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MAMA KIMPA-VITA : LA MÈRE DE LA REVOLUTION AFRICAINE

Au cours de mes recherches j’ai  découvert ce récit qui est Un récit qui tire sa quintessence dans les vestiges du royaume kôngo et dont l’héroïne est Kimpa Vita. L’initiation à l’école de Lemba, sur fond de révélation du destin exceptionnel de celle-ci pour libérer le royaume kôngo de l’emprise de la pensée occidentale.

Quand aux siècles derniers le royaume kôngo se voit envahi par les Blancs, il change de destin. Aussi des missionnaires s’installent à Mbanza Kôngo que l’on vient de débaptiser ; son nouveau nom est Saô Salvador.

Commence la Traite négrière avec importation des produits exotiques. Et les coutumes du royaume tels les fétiches et la polygamie sont sévèrement réprimés par l’Église des Blancs.

Le royaume connait une décadence avec mort d’hommes car la puissance portugaise fera des prisonniers et ira jusqu’à décapiter le roi Nvita Nkânga et dont la tête sera ramenée à Luwanda : « Le déséquilibre des forces avait conduit à une véritable boucherie (…) Dans un ultime geste d’humiliation, les Portugais après avoir achevé le roi Nvita Nkânga, le décapitèrent et montrèrent sa tête aux survivants ».

Avec cette terrible répression, le royaume tombe sous la main mise du Portugal. Mais contre toute attente, une certaine Mama Mafuta annonce la venue d’une prophétesse au sein du peuple kôngo, fruit de la rencontre du petit rescapé de la bataille de Mbwila, Kangu-a-Vimba qui a maintenant grandi, avec une femme de la maison royale. Baptisée à sa naissance au nom de Dona Béatrice, Kimpa Vita tente de réorganiser le royaume « saccagé » par l’église des Portugais.

Devant les miracles qu’elle réalise, les Portugais la prennent pour une diablesse qu’il faut à tout prix éliminer car prônant les valeurs kôngos.

Dans le complot machiavélique, alors que sa mission prophétique tombe à sa fin, Kimpa Vita est accusée d’avoir trahi le saint sacrement de baptême ; elle aurait pactisé avec le diable en s’appellant Kimpa Vita et son enfant considéré comme fruit d’une relation démoniaque.

Comme sanction, elle est brûlée vive avec ses « complices » Mama Mafuta et Barro de Silva. L’enfant est confié à une famille portugaise qui l’emmène en Europe pour son éducation religieuse avant de revenir plusieurs années après au royaume pour restaurer l’église de sa maman.

Le royaume kôngo victime de la barbarie occidentale

En dehors de l’histoire de l’héroïne Kimpa Vita, nous nous plongeont dans les réalités intrinsèques du Kôngo-dia-Ntotéla où l’école de Lemba occupe une place importante. Aussi, l’étape de l’initiation au rite du Lemba demande que ses enseignements soient gardés secrets (Mié ku Lemba, ka mi téyo kô). Hospitaliers, les habitants du royaume Kôngo ouvrent leur espace aux missionnaires portugais. Méfiants avec leur roi, ils vont accepter d’être baptisés et poser la première pierre d’une église à Mbanza Kôngo le 6 mai 1491.

Mais quand commence la Traite négrière et leurs traditions bafouées, les habitants du royaume se voient obligés de restaurer les religions traditionnelles et le pouvoir du roi qui a perdu sa valeur.

Le peuple devient hostile à la présence de l’étranger et sa religion. La décadence du royaume prend un autre virage avec la mort du roi qui provoque la confrontation entre le neveu et le fils.

Ce dernier, aidé par l’armée portugaise, écarte son cousin et le tue. Fidèle à la religion des Blancs, il envoie des membres de sa famille au Portugal. Son premier fils deviendra le premier évêque noir.

Le royaume entre dans la décrépitude car l’alternance au pouvoir ne tient plus compte de la transmission héréditaire.

Plusieurs rois seront tués par des princes avides du pouvoir : « A partir de1542, tout prétendant accédera au trône, non plus par les règles traditionnelles de transmission du pouvoir royal, mais par une prise de pouvoir violente » le royaume connaît des sécessions jusqu’à ce que l’ordre revienne plus tard avec la prophétie de Kimpa Vita.

L’église occidentale : un malheur pour le royaume Kôngo

Ayant abusé de la confiance des Kôngos, les Portugais s’imposent dans le royaume en faisant fi des réalités rencontrées sur place. L’église catholique va en guerre contre celle des Kôngos qui ne se laissent pas faire.

Et quand le peuple essaie de résister, les Portugais répondent par l’oppression : « En cas de résistance [les Blancs] pillaient, incendiaient, violaient et tuaient à volonté ».

Quand, dans l’exercice de leur fonction les Portugais vont se confronter à la prêtresse Kimpa Vita qui veut réhabiliter l’église du Kôngo, cette dernière sera persécutée et tuée.

Ne voulant pas se soumettre à l’occupant, le peuple kôngo va opposer une lutte farouche contre les Portugais ; mais le rapport des forces en faveur de l’ennemi fera que ceux-ci feront main basse sur le royaume : « Après huit heures de combats acharnés, le général Dom Pedro Constantino blessé, lui aussi, ordonna le retrait de l’armée Kôngo. Le déséquilibre des forces avait conduit à une véritable boucherie. Plus de cinq mille guerriers kôngo étaient tombés ».

Kimpa Vita : de la prophétie à la mort pour libérer le royaume

La naissance de cette prophétesse est programmée dans la turbulence que connait le royaume. C’est une fille de Kangu-a-Vimba qui s’initie aux plantes et choses sacrées et reçoit aussi une formation militaire.

Introduite dans la société Marinda, elle prend le nom de Kimpa Vita.

A vingt ans sa réputation de grande prêtresse est établie. Sa grand-mère, à qui elle rend visite, lui révèle la mission que lui a confiée Nzambi-a-Mpungu : « Là-bas, tu vivras dans le cœur et l’esprit des enfants Kôngo qui ont été enlevés à notre terre. C’est pour cela que le Dieu tout puissant m’a dit que tu es la mère des peuples. Va et accomplis ta mission.

Le temps est venu. ». Et cette mission, elle la mènera jusqu’au sacrifice suprême. Dans ses prêches, elle est en désaccord avec l’église des Portugais qui n’en croient pas à leurs yeux quand elle annonce que Jésus Christ est né à Mbanza Kôngo et que sa mère Marie était une esclave noire : « (…) la terre sainte est Kôngo ; Jésus Christ est né à Mbanza Kôngo et baptisé au nord de la province de Nsundi, la mère du Christ était une esclave de Nzimba Mpangui ».

Aussi les missionnaires décident de mettre fin à cette hérésie de peur qu’elle gagne tout le royaume.

MALANDA MAYENIKINI

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