L’OPPOSITION TCHADIENNE DIT NE RIEN ATTENDRE DE MACRON

L’OPPOSITION TCHADIENNE DIT NE RIEN ATTENDRE DE MACRON

L’opposition tchadienne avait fait part de son indifférence vis-à-vis de la dernière visite du président français Emmanuel Macron, estimant qu’il ne venait que pour soutenir le président Idriss Deby dans la lutte contre « le terrorisme ».

« On n’attend absolument rien de sa visite »

Du samedi 22 au dimanche 23 décembre dernier, le chef d’État français avait séjourné à Ndjamena afin de de réveillonner avec les soldats de la force Barkhane présents dans la capitale tchadienne. Interrogée à quelques heures de l’arrivée d’Emmanuel Macron dans ce pays d’Afrique central, l’opposants à Idriss Deby avaient affirmé ne rien attendre de cette visite.

La visite du président Macron visait « à consacrer Deby et le renforcer dans son pouvoir anti-démocratique et dictatorial, caractérisé par la mauvaise gouvernance et la prédation des libertés », selon Saleh Kebzabo, principal opposant, président de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR).

« Nous n’attendons rien de la visite de Macron au Tchad parce qu’il est venu renforcer Deby, le champion de la lutte contre le terrorisme », avait renchéri M. Kebzabo. « Ce n’est pas ça qui nourrit les Tchadiens, mais ça renforce le pouvoir de Deby », selon lui. « On n’attend absolument rien de la visite du président Macron au Tchad, parce qu’il ne dira rien à son homologue tchadien sur la situation politique », avait également déclaré à l’AFP le secrétaire général de Parti pour les libertés et le développement (PLD, opposition), Mahamat Ahmat Alhabo.

La France soupçonnée de soutenir « la dictature » d’Idris Deby

Selon lui, « la France ne s’intéresse qu’aux problèmes sécuritaires, c’est-à-dire comment préserver les intérêts économiques et stratégiques de la France et Deby joue bien ce jeu-là, pour la France, c’est son meilleur allié ».

M. Alhabo estime que « Emmanuel Macron a choisi son camp conformément à la philosophie globale des autres présidents français qui ont l’habitude » d’être « en faveur d’un pouvoir très peu recommandable ».

Au pouvoir depuis 1991, Idriss Déby est considéré comme un président autoritaire dont les atteintes aux libertés sont régulièrement dénoncées par les ONG nationales internationales de défense des droits de l’Homme.

Attentes des organes de défense des droits de l’Homme

Le président de la Ligue tchadienne de défense des droits de l’Homme (LTDH), Midaye Nguerimbaye, a cependant espéré que la lutte contre le groupe djihadiste, Boko Haram ne serve pas de prétexte à oublier la défense de droits humains.

« Nous pensons que le président français arrive chez nous pour dire haut et fort à son interlocuteur que la défense de droits humains doit être respectée et la liberté de manifester autorisée et non pas réprimée par les armes », avait-il dit.

Emmanuel Macron avait passé le week-end du 22 au 23 décembre dernier à N’Djamena pour réveillonner avec les soldats français de la force Barkhane et rencontrer le président Déby, allié de la France dans la lutte contre le jihadisme et le terrorisme au Sahel.

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