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PORTS AFRICAINS : LE GROUPE BOLLORÉ SOUPÇONNÉ DE CORRUPTION

Six mois après la garde à vue du milliardaire Vincent Bolloré, sa holding a été mise en examen à son tour le 13 décembre 2018, suite à l’enquête menée portant sur des soupçons de corruption, dans le cadre de l’obtention de concessions portuaires en Afrique de l’Ouest.

Dans un communiqué annonçant l’information, la Holding Bolloré SA dit ne pas être concerné par les faits objets de l’investigation et a décidé d’exercer un recours afin d’être mise hors de cause.

Le 24 avril 2018, l’homme d’affaires de 66 ans avait été mis en examen
dans ce dossier, après deux jours de garde à vue à Lanterre précisément dans les locaux de l’Office centrale de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

Une procédure rarissime pour un chef d’entreprise aussi influent. Deux de ses proches collaborateurs avaient été gardé le même jour. Après deux jours de garde à vue, les juges d’instruction Serge Tournaire et Aude Buresi ont procédé à la mise en examen attendue de la holding. Il en ressort : « corruption d’agent étranger, complicité d’abus de confiance » et « faux et usage de faux ».

Les juges d’instruction du pôle financier du tribunal de Paris soupçonnent de groupe Bolloré d’avoir utilisé les activités de conseil politique de sa filiale Havas afin de décrocher la gestion des ports de Lomé, du Togo, de Conakry et de la Guinée via une autre de ses filiales, Bolloré Africa Logistics, anciennement appelée SDV.

SDV a obtenu la gestion du port de Conakry quelques mois après l’élection d’Alpha Condé fin 2010, et avait remporté la concession à Lomé peu avant la réélection en 2010 au Togo de Faure Gnassingbé, qui étaient alors tous deux conseillés par Havas.

S’appuyant en particulier sur les documents retrouvés lors des perquisitions de 2016 au siège du groupe Bolloré, les magistrats soupçonnent Havas d’avoir sous-facturé ses services rendus aux deux candidats victorieux pour obtenir, en contrepartie, la gestion des concessions portuaires. A chaque fois, la désignation de SDV a entraîné une bataille judiciaire avec les anciens gestionnaires. S’agissant de Conakry, le français Necotrans avait, dès mars 2011, déposé une plainte pour « corruption internationale », rapidement classée sans suite par le parquet de Paris.

Selon Paris Match, le groupe avait été placé en redressement judiciaire en juin 2017 avant d’être racheté par Bolloré. Les soupçons sur les activités africaines de Vincent Bolloré ont par ailleurs été nourris par les plaintes d’un de ses anciens associés, le Franco-Espagnol Jacques Dupuydauby, qu’il avait évincé du port de Lomé en 2009 et attaqué en justice avec succès. Dans cette affaire, le directeur général de Bolloré, Gilles Alix, est mis en examen pour les mêmes qualifications que son patron et que le groupe. Jean-Philippe Dorent, responsable du pôle international d’Havas est lui poursuivi pour « abus de confiance » et « faux et usage de faux ».

L’ONU s’implique

L’ONU a mis en cause des entreprises associées au groupe Bolloré pour leur exploitation illégale des ressources naturelles, dans certains pays d’Afrique, dont le commerce nourrit le trafic d’armes.

Aussi, dans un rapport d’Avril 2001, l’ONU indique que SDV (désormais Havas), filiale à 100% de Groupe Bolloré, figure « parmi les principaux maillons de ce réseau d’exploitation et de poursuite de la guerre. Des milliers de tonnes de colombo tantalite ont ainsi été chargé a partir de Kigali (Rwanda) ou ont transité par le port de Dar es Salam (Tanzanie).

Un rapport de 2002 place SDV sur la liste des entreprises qui « violent les principes directeur de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) à l’intention des entreprises multinationales.

Opri Avérroèse Kalet

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