L’INFLUENCE DE GEORGE SOROS EN AFRIQUE

Après avoir largement investi son argent et son talent dans la lutte contre les gouvernements communistes et la corruption, dans la défense des migrants et la formation d’élites « sorosiennes » en Europe, les hommes et les réseaux de George Soros ont investi de nombreux pays d’Afrique.

Ce continent jeune, riche, dopé aux nouvelles technologies mais d’une gouvernance parfois chaotique, est un enjeu stratégique pour la diffusion mondiale des idées poppériennes et la mise en œuvre d’une économie de marché fonctionnant dans une société ouverte, pluraliste et multiculturelle.

Mais ce nouveau terrain de jeu politique est aussi un terrain de chasse économique. Car le vieux milliardaire philanthrope n’a jamais cessé d’être un spéculateur sans états d’âme, un industriel avisé et un négociant malin.

Les réseaux Soros en Afrique

Sans les soupçons d’influence auprès des séparatistes catalans ou les récentes prises de positions tranchantes de Viktor Orbàn, les pratiques de Soros et ses réseaux seraient sans doute demeurées dans l’ombre et la discrétion propices à l’influence.

Le Premier ministre hongrois, pourtant lui-même boursier de la Fondation Soros, plaçait les idées et les actions du financier philanthrope parmi les « cinq menaces » pesant sur la Hongrie de 2017.

Le cœur d’action de l’Open Society Foundations s’est réorienté vers l’Afrique et le Moyen Orient, l’Europe ne représentant plus maintenant que 10% de ses activités.

La « Sorosafrique » s’intéresse à la société civile autant qu’aux gouvernements. Soros entend peser directement sur l’opinion publique par l’intermédiaire des multiples fondations et ONG qu’il pilote.

Il finance un grand nombre de radios locales comme Radio Okapi en République Démocratique du Congo ou Radio Democracy, le Free Media Group et l’Independent Radio Network en Sierra Leone. Il soutient par ailleurs plusieurs organismes de formation professionnelle pour les journalistes.

Bien sûr, il investit aussi massivement dans les NTIC, la « diffusion virale » étant devenue un levier majeur des stratégies d’influence, plus particulièrement encore dans des pays à population très jeune, boulimique d’internet et de réseaux sociaux.

Soros veut promouvoir une société civile libérale, mais structurée et prête à prendre la parole. Ses réseaux organisent, financent et animent de nombreux « mouvements citoyens » éloignés des structures et des partis politiques traditionnels.

Un programme d’action, le West Africa Civil Society Institute assure du support, du conseil et de la formation aux animateurs de ces associations chargées de politiser et de faire bouger la société civile.

Les mouvements de jeunes sont tous nés dans la contestation politique et cultivent une nature revendicative.

C’est ce qu’illustrent leurs appellations un peu exotiques : « Y’en a marre » apparu en 2011 au Sénégal, « Le Balai Citoyen » au Burkina Faso, « Lutte pour le changement (Lucha) » en RDC ou « Ça suffit comme ça » au Gabon…

Les groupes de jeunes citoyens, hyperbranchés et facilement mobilisables, sont toujours animés par des équipes professionnelles bien formées et solidement encadrées.

Financés et contrôlés par les réseaux et les ONG Soros, ils sont devenus l’une des principales forces de pression politique dans les pays africains. Une autre forme de pression politique est exercée par les « lanceurs d’alerte ».

Dans ce registre d’influence, Soros finance Human Rights Watch (100 millions de dollars sur 10 ans…), Amnesty International, Transparency International, Global Witness, International Crisis Group, Natural Resource Gouvernance Institute et Oxfam.

Les ONG interviennent dans le champ de leurs spécialités. Elles doivent repérer les dysfonctionnements ou les scandales, en assurer la publicité et mettre ainsi sous pression les décideurs publics, avec l’appui encadré des populations.

Des gouvernements sous l’influence des réseaux Soros

Au prétexte d’apporter une assistance et des expertises utiles, la stratégie de Soros consiste à encadrer et surveiller les décideurs publics.

Elle peut prendre la forme soit de moyens financiers, soit de programmes de développement.

S’agissant d’apports financiers, outre les dons, savamment mis en scène, qu’il réserve à des institutions ou des projets qu’il a choisis, Soros est un gros investisseur dans plusieurs pays africains comme la Sierra Leone, le Malawi ou la Guinée.

Dons et investissements lui permettent ensuite de contrôler et d’orienter les opérations, qu’elles soient publiques ou privées.

L’autre forme d’intervention auprès des décideurs consiste à mettre à leur disposition des experts internationaux respectés pour leurs compétences, qui appartiennent tous aux réseaux Soros et partagent son projet libéral et mondialiste.

