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Meurtre d’Olivier Mambakasa à Grenoble : La communauté Congolaise dénonce « un crime raciste »

Une manifestation de la communauté congolaise s’est déroulée le samedi 24 août à Grenoble pour dénoncer le meurtre raciste d’un de leurs ressortissants, Olivier Mambakasa, poignardé le 17 août par des agresseurs qui selon un témoin l’ont traité de « sale noir ».

« Il a été tué parce qu’il était noir »

Entre 250 à 300 personnes, membres de la communauté congolaise de la région de Grenoble (Isère), ont manifesté ce samedi après-midi dans les rues de la capitale des Alpes pour dénoncer ce qu’ils estiment être un crime raciste. Jeudi 22 août, Olivier Mambakasa Luyindula, 40 ans, originaire de la République démocratique du Congo, est décédé suite à des blessures au thorax reçues lors d’une attaque au couteau.

L’homme revenait d’une soirée avec un ami en passant par le quartier du Village-Olympique, lieu où ils sont tombés sur trois individus. Après quelques insultes, Mambakasa Luyindula s’est approché pour obtenir des explications et a été poignardé à plusieurs reprises, selon le témoignage de son ami qui l’accompagnait.

« Olivier a été traité de sale noir par ses agresseurs qui lui ont lancé des canettes. Il a essayé de se défendre. C’est alors qu’il a été frappé de plusieurs coups de couteau à la poitrine. Olivier ne connaissait pas ses agresseurs. Il a été tué parce qu’il était noir », raconte Peter Kashama, président de la communauté congolaise de Grenoble.

« On a l’impression que ce drame n’a pas d’importance »

Partie de la gare, la manifestation s’achève sur les lieux du drame, dans le quartier du Village-Olympique, en bordure de l’avenue Edmond-Esmonin où des traces de sang sont encore visibles sur le sol. Une grande photo d’Olivier est déposée contre un poteau. Des bougies allumées en sa mémoire. Entre deux sanglots, la sœur du défunt, Dorkas Mambakasa, confie : « Je veux que justice soit faite pour mon frère. Pour moi, c’est un crime raciste. On l’a insulté, traité de sale noir, de sale race. Non, il n’y a pas de sale race ».

Dans les rangs des manifestants, l’amertume et la colère montent. « On ne peut pas laisser tuer des gens en France parce qu’ils sont noirs. Les autorités doivent réagir fermement et tout faire pour arrêter les agresseurs. Sinon, on va nous-même s’en occuper », affirme l’un d’entre eux. « Pourquoi ne parle-t-on pas plus de ce crime ? On a l’impression que ce drame n’a pas d’importance. Il y a vraiment un grand sentiment d’injustice dans notre communauté », s’indigne une autre manifestante.

Un sentiment d’injustice qui est d’autant plus amère que les meurtriers d’Olivier Mambakasa qui n’ont pas encore été identifiés sont toujours en fuite. Ce drame intervient un mois à peine après l’assassinat de Mamadou Barry, un universitaire guinéen, perpétré presque dans les mêmes conditions à Canteleu, une commune proche de Rouen, dans l’ouest de la France.

Les proches de M. Mambakasa prévoient une nouvelle manifestation le samedi prochain à Grenoble.

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