré de ses voyages à travers le continent.

Du Gabon où il s’est rendu en 1984, pour former des enseignants de la faculté de médecine, à Madagascar, Jacques BARRIER est allé à la rencontre de guérisseurs, pour comprendre les vertus de la médecine traditionnelle africaine. «Je me souviens d’une guérisseuse du Royaume bamoun, à l’ouest du pays, qui avait révélé une plante capable de tout guérir. Elle consultait près de 2 000 patients par jour. Elle donnait à boire sa potion et les regardait, l’armée surveillait le défilé. Un jour, les gens se sont rendu compte que ça ne fonctionnait pas et ont arrêté d’y croire».

Mais pas lui! En effet, à la suite de cette expérience, le spécialiste en médecine interne a poursuivi sa quête. Se rendant au Burkina Faso où il s’est rendu chez de nombreux autres guérisseurs, dont un «très sérieux chez les Lobi. Il avait une case thérapeutique où il travaillait des plantes dont il connaissait tous les effets». Ou encore dans une « église réveillée » où pour une douleur au dos, il a rencontré le prêtre. «Il m’a fait des incantations en me disant que ce serait immédiat», mais rien y a fait.

Des résultats peu probants qui ont entamé la confiance des patients, qui préfèrent désormais se tourner vers la médecine conventionnelle et mis en exergue les limites de la médecine traditionnelle, par ailleurs reconnues par les bons devins guérisseurs. Toutefois, contrairement à la médecine moderne, elle replace l’homme (et non ses maux) au centre de la consultation, pour obtenir de meilleurs résultats. En effet, «il faut prendre en compte le mal-être, le malheur, le malaise… du patient. Tous les maux comptent pour comprendre un malade. La relation patient/médecin en Afrique a beaucoup à nous apprendre sur notre pratique».

Passionné par ses aventures médicales à travers l’Afrique, Jacques BARRIER ne compte pas en rester là. Et envisage déjà de nouvelles expériences notamment son retour au Gabon. «Je voudrais aller tester un cycle de traitement qui s’appelle le Bwiti, au Gabon. Les médecins du CHU de Libreville y envoient certains de leurs patients. Il s’agit d’un médicament psychotrope, de l’iboga, fabriqué à partir d’une plante. Il donne un état de conscience exacerbé sans être hallucinogène et permettrait de revenir en arrière dans sa vie. La tradition veut qu’on puisse communiquer avec les esprits de nos ancêtres pour recréer l’harmonie intérieure et guérir le mal-être. C’est une sorte d’ayahuasca. Les bienfaits de cette molécule sont reconnus par ailleurs, en Nouvelle-Zélande par exemple» a-t-il conclu.

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