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NIGERIA: LE TRISTE BILAN 4 ANS APRES L’ENLÈVEMENT DES LYCÉENNES DE CHIBOK

Quatre ans après leur enlèvement par Boko Haram, le sort d’une centaine de lycéennes de Chibok reste incertain au Nigeria, où, selon certaines sources, des dizaines d’entre elles sont mortes en captivité. Les parents des otages et des milliers de personnes se sont rassemblés, samedi 14 avril, dans cette petite localité du nord-est du pays à l’occasion du quatrième anniversaire de leur enlèvement, qui avait provoqué l’indignation du monde entier en 2014.

Au beau milieu de la nuit, des membres de Boko Haram avaient pris d’assaut le dortoir du lycée de la localité Chibok, enlevant 276 jeunes filles.

Dans un long message posté sur Twitter, Ahmad Salkida a écrit que « seules 15 » avaient survécu : « Beaucoup de filles sont mortes prises entre des tirs croisés et les bombardements des forces de sécurité qui, sans aucun doute, tentaient de les secourir ».

Samedi, lors d’une cérémonie de deux heures à Chibok, les parents dont les filles ont été relâchées portaient des tuniques blanches sur leurs vêtements. Ceux dont les filles sont toujours aux mains de Boko Haram revêtaient des tuniques noires. «Nous prions seulement pour que nos filles soient libérées et nous reviennent», a déclaré à la foule Hannatu Daudu, dont la fille Saratu figure parmi les captives.

Outre la cérémonie à Chibok, au cours de laquelle ont été dites des prières chrétiennes et musulmanes, une série de manifestations et de veilles sont prévues dans l’ensemble du Nigeria à l’occasion de cet anniversaire.

Le président du Nigeria en 2014, Goodluck Jonathan, avait été vivement critiqué pour sa réaction à l’enlèvement des lycéennes de Chibok, mais son successeur Muhammadu Buhari a eu plus de succès.

Un total de 276 filles avaient été enlevées le 14 avril 2014 dans leur internat de Chibok, dont 57 ont réussi à s’échapper juste après.

Depuis, 107 filles ont été retrouvées, libérées ou se sont échappées suite à des négociations du gouvernement avec Boko Haram. Ce n’est pas la première fois que des rumeurs sur leur mort supposée circulent.

En août 2016, Boko haram avait diffusé une vidéo montrant une cinquantaine de prisonnières. Un homme armé et masqué déclarait alors que « plusieurs d’entre elles sont mortes des suites d’un bombardement aérien ».

Les parents des lycéennes restées en captivité n’ont cessé de réclamer la vérité ce qui était arrivée à leurs enfants.

« Après la libération de 82 filles (en mai 2017) j’ai discuté avec certaines d’entre elles qui ont confirmé que plusieurs avaient été tuées par des frappes militaires sur le camp où elles étaient retenues », a expliqué à l’AFP Ayuba Alamson Chibok, un chef communautaire de Chibok.

Selon les rescapées, « 11 de leurs camarades ont été tuées et beaucoup d’autres blessés lors de cette frappe aérienne », a-t-il dit.

Il n’y a « aucun moyen » de savoir si d’autres ont pu être tuées lors d’opérations similaires de contre-insurrection dans le nord-est du pays, a déploré M. Alamson Chibok, demandant à Boko Haram de diffuser une « preuve de vie » des otages.

« Le gouvernement devrait agir vite. Plus il met de temps à résoudre ce problème, plus l’avenir de ces filles est détruit », a-t-il ajouté.

 

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