L’UNION AFRICAINE ET SA DÉPENDANCE FINANCIÈRE

Cela va faire bientôt 55 ans que l’Union africaine, ancienne O.U.A, (Organisation de l’unité africaine) a vu le jour à Addis-Abeba (Éthiopie). Cette institution a pour vocation de consolider l’unité africaine et préserver la paix au sein des pays membres. De sa création jusqu’à nos jours, elle fut longtemps confrontée à de nombreuses crises qui ont mis à l’épreuve son efficacité. En effet, de la guerre à la République Démocratique du Congo en passant par le génocide rwandais pour finir par l’actuelle crise malienne, la voix de cette organisation régionale peine à se faire entendre dans un monde où l’économie est devenue l’unité de mesure pour tous les pays qui aspirent à peser sur la balance mondiale.

DIS-MOI QUI TE FINANCE JE TE DIRAI QUI TU ES !

La question du financement de l’Union africaine cristallise le débat, et il est aberrant de constater que l’Organisation panafricaine est financée par des entités étrangères, à savoir l’Union européenne, L’U.S.A.I.D et L’Allemagne qui assure la plus importante part, tandis que beaucoup de pays membres accusent un grand retard dans le paiement de leurs contributions. Par ailleurs, le nouveau siège de l’U.A est un don de la Chine, un gigantesque bâtiment flambant neuf, avec une grande salle de conférence et de nombreux bureaux ultra modernes. Attirée par les matières premières africaines, la Chine entend cependant raffermir sa présence en Afrique où elle participe à la construction d’infrastructures et à des prêts financiers sous forme d’investiments dans divers secteurs économiques. Néanmoins, ce cadeau de la Chine était tout sauf fortuit ou généreux, car des révélations émanant du quotidien français LE MONDE affirment que les Chinois avaient placé des micro d’espionnage dans les bureaux du nouveau siège. Une révélation face à laquelle les dirigeants africains se sont refusés à tout commentaire. Côté chinois, l’ambassadeur de la Chine auprès de l’U.A. a fait un démenti catégorique à cette révélation qu’il a qualifié de ridicule. Malgré ce démenti formel de l’Empire du Milieu, les doutes persistent, et les déclarations qui ont suivi de la part des Chionois sont loin d’être convaincantes.

DES RÉFORMES PRÉVUES

Face à cette situation, nombreux sont les dirigeants du Continent à appeler à des réformes visant à rendre l’U.A financièrement indépendante. Ainsi, les chefs d’Etat africains ont adopté le principe d’une taxe de 0,2% sur les importations des produits non africains pour financer l’organisation, afin de la rendre moins dépendante des donateurs étrangers qui contribuent encore à hauteur de 73% au budget de l’Union africaine. Un an après, seulement une dizaine des 55 Etats de l’Union serait prête à mettre en œuvre cette taxe. Une mesure qui, si elle est appliquée, permettrait à l’U.A de s’autofinancer à hauteur de 40%. D’autres réformes allant dans ce sens devraient voir le jour.
Néanmoins, cette mesure fait grincer les dents à certains pays gros importateurs du continent qui la voient d’un mauvais œil.

L’UNION AFRICAINE EN 2 DATES CLÉS

25 mai 1963 création de l’O.U.A à Addis-Abeba capitale éthiopienne.
2002 l’O.U.A est remplacée par l’Union africaine, et ce en application de la déclaration de Syrte (Libye) en 1999. Une espèce de calque de son homologue européen.

Bref, au-delà de son incapacité de s’autofinancer, l’Union africaine éprouve d’énormes difficultés dans la résolution des conflits qui secouent certains pays. Les multiples coups d’État dans beaucoup de pays africains ont souvent révélé des divergences et des prises de position en son sein, ces divergences ont souvent entraîné l’ingérence des puissances étrangères et autres oganisations qui la financent.

En outre , il existe dans les pays membres de nombreux chefs d’État réfractaires à l’alternance démocratique, ils tripatouillent les constitutions de leurs pays pour s’éterniser au pouvoir. Les sommets de l’U.A ressemblent parfois à une corporation de dictateurs au sein de laquelle nul ne peut prétendre donner de leçon de démocratie ou de bonne gouvernance à l’autre. Ces chefs d’État sont prêts à tout pour rester au pouvoir quitte à se chamailler comme des singes dans un champ de canne à sucre. Une autre preuve de l’inefficacité de l’U.A se manifeste dans les conflits auxquels sont confrontés certains pays membres comme la R.D Congo, la Centrafrique, le Mali pour ne citer que ceux-là. Mis à part des déclarations inaudibles sur le terrain, l’organisation n’arrive pas à prendre des mesures concrètes pouvant mettre fin à ces conflits.

En définitive, pour son efficacité et son indépendance, la question d’autofinancement demeure primordiale pour un continent qui compte se faire entendre dans le concert des nations. En revanche, l’autofinancement auquel aspire l’Afrique n’est en aucun cas impossible au vu de ses richesses matérielles et démographiques. En outre, Il faut de la volonté politique et de la rigueur pour assurer une indépendance totale dans les prochaines décennies.

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