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[POLITIQUE] RDC : LE GOUVERNEMENT CRIE « VICTOIRE » SUR LE M23, L’ARMÉE NE CONFIRME PAS

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé mardi matin avoir obtenu une «victoire totale» sur la rébellion du M23, mais l’armée a indiqué qu’elle ne confirmait «pas pour l’instant» ce succès.
«Les derniers résidus du M23 viennent d’abandonner leurs retranchements de Chanzu et Runyonyi sous la pression des FARDC qui viennent d’y entrer», a indiqué Lambert Mende, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais dans un texto reçu par une journaliste de l’AFP vers 06h20 (04h20 GMT) à Kiwanja, localité proche du dernier carré rebelle dans l’Est du pays.

Interrogé par l’AFP, le général Lucien Bahuma, commandant de l’armée pour le Nord-Kivu, la province de l’Est du pays où est née la rébellion en avril 2012, s’est montré plus prudent: «Je ne peux pas vous confirmer pour l’instant».

«Je ne peux pas encore vous confirmer», a indiqué un autre officier des Forces armées de la RDC (FARDC), «mais on vient de me dire que le M23 a pris la poudre d’escampette».

«Ils ont brûlé 42 véhicules et leurs dépôts de munitions; ils se sont dispersés dans tous les sens, chacun pour soi et Dieu pour tous. Les combats ont duré toute la nuit», a-t-il ajouté.

Selon M. Mende, les derniers rebelles ont «fui pour la plupart vers le Rwanda» voisin.

Blocage à Kampala

Depuis la prise de leur fief et dernière place forte, Bunagana, à la frontière avec le Rwanda, les rebelles s’étaient retirés sur trois collines des environs, dans les montagnes aux confins du Rwanda et de l’Ouganda, à près de 2.000 mètres d’altitude : Mbuzi, Runyonyi et Chanzu.

Mbuzi était tombée lundi à la mi-journée, et, dans l’après-midi, des éléments de la Brigade d’intervention de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco) s’étaient joints aux force gouvernementales pour pilonner au mortier les positions rebelles après la mort de six civils tués par des chutes d’obus sur Bunagana (80 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu).

«Il est important que le M23 (…) déclare la fin de la rébellion. Les combats doivent cesser» pour que les deux parties puissent négocier une issue politique à leur conflit,, avait indiqué dans la soirée le chef de la Monusco, Martin Kobler, dans un communiqué.

Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku a déclaré que le chef militaire des rebelles, Sultani «Makenga [avait] fui vers le Rwanda». «Son chauffeur vient de se rendre. Les rebelles ont fui au Rwanda», a-t-il ajouté.

Au début de l’offensive contre les derniers bastions rebelles, samedi, les combattants du M23 retranchés sur Mbuzi, Runyonyi et Chanzu étaient entre 200 et 300, selon les estimations.

«Exiger [du] M23 de donner une victoire militaire au [gouvernement comme] condition pour la signature de l’accord de paix relève du traditionnel populisme», a déclaré Bertrand Bisimwa, président de la branche politique du mouvement, dans un message sur son compte Twitter publié une dizaine de minutes après l’annonce de Mende.

Le M23 est né d’une mutinerie d’anciens rebelles, essentiellement tutsi, intégrés dans l’armée trois ans plus tôt après un accord de paix.

Le Mouvement semble avoir été lâché par le Rwanda et l’Ouganda, les deux pays accusés par les Nations unies de le soutenir, et qui ont fait l’objet d’intenses pressions diplomatiques, notamment américaines, pour que cela cesse.

Source : Libération

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