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POUR MACRON, LE CHLORDÉCONE N’EST PAS CANCÉRIGÈNE

Le président français, Emmanuel Macron, a affirmé vendredi 1er février que l’insecticide chlordécone utilisé jusqu’en 1993 dans les Antilles, n’était pas cancérigène. Cette déclaration, faite lors d’un grand débat national à l’Elysée sollicité par des élus ultramarins, a soulevé une polémique et l’indignation des scientifiques.

Classé, cancérigène possible par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 1979, le Chlordécone est utilisé jusqu’en 1993 dans les bananeraies en Guadeloupe et en Martinique.

Lors de la discussion portant sur la dangerosité du chlordécone, le pesticide ultra-toxique et perturbateur endocrinien, le président Macron fait une déclaration qui crée la polémique : ‘’Il ne faut pas dire que c’est cancérigène. Il est établi que ce produit n’est pas bon, il y a des prévalences qui ont été reconnues scientifiquement, mais il ne faut pas aller jusqu’à dire que c’est cancérigène parce qu’on dit quelque chose qui n’est pas vrai et qu’on alimente les peurs.’’, a-t-il déclaré.

Une déclaration qui n’a pas convaincu un bon nombre de personnes et suscité beaucoup de réactions, parmi les réactions, le maire de Capesterre-Belle-Eau, en Guadeloupe, s’est révolté : ‘’Le petit médecin de campagne que je suis vous affirme que de nombreux Guadeloupéens et Martiniquais sont malades du chlordécone et meurent quotidiennement.’’

Le sénateur de la Martinique, Maurice Antiste, s’est lui aussi étonné :’’ le président ne peut pas nier qu’il y a des problèmes et des risques de décès à partir de cet empoisonnement collectif.’’

Selon une étude publiée par Santé publique France en 2018, 95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais sont contaminés au chlordécone. Les sols sont pollués pour quatre cents à sept cents ans, exposant la population à une menace invisible mais omniprésente.

Des scientifiques, auteurs d’une étude citée lors de l’échange avec le président, soutiennent avec des faits vérifiables que les affirmations du président ne sont pas exactes. Le professeur Pascal Blanchet, urologue, et Luc Multigner, chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), parle, des recherches scientifiques qui ont prouvé que le chlordécone est dangereux.

Dans un communiqué publié le samedi, les scientifiques affirment que leur propre étude, menée en 2010, a démontré que : ‘’ l’exposition au chlordécone est associée à une augmentation de risque de survenue du cancer de la prostate. Le président affirme des choses inexactes et minimise le problème.’’ A conclu le scientifique.

Après toutes ces réactions, contacté par le monde ce lundi, l’Elysée a parlé de malentendu expliquant que le président n’a jamais dit que le chlordécone n’était pas cancérigène.

Selon l’Elysée, quand le président a dit : “Il ne faut pas dire que c’est cancérigène”, c’est une façon de dire : “On ne peut pas se contenter de dire que c’est cancérigène, il faut aussi agir. La pensée du président est limpide et n’a pas bougé sur ce sujet : réparer, protéger, indemniser. Emmanuel Macron, n’est pas un scientifique, mais un responsable politique, ce n’est donc pas à lui de dire si le chlordécone est cancérigène ou pas. La polémique est mal venue, car c’est un sujet sur lequel nous avons fait preuve de transparence et de notre volonté d’agir.  » , déplore l’Elysée.

Khoudia GAYE

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