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Obadele Kambon ou l’histoire d’un retour aux sources pour échapper au racisme

Depuis le début des années 2000, le Ghana exhorte les personnes d’ascendance africaine à rentrer « chez elles » et à demander la double nationalité. Le pays a adopté une législation visant à faciliter la vie et le travail des personnes de la diaspora africaine dans le pays. Le président Nana Akufo-Addo a même désigné l’année 2019 comme « l’année du retour » pour commémorer la résilience des Africains contraints à l’esclavage et encourager leurs descendants à « rentrer à la maison », a rapporté l’Independent Online.

Obadele Kambon ne s’est pas fait prié pour répondre à cet appel. En effet, en 2008 après avoir été inculpé injustement, ce natif New-yorkais décide de quitter les Etats unis. Il vit à présent au Ghana avec sa famille et assure n’avoir aucun regret, comme il le confie dans une interview accordée à BBC. « Je ne permettrai plus jamais que des policiers corrompus m’éloignent de ma famille pour une lubie ».

Un an avant son départ, M. Kambon et sa fiancée, enceinte à l’époque, sont contrôlés par la police. Dans le coffre de leur voiture, ils retrouvent une arme à feu et accusent le jeune homme noir de préparer un braquage alors que l’arme servait juste à assurer la sécurité de leur camping. Il risque alors cinq ans de prison.

Bien qu’il ait finalement été innocenté, il économise assez d’argent pour rebâtir sa vie au Ghana. Aujourd’hui, il enseigne dans l’une des universités les plus prestigieuses du pays, où il bénéficie de la liberté et de la sécurité qui, selon lui, lui a été refusée dans son pays natal, les États-Unis. « Je n’ai plus besoin de regarder par-dessus mon épaule, ou de craindre que la police n’arrête ou, pire encore, ne tue mon fils » assure-t-il.

Obadele Kambon parle couramment deux langues ouest-africaines – l’akan et le yoruba – et maîtrise une troisième langue, le wolof. Il possède également un certain niveau de compétence en swahili, la langue principale de l’Afrique de l’Est, et en kikongo, parlé dans certaines régions d’Afrique australe et centrale.

Le Ghana, ce pays qui durant des siècles a été une des plaques tournantes de la traite des esclaves africains, tend à s’affranchir de l’aide internationale. Le président Akufo-Addo a fait du « Ghana beyond aid » un axe central de sa politique, car pour lui c’est aux Africains que revient la mission d’améliorer leurs conditions de vie et développer leur continent. Sans doute l’une des raisons de cet appel vibrant lancé à la diaspora africaine du monde entier.

A.K.

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