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Mali: Dialogue en vue entre les autorités maliennes et les jihadistes

C’est par le canal d’un communiqué officiel que l’organisation terroriste affiliée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM), a confié dimanche être prête à négocier avec les autorités maliennes sans aucune forme de conditions… enfin si, il y en a une: que les troupes françaises présentes dans la zone quittent le territoire.

C’est dans un communiqué officiel du Groupe de Soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM), Az-Zallaqa, une faction de l’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique, ndlr), qu’a été annoncée une possible négociation avec les autorités maliennes. Le texte a été authentifié par plusieurs experts sécuritaires de la région, ainsi qu’une agence d’information mauritanienne, al-Akhbar.

Négocier contre «la fin de l’occupation française», réclame le GSIM

Le GSIM réclame le départ des troupes françaises

Cela semble pour le moins inattendu et inopiné. Le GSIM s’inscrit dans une démarche d’ouverture. C’est surtout ce qu’on peut constater dans le communiqué publié. Mettre un terme au «conflit sanguinaire» qui sévit et dure depuis plus de sept ans. Pour cela, le GSIM réclame le retrait sans délai des troupes françaises, installées depuis pour soutenir les armées du G5 Sahel. On y voit une façon singulière du GSIM de se retrancher derrière l’opinion populaire, qui selon lui, a clairement exprimé dans la rue son désir de voir «l’occupation française» prendre fin. A cette condition qui ne surprend d’ailleurs personne, le GSIM y ajoute une autre demande: que la Minusma (mission des nations unies pour la paix au Mali) soit elle aussi démantelée. Des exigences qui ne risquent pas de rassurer le gouvernement malien.

 

 

Le GSIM en perte de vitesse?

Cette démarche inédite, il faut le dire, intervient dans un contexte particulier. En effet, depuis déjà un an, la coalition terroriste se trouve plutôt affaiblie. L’on se souvient qu’en février 2019, un raid français avait causé des pertes importantes au sein du GSIM. Trois cadres de la coalition avaient notamment été tués: Djamel Okacha, membre historique de l’AQMI, Abou Tahla al-Libi, chef d’al-Furqan, une katiba du nord de Tombouctou et Abou Iyad, chef d’al-Qaïda en Tunisie. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le GSIM semble être en position de faiblesse avant d’entamer les négociations.

Ibrahim Boubacar Keïta favorable au dialogue avec le GSIM

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta favorable au dialogue avec les terroristes

C’est par le biais d’une interview exclusive accordée à RFI et à France 24 ce lundi, que le président malien a annoncé pour la première fois l’ouverture d’un dialogue avec les chefs jihadistes Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa. Il a annoncé au cours de cette interview que l’armée malienne arriverait vendredi à Kidal. Une ville qui échappe à son contrôle depuis six ans.

Suivez-ici l’entretien de IBK avec RFI 

Négocier avec les terroristes constitue pour le gouvernement malien, une voie de sortie de crise. Si l’on ne doute pas de la bonne foi du président IBK de mettre un terme à ce conflit qui n’a que trop duré, il n’en demeure pas moins que la question du dialogue et de la négociation avec les terroristes divise au Mali. Est-ce la dernière carte à jouer? Va-t-on assister à la fin des massacres dans le nord du Mali et dans tout le Sahel? Est-ce la fin de «l’occupation française»? Des questions demeurent encore sans réponses. L’opinion observera la situation à l’issue de cette rencontre à hauts risques! Pas sûr surtout que la France approuve le projet avancé par le GSIM. Surtout après la rencontre récente de Pau avec Macron.

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Journaliste-Reporter, Rédacteur, blogueur, Réalisateur et écrivain gabonais de 28 ans. Célibataire et sans enfants.

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