MACKY SALL DÉSAVOUÉ À DAKAR COMME À PARIS

La semaine passée, des mouvements de crises sans précédent ont secoué le Sénégal. Ces mouvement sont nés de la contestation du nouveau code électoral par l’opposition et une grande partie de la population. Le véritable point ayant poussé à la contestation du nouveau code électoral est l’exigence du parrainage pour les élections présidentielles futures.

Selon Youssouf Mbow, coordonnateur général du Rassemblement pour la solidarité et l’unité dans la République (Rassure), la contestation est nourrie par le côté antidémocratique du parrainage et non par une incapacité de trouver le nombre de signataires.

Rien que le mouvement Rassure peut réunir plus de 70 000 signatures pour le compte de Khalifa Sall. Mais nous pensons que cette décision est unilatérale, inique, cynique et ne doit pas passer, parce que c’est un assassinat de la démocratie sénégalaise.

A déclaré Youssouf Mbow.

Pour l’ancien député socialiste Barthélemy Dias, cette disposition est carrément anticonstitutionnelle. Car selon lui, la Constitution confère des droits et des responsabilités aux partis et aux coalitions de parti et qu’il est inadmissible d’exiger à un parti ayant une existence légale d’aller chercher des signature pour participer à une élection. Il a également accusé le président Macky Sall de vouloir utiliser cette loi pour se faire réélire malgré son échec évident :

Le président Macky Sall, à défaut d’emprisonner ou d’exiler pour empêcher de potentiels candidats de compétir suite à des sondages qui le donnent perdant et que nous avons ainsi que les Français, les Américains et l’Union européenne, il a décidé, aujourd’hui, de saboter le processus électoral avec cette disposition.

Le gouvernement de son côté par le biais du ministre de la justice a fait comprendre que pour faire progresser la démocratie, il est évident de barrer la route aux candidats fantaisistes pour réduire les frais liés à l’organisation du scrutin.

Aucune démocratie n’organise une élection présidentielle sans filtrage. Quand on gouverne, on cherche à éviter ce qui bloque le système.

A déclaré le ministre sénégalais de la Justice Ismaïla Madjor Fall.

Des barrages ont été installés par les forces de l’ordre pour bloquer tous les accès menant à l’assemblée nationale où le projet de loi était en examen. Des groupuscules de manifestants ont essayé de forcer les barrages, mais ont été repoussés par des gaz lacrymogènes. Dans la foulée, plusieurs leaders de l’opposition ont été arrêtés.

En visite à paris pour rencontrer Emmanuel macron, le président sénégalais, Macky Sall n’a pas échappé aux mouvements de contestation. Malgré qu’il soit à des milliers de kilomètres du pays qu’il dirige, il a vécu la colère de ces concitoyens comme il ne l’avait jamais vécu. En effet, le président sénégalais a essuyé les huées de certains de ses compatriotes à Paris et a dû s’enfermer dans sa résidence située à la rue Vineuse du 16e arrondissement de Paris avec ses collaborateurs sur qui, il a déversé sa colère.

Tout ça, c’est vous. C’est parce que vous êtes divisés qu’une vingtaine de personnes arrivent à saper et à saboter notre arrivée à Paris. La guerre que vous vous menez entre vous est nulle et à la limite inutile et dangereuse pour notre parti et le pouvoir que nous exerçons. Si aujourd’hui l’opposition arrive à nous mener la vie difficile à Paris, c’est parce que vous, les responsables du parti, vous vous menez une guerre fratricide entre vous. Faites taire vos querelles, rassemblez-vous et travaillez ensemble.

C’est en ces termes que le président sénégalais a rejeté le tort sur ses collaborateurs et a fini par leur demander de s’unir :

Nous allons vers des échéances très sérieuses que la division et la guerre intestine dans notre parti ne nous aideront pas si nous voulons conserver le pouvoir. Si une vingtaine de personnes qui manifestent arrivent à dominer plus de deux centaines de militants…c’est parce que vous ne travaillez pas et vous vous menez une guerre inutile et fratricide au sein du parti.

Mais malgré toutes ces mobilisations des opposants, le projet de loi a été voté par l’assemblée nationale .
Dah Minwicodji

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