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LES MILICIENS « KAMWINA NSAPU » SÈMENT LA TERREUR EN RDC

En RDC, il y a bientôt un an, en août 2016, « Kamwina Nsapu », un chef coutumier, a été tué par des agents des forces de l’ordre. Son utilisation de sa liberté d’expression lui aura coûté la vie. En effet, l’homme avait remis en cause les autorités congolaises. Et ni une, ni deux, le chef coutumier a été exécuté. Et sa mort a mis le feu aux poudres, donnant lieu ainsi à un conflits entre les milices qui se revendique du nom de ce chef « Kamwina Nsapu » et l’armée congolaise. Ce conflit a pris de l’ampleur depuis le temps et a causé beaucoup de migrations au sein du pays.

Nzenga en est la preuve ! « Les miliciens ont surgi et ont réuni la population, ils disaient qu’ils venaient pour libérer le peuple » commence-t-elle dans son récit d’une journée du mois de mai qui a été particulièrement longue et éprouvante pour elle. À moto, le front ceint d’un bandeau rouge et armés de machettes, de bâtons et de flèches. « Les miliciens ont incendié des maisons et ont décapité mon mari. Ils l’accusaient de travailler pour le gouvernement parce qu’il était infirmier. Ils ont tué quatre autres personnes qui refusaient d’écouter leur message », poursuit-elle. Nzenga, quant à elle, a réussi à prendre la fuite avec ces cinq enfants, sans rien emporter de tout ces souvenirs qui composaient sa vie avec son époux. Elle a alors trouvé un véhicule pour les déposer à l’entrée de Kikwit, à plus de 350 kilomètres de Tshikapa, d’où elle est originaire.

À l’image de Nzenga, voilà ce que vivent de centaines d’autres habitants de cette ville de Tshikapa. À Kikwit, ainsi que dans d’autres territoires proches, des populations ne cessent d’affluer. 16.872 personnes, dont une majorité de femmes et d’enfants, ont déjà été enregistrées par les autorités et une association congolaise partenaire du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). En l’absence de structures d’accueil officielles, les déplacés, affamés et dépourvus de tout, trouvent refuge dans des églises et chez des habitants. Les migrants sont mal en point. « Ils souffrent d’anémie, de fièvres, de diarrhée et d’écorchures, séquelles de la fuite. Tous sont affectés par la malnutrition. Certains ont mangé du sable pour casser la famine », déclare le médecin à l’hôpital général de Kikwit, Paulin Kiyankayi.

Dans les sites d’accueil de Kikwit, beaucoup s’inquiètent des tensions entre les différentes communautés du Kasaï, ajoutées au conflit initial entre les autorités provinciales et les « Kamwina Nsapu ». « Si vous acceptez de les rejoindre, les miliciens vous laissent en vie. C’est devenu une guerre entre populations », assure Kaluma, 63 ans, venu il y a dix ans chercher du travail dans les zones diamantifères de Tshikapa. Son neveu a été tué par des miliciens Luba, population à laquelle appartenait le chef Kamwina Nsapu.

De l’autre côté de la ville dit Jean Kitambala, commerçant ambulant de 41 ans, s’inquiète :« Notre village est désert : les habitants sont soit morts, soit partis ». Dit-il serrant ses deux enfants dans les bras. Les trois autres ont disparu pendant la fuite. Leur mère, dit-il, a été décapité par les miliciens dans le territoire de Kamonia, près de Tshikapa: « Ils étaient déjà venus en janvier, mais ont commencé à tuer en mai. La population craignait aussi les opérations de l’armée, car beaucoup d’hommes sont considérés comme des miliciens » par les militaires. Les habitants de cette région vivent dans la peur en permanence, pendant ce temps que suggère l’État pour mettre fin à ce conteste de guerre ?
NegroNews

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