NÈGRE DE MAISON ET NÈGRE DES CHAMPS

La relation entre homme noir et blanc est sous le prisme d’une opposition entre ceux que l’on nomme “nègre de maison”, dit conciliant et dociles vis-à-vis du maître blanc et les plus farouches opposant au pouvoir blanc, les “nègres des champs”. Ces termes sont devenus célèbres en 1963, par le biais d’un discours désormais historique, le « Message au peuple ». Dans celui-ci, Malcolm X décrit les deux types d’esclaves qui vivaient au XVIIIe siècle dans une Amérique oppressive et cruelle.‎

« Du temps de l’esclavage, il existait deux sortes d’esclaves, deux sortes de Nègres. Il y avait le Nègre de maison et le Nègre des champs. Le Nègre de maison faisait toujours attention à son maître. Quand les Nègres des champs dépassaient un peu trop les bornes, il les retenait et les renvoyait à la plantation. Le Nègre de maison pouvait se permettre d’agir de la sorte parce qu’il vivait mieux que le Nègre des champs, il mangeait mieux, il s’habillait mieux et il vivait dans une plus belle maison. Il vivait dans la maison de son maître, dans le grenier ou la cave, il mangeait la même nourriture que son maître, il portait les mêmes habits que lui et il pouvait parler comme son maître, d’une diction parfaite. Il aimait son maître bien plus que son maître ne s’aimait lui-même. C’est pour ça qu’il ne voulait pas que son maître souffre. Si le maître tombait malade, le Nègre de maison disait : “Quel est le problème maître, sommes-nous malades ?” Sommes-nous malades !? Il s’identifiait à son maître plus que son maître ne s’identifiait à lui-même. Si la maison du maître prenait feu, le Nègre de maison luttait plus fort que son maître pour éteindre l’incendie. Il était prêt à donner sa vie plus rapidement que le maître ne le serait pour sauver sa maison. ».

À l’opposé, nous avions le nègre des champs, celui avait droit à une vie un tantinet different. « Les Nègres des champs avaient droit à l’enfer. Ils vivaient dans des cabanes, ils portaient les pires des habits et ils mangeaient la pire des nourritures. Ils n’avaient rien à perdre. Ils se faisaient battre du matin au soir et ils sentaient la terrible douleur du fouet. Le Nègre des champs détestait son maître. Je dis : il détestait son maître ! Il était intelligent. Si le maître tombait malade, il priait pour que le maître meure. Si la maison du maître prenait feu, il n’essayait pas de la sauver, il priait pour qu’un vent fort arrive. C’était la différence entre les deux. Et aujourd’hui, il y a toujours des Nègres de maison et des Nègres des champs… Moi, je suis un Nègre des champs ! »

En ces mots, Malcolm X met le doigt sur un problème qui gangrène toutes les communautés noires établies en occident. Il émane de ce que certains ayant accès à des conditions de vie meilleures, étant acceptés à la table des maîtres semblent être plus avenant à l’endroit de ces derniers, alors que de l’autre côté ceux qui battent le fer (la masse), sont victimes du système, de sa violence et son absence d’humanité, demeurent lucides et conscients des injustices, de leurs conditions d’esclaves, même en 2017.

C’est en cela que les noirs de France sont victimes, pour certains d’un amour inconsidéré pour la France à qui ils croient tout devoir. Dans le même temps, nous avons d’autres qui, taxent la France de paternalisme, colonialisme, pour eux, elle demeure un pays axé sur l’exploitation d’un continent ( l’Afrique) pris pour son propre grenier.

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