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Mort de Hamed Bakayoko : Hambak, le mécène mélomane

Le Premier ministre ivoirien Hamed Bakayoko est décédé des suites d’un cancer  mercredi 10 mars, à l’âge de 56 ans. Si beaucoup voyaient dans le ministre très populaire un futur président, celui que l’on surnommait “Hambak”, était aussi très apprécié dans le milieu de la musique. Amoureux de la rumba congolaise, il a été un véritable mécène pour de nombreux artistes.

 

Hamed Bakayoko était un bon vivant, un homme qui aimait la fête et profiter des plaisirs de la vie. “Le souvenir que j’ai de lui, c’est que c’était un fan de la musique congolaise, il nous parlait du ndombolo…”, se souvient la chanteuse Barbara Kanam, qui a collaboré avec le chef du gouvernement éteint, qu’elle rencontre en 1996 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. “Je suis sous le choc, je n’en reviens pas. Je l’ai eu au téléphone récemment donc je ne pouvais pas imaginer qu’il partirait aussi brutalement. Il me disait qu’après le Covid, il faudrait qu’on organise un concert à Abidjan…”, regrette l’interprète de “Djarabi”.  

Barbara Kanam en concert à Kinshasa en République démocratique du Congo en 2017.

Quand Barbara Kanam sort son premier album “Mokili” en 2000, Hamed Bakayoko est parmi les premier à la soutenir. “Wenge Musica, Papa Wemba… Tous les grands artistes congolais appréciés en Côte d’Ivoire, le sont grâce à lui. Tout le monde a eu le soutien de Hamed Bakayoko.”, déclare l’ambassadrice du rapprochement culturel entre la RDC et la Côte d’Ivoire par la francophonie. Et de poursuivre : “C’était un homme de culture, il était généreux et humain. La Côte d’ivoire ne sera plus pareille sans lui. On a perdu quelqu’un d’immense, un mécène.”

 

Une sensibilité artistique sans égale

 

Hamed Bakayoko se rapproche des artistes congolais vers la fin des années 1990. PDG de radio Nostalgie Afrique en 2000, il aide les artistes congolais à pénétrer le marché ivoirien. “Koffi Olomide était son ami. Dans le sillage de son passage à Bercy à Paris, il s’est aussi produit en Côte d’Ivoire.”, explique Joseph Pululu, journaliste et directeur de la Radio Mangembo. Les chanteurs congolais immortalisent le nom de l’Excellence à travers des dédicaces musicales, les “mabangas”. Mais l’homme d’Etat ne donnait pas dans le but de recevoir en retour. “Les mabangas n’ont pas précédé son soutien aux musiciens”, rappelle Jospeh Pululu. Ce à quoi s’accorde Barbara Kanam : “ Il était toujours prêt à aider. Que vous soyez un artiste connu ou non, c’était quelqu’un de très sensible et prêt à soutenir.”

 

Hamed Bakayoko était pour le milieu musical un homme désintéressé, sensible à la fibre artistique et amoureux des sonorités africaines. “Depuis que le streaming est arrivé, les artistes sont un peu perdus. Et des gens comme lui qui disparaissent, ce n’est pas facile à remplacer. Il payait les enregistrements en studio, permettait aux artistes de travailler dans des conditions confortables. Il demandait même de s’interroger sur une meilleure façon de rémunérer les artistes. C’est une grosse perte.”, admet Joseph Pululu. 

 

Un soutien inestimable

Il a soutenu la musique congolaise qu’il adorait mais aussi les artistes de son pays. A’Salfo, membre du groupe Magic System, s’est souvenu sur les ondes de RFI. “Quand je lançais le [Festival de musique urbaine] (Femua) à Abidjan, il a été la première autorité politique à croire en ce projet. Dès les premières éditions du Femua, il était à mes côtés. Et depuis ce jour, il ne nous a pas quittés, jusqu’à aujourd’hui.”, a-t-il déclaré. Et d’ajouter : “Il n’aidait pas pour attendre quelque chose en retour. Il était là parce qu’il prenait le plaisir de le faire et il comprenait la difficulté de tout un chacun.”

 

La disparition de celui qui était considéré comme le ministre de la culture bis, laisse un vide immense. Dj Arafat, Vegedream, Gims, Fally Ipupa, tous ont bénéficié de sa générosité et de son influence. “Hamed Bakayoko a participé à l’évolution de la musique africaine, c’était quelqu’un qui aimait la musique. Il savait comment la valoriser. Il accompagnait les artistes, donnait des conseils. A l’extérieur, on connaissait plus Hamed Bakayoko que les autres ministres.”, reconnaît DJ Evra, artiste et producteur. Et de conclure : “Il a beaucoup contribué à la culture africaine. C’était notre Jack Lang à nous.”

 

Naomi Mackako

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