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MOUSSA HOMOSEXUEL EN GUINÉE, MENACÉ D’EXPULSION EN FRANCE

MOUSSA, HOMOSEXUEL EN GUINÉE, MENACÉ D’EXPULSION EN FRANCE

À Nîmes, une mobilisation pour Moussa, homosexuel menacé d’expulsion a été organisée par des militants de l’association de lutte contre le sida Aides et des amis de Moussa, le 26 avril 2018, devant la préfecture du Gard. Placé en rétention il y a un mois, ce jeune, guinéen, a fui son pays où il était menacé en raison de son homosexualité. Son compagnon a été brûlé sous ses yeux.

Mobilisés pour éviter l’expulsion de Moussa, menacé de mort en Guinée, l’association Aides, exigent la libération et le réexamen de sa demande d’asile. Après un premier rassemblement jeudi dernier, les soutiens du demandeur d’asile, détenu depuis quarante jours au centre de rétention administrative (CRA) de la cité gardoise, se sont de nouveau rassemblés devant la préfecture du Gard, dimanche soir sous une pluie battante, pour demander sa remise en liberté et sa régularisation.

À 28 ans, Moussa a fui la Guinée Conakry où son « partenaire » a été brûlé sous ses yeux. Il est arrivé à Nîmes en 2015, muni d’une autorisation de travail. Il y a fait sa vie, a été bénévole à l’association Aides, a été un des animateurs de la Pégoulade 2017. Il s’est produit sur de nombreuses scènes, mais il n’a pas de papiers.

Dans la nuit de samedi à dimanche, il a évité de justesse son expulsion vers la Guinée : «Ils sont venus me chercher à trois heures du matin mais le pilote a dit aux policiers qu’il n’y avait plus de places, confie Moussa ce lundi à Libération. Je leur ai demandé : « pourquoi vous m’amenez ? Je ne suis pas un voleur, ni un criminel, mais un artiste international. Si vous me renvoyez, vous me tuez. »».

La mobilisation pour le jeune guinéen homosexuel et sans papiers ne faiblit pas. L’association de lutte contre le sida Aides craint pour sa vie en raison des violences homophobes dans son pays. «En Guinée, il risque la prison (jusqu’à trois ans selon l’article 274 du nouveau Code pénal de 2016 punissant les «impudiques et contre nature»), voire d’être lynché, donc il faut que les autorités entendent ça», plaide à ce sujet Sad-Eddine Derras, le responsable nîmois de Aides. De quoi convaincre l’Office français de protection des réfugiés et apatrides à donner une issue positive au réexamen de sa demande d’asile rejetée une première fois l’an passée.

Contacté par mail et par téléphone à plusieurs reprises, le secrétariat du préfet n’a pas souhaité faire de commentaires, se bornant à indiquer que la procédure suivait son cours

Un Collectif d’associations et de nîmois en appellent aux autorités pour éviter que le jeune homme fasse l’objet d’une mesure imminente de reconduite à la frontière.

Les soutiens de Moussa eux comptent «maintenir la pression» en se rassemblant tous les soirs de la semaine à 17 heures devant la préfecture du Gard, ainsi que devant le centre de rétention. Une occasion de dénoncer au passage la «politique migratoire indigne et criminelle» du gouvernement en raison des dispositions controversées de la loi asile et immigration, comme l’allongement du délai maximal de rétention, adopté en première lecture à l’Assemblée, ainsi que le manque de protection des réfugiés LGBT.

DUNAMIS ADJIGO

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