Ils diffusent et concrétisent dans des projets de transformation sociale, économique ou politique, les grands principes de la « Société ouverte ». Ainsi Soros a-t-il financé des interventions de Jeffrey Sachs au Nigéria, en Guinée et au Ghana, de Paul Collier et de Tony Blair auprès de plusieurs présidents et gouvernements africains.

De plus, la galaxie des réseaux et des ONG sorosiens permet de garder les gouvernements sous contrôle permanent et « non politique ». Proches ou non du système Soros, les décideurs gouvernementaux font l’objet d’une surveillance attentive.

Corruption, gouvernance, droits de l’homme ou conduites antiécologiques, toutes les dérives signalées par les ONG mettent les Etats responsables sous la pression des médias et de l’opinion publique.

L’influence de George Soros se manifeste parfois au plus haut niveau. Il faut souligner son amitié avec les présidents Alpha Condé et Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire). Mais surtout dans le cas d’Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Libéria (2006-2018) et lauréate du prix Nobel de la paix (2011), critiquée par sa collègue Leymah Gbowee, qui avait accusé Sirleaf de corruption et de népotisme en 2012.

En outre, Sirleaf a activement soutenu Charles Taylor, un ancien commandant reconnu coupable de crimes contre l’humanité. En conséquence, la Commission de réconciliation libérienne, dans son rapport de 2009, recommandait d’interdire à Sirleaf d’intervenir « dans un service public pendant trente ans ».

Qui est George Soros ?

A 88 ans, l’Américain George Soros est l’un des hommes les plus détestés de la fachosphère. Ce spéculateur multimilliardaire d’origine juive est né en Hongrie. Il figure aussi parmi les plus grands philanthropes du monde. Multimilliardaire, spéculateur de génie et avocat exalté de la démocratie, Soros est devenu le bouc émissaire parfait pour les populistes, nationalistes et démagogues de tout bord.

Cet homme au destin extraordinaire a survécu aux régimes nazi et communiste. Né György Schwartz à Budapest, son quotidien de bambin est bouleversé par l’occupation nazie, “l’expérience formatrice de sa vie”. Tivadar, son père avocat, obtient alors des faux papiers chrétiens pour sa famille, et lui trouve une planque où se cacher. Tivadar apprend à son fils l’art de la survie, tout en sauvant des dizaines d’autres Juifs.

En 1947, alors que les communistes consolident leur pouvoir en Hongrie, Soros fuit la “vague rouge”. Il immigre à Londres pour étudier, avant de s’envoler vers les Etats-Unis neuf ans plus tard. Là-bas, il devient un virtuose de Wall Street, gagnant des milliards en bourse. En 1984, le golden boy échappe à son sort de financier amoral en dédiant sa fortune personnelle à ses idées. Il lance alors en Hongrie l’Open Society Foundations (OSF), un réseau de fondations destiné à promouvoir les droits de l’homme et la démocratie.

Un “homme d’Etat sans Etat”

Depuis, son “désir profond d’influencer l’histoire” l’a conduit à investir 32 milliards de dollars dans l’OSF. Muée en une “super-fondation”, cette organisation est présente sur les cinq continents, dans plus de 100 pays. C’est aujourd’hui le deuxième organisme philanthropique mondial après celui de Bill et Melinda Gates.

Mais contrairement au créateur de Microsoft, Soros s’est beaucoup impliqué dans les affaires politiques, militant en faveur des migrants, des alternatives à la pénalisation de la drogue, ou du droit à mourir dans la dignité. Après avoir largement soutenu la transition démocratique des pays du bloc de l’Est, il s’engage désormais d’abord pour les Etats-Unis (19% des dons d’OSF), puis pour l’Afrique (14%) et l’Europe (10%).

Celui qui se définit comme un “homme d’Etat sans Etat” est l’objet de tous les fantasmes, accusé de projets secrets pour renverser la civilisation occidentale. C’est lui qui aurait orchestré les violences de Charlottesville, projeté de faire tuer 100000 Haïtiens, payé les manifestants de la marche pour les femmes lancée après l’investiture de Trump. Il serait aussi derrière l’épidémie d’Ebola et les émeutes de Ferguson en 2014.

Si certains prétendent que Soros gouverne le monde, les comptes de sa fondation ne sont pas à la hauteur de ces théories. Avec 1005 millions de dollars de budget mondial annuel en 2018 (850 millions d’euros environ), OSF dépense autant qu’une ville européenne de taille moyenne, comme Lyon ou Valence en Espagne. Mais à presque 89 ans, le milliardaire ne compte pas prendre sa retraite de philanthrope. En plus de diriger son fonds d’investissement Soros fund management, il travaille et voyage encore pour OSF, de plus en plus assisté de son fils Alexander.

 

NN

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