L’ÉTHIOPIE MET FIN AU LITIGE AVEC L’ÉRYTHRÉE

L’ÉTHIOPIE MET FIN AU LITIGE AVEC L’ÉRYTHRÉE

Changement de cap en Éthiopie, le nouveau Premier ministre Abiy Ahmed, souhaite la fin des tensions militaires avec l’Érythrée (dont l’accès à l’indépendance en 1993 a fait perdre à l’Ethiopie son unique façade maritime sur la mer Rouge) et l’ouverture au privé du capital de grandes entreprises publiques. La coalition au pouvoir l’a annoncé mardi soir. Il s’agit d’un changement en profondeur de la diplomatie et de l’économie du pays après la levée de l’état d’urgence.

Désigné en avril suite à la démission de son prédécesseur Hailemariam Desalegn, Abiy Ahmed, fait souffler un vent de réformes sur le pays. Comme promis lors de son investiture en avril, le nouveau Premier ministre éthiopien travaille à restaurer la paix avec l’Érythrée. Par un communiqué publié sur son compte Facebook, la coalition au pouvoir a annoncé ce mardi 5 juin, la fin de son différend frontalier avec l’Érythrée: « Le gouvernement éthiopien a décidé de mettre en œuvre pleinement l’accord d’Alger et de la commission sur la démarcation de la frontière et nous travaillons à leur mise en œuvre complète sans hésitation », la coalition au pouvoir en Ethiopie (l’EPRDF) a ajouté dans son communiqué que : « Le gouvernement érythréen devrait adopter la même position sans condition préalable et accepter notre appel à restaurer la paix trop longtemps perdue entre les deux pays frères, comme c’était le cas auparavant ».

Entre 1998 et 2000, les deux voisins se sont livrés une guerre fratricide qui a fait au moins 80.000 morts, notamment en raison de divergences sur la démarcation de leur frontière. Un accord de paix avait été signé fin 2000 à Alger puis une commission d’arbitrage soutenue par l’ONU avait tranché sur le tracé de la frontière, attribuant notamment la localité de Badme, point de contentieux, à l’Erythrée. Mais l’Ethiopie a continué jusqu’à présent à occuper Badme.

Depuis, les deux pays maintiennent de nombreuses forces le long de leur frontière de 1000 km et des affrontements périodiques ont laissé craindre une reprise d’un conflit à grande échelle, notamment en 2016.

Au lendemain de la démission surprise du Premier ministre Hailemariam Desalegn emporté par la crise politique secouant le pays, un état d’urgence avait été décrété par le gouvernement. Le Parlement éthiopien a levé l’état d’urgence pour six mois en raison « de la stabilité relative et du calme » dans le pays, notamment depuis la prise de fonctions du nouveau Premier ministre, a rapporté l’agence de presse éthiopienne (ENA).

En dehors de cette annonce surprise qui représente un changement de politique majeure du nouveau Premier ministre, le régime éthiopien a également pris des mesures susceptibles de changer la face de l’économie du pays, en ouvrant notamment au secteur privé le capital des plus grandes entreprises publiques, dont la compagnie aérienne Ethiopian Airlines, tout en gardant la majorité de contrôle. Cette décision concerne également l’entreprise publique de télécoms Ethio Telecom ou encore la compagnie d’électricité. Les chemins de fer, les parcs industriels et les usines pourraient par contre être complètement privatisés.

DUNAMIS ADJIGO

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