UNE PLACE LUMUMBA CHEZ LÉOPOLD II

Sur insistance de la communauté congolaise en Belgique,
Philippe Close, le bourgmestre de Bruxelles, a annoncé à la radio publique La Première (RTBF) son intention de faire inaugurer le 30 juin dans sa commune une place Patrice LUMUMBA.

Patrice Lumumba fut l’éphémère premier Premier ministre du jeune Congo indépendant – l’actuelle RDC (ex-Zaïre) – au sortir de la colonisation belge en 1960. Nationaliste et patriote, il est perçu comme prosoviétique par les Américains et désavoué par les milieux d’affaires belges. Il avait été assassiné le 17 janvier 1961 à l’âge de 35 ans dans la province du Katanga, avec la complicité de la CIA, du MI6 britannique et de la Belgique du Roi Léopold ll.

Rendre hommage à cette figure emblématique du combat de l’ex-Congo belge pour son indépendance peut paraître une victoire pour certains et une fierté pour d’autres à Bruxelles, où, des membres de la diaspora africaine regroupés dans diverses associations réclamaient depuis plusieurs années qu’une rue, une place ou un lieu public célèbre la mémoire de celui qui est surnommé « le père de l’indépendance », et le maire de la capitale belge qui s’est dit « extrêmement fier » de leur donner enfin gain de cause. Une décision qu’il a présentée comme la fin d’un « tabou » en Belgique où pour la première fois, Bruxelles aura une place Patrice LUMUMBA.  » On est extrêmement fiers de reconnaître ça »a-t-il ajouté.

Ainsi, le 30 juin 2018, le nom de Lumumba sera fixer sur une plaque commémorative dans un square bruxellois marquant l’entrée de « Matongé », le quartier de la communauté congolaise de Bruxelles pour, juste satisfaire les demandes de la communauté congolaise, pour une fin politique ou alors pour demander pardon au peuple africain et en particulier le peuple congolais pour les abus et les crimes du roi belge Léopold ll ?

Pour la petite histoire, Léopold ll fut l’initiateur des fameuses conférences qui ont abouti à la balkanisation de l’Afrique. À la fin du XIX siècle, le système colonial établi au Congo par Léopold II, roi de Belgique, atteint un degré de brutalité telle qu’il sera à l’origine d’un des plus grands massacres de l’Histoire. On parle de dix millions de morts, même si l’affaire est très discutée. Malgré la polémique, ce triste chapitre de la colonisation est pourtant encore peu connu aujourd’hui. Certains universitaires, certains journalistes, congolais, belges, en parlent, mais c’est souvent vite lu et oublié dans les sous-sols des bibliothèques ou dans les bennes à papier.

L’annonce de ce geste politique intervient le jour du 60e anniversaire de l’inauguration de l’Exposition universelle à Bruxelles, le 17 avril 1958, où un « village congolais » aux allures de zoo humain était censé évoquer la puissance de la Belgique du temps des colonies.

La politique de l’occident n’est jamais bénévole l’endroit de l’Afrique. Les esprits s’éveillent, les consciences s’aiguisent cette commémoration ne saurait distraire ni détourner l’attention de la nouvelle génération africaine de ce besoin croissant de souveraineté diplomatique et surtout économique que l’elite africaine acquis à la cause occidentale étouffe de toute son énergie.

DUNAMIS ADJIGO

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