L’UA LANCE LA CRÉATION D’UNE AGENCE SPATIALE AFRICAINE

Pour anticiper les épidémies, traquer les djihadistes ou encore aider les populations en cas de catastrophe naturelle, l’Union africaine lance la création d’une agence pour coordonner la stratégie spatiale du continent. L’Organisation de l’Union Africaine, qui s’étend sur une superficie de 29 922 059 km2, avec 24 165 km de côtes, composée de 55 membres de l’Union Africaine, est l’entité politique qui a la plus faible connectivité au monde. Rapporte un média international.

Les satellites d’observation sont utiles lors de catastrophes naturelles. En 2013, alors que l’Afrique du Sud était touchée par d’immenses inondations, la South African National Space Agency (l’agence spatiale sud-africaine) a fourni aux autorités des données cruciales qui lui ont permis d’apporter une réponse rapide aux populations.
Au Kenya, le premier satellite, lancé en 2017, fournit au gouvernement, par l’intermédiaire de son agence spatiale, des données météorologiques en continu. Dans sa lutte contre les grandes sécheresses en 2013, le pays les a savamment utilisées et a ainsi découvert un aquifère dans les sols d’une des régions les plus touchées.

Au Nigeria, l’agence spatiale fournit aux forces de sécurité des images satellitaires permettant de traquer les djihadistes de Boko Haram ou les groupes insurrectionnels qui sévissent dans la région pétrolifère du Delta, dans le sud du pays. L’agence nigériane, qui fête ses 20 ans en 2019, a aussi régulièrement épaulé le gouvernement fédéral lors des différentes élections, en assistant les différentes commissions nationales indépendantes dans leur mission de cartographie électorale, afin de s’assurer que les populations isolées soient associées au processus démocratique.

Si les usages diffèrent, partout les résultats sont probants. « Pour 1 euro dépensé dans le spatial, il y a 100 euros redistribués dans l’économie du pays. Le développement du continent passe par l’espace », affirme , Sékou Ouédraogo, chef de projet aéronautique chez Safran Aircraft Engines et auteur de L’Agence spatiale africaine, vecteur de développement (Le Harmattan, 2015).
La mise en orbite du premier satellite ghanéen, construit par des étudiants de la All Nations University, a nécessité moins de 500 000 euros. Des lancements de satellites rwandais et éthiopiens sont d’ailleurs prévus cette année et le Sénégal comme l’Île Maurice projettent, eux aussi, de le faire.

En janvier, l’Union africaine (UA) a confirmé la création d’une Agence spatiale africaine. Pour l’Union africaine, la recherche spatiale et le développement de technologies, pourraient répondre aux défis communs de développement relatifs, à la météorologie, la gestion des risques et catastrophes naturelles, des changements climatiques, les télécommunications, la gestion des conflits… Il devenait nécessaire pour les Africains d’élaborer une politique et une stratégie spatiales bien structurées, susceptibles d’orienter le continent vers la mise en œuvre d’un programme commun de niveau mondial.

Mettant en commun les diverses ressources, déjà affectées par certains précurseurs, tel l’Egypte, le Rwanda, le Nigeria ou encore l’Afrique du Sud ; et de les exploiter de « manière coordonnée et systématique », rapporte un média de la place. Selon le texte adopté à l’occasion du sommet de l’UA, en janvier, « L’agence va mettre un terme aux redondances qui caractérisent, jusqu’ici, une partie des programmes spatiaux nationaux. L’idée n’est pas de mettre un terme au travail des agences spatiales nationales, mais de coordonner le tout pour plus d’efficacité», précise le professeur Islam Abou El-Magd, conseiller auprès du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en Egypte.

L’Agence spatiale africaine servira aussi d’espace de dialogue entre les instances internationales et le continent. « des pays vont être associés d’une façon ou d’une autre à un programme spatial sur le continent. Les coopérations vont se multiplier », analyse Jean-Yves Le Gall, le président du Centre national d’études spatiales (CNES), qui coopère avec de nombreux gouvernements africains pour la mise en place de programmes spatiaux. « Cette agence, c’est plus qu’une annonce, c’est une idée, une ambition et un positionnement par rapport au reste du monde. Il faut dorénavant compter avec l’Afrique dans le spatial », explique Sékou Ouédraogo, chef de projet aéronautique chez Safran Aircraft Engines et auteur de L’Agence spatiale africaine, vecteur de développement (L’Harmattan, 2015).

NN

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