L’ARMÉE FRANÇAISE EN AFRIQUE, PILIER DU NÉO-COLONIALISME

L’indépendance des pays africains en 1960 n’a pas valu pour autant le départ définitif de toutes les troupes militaires françaises. Bien au contraire, l’Afrique compte plus que jamais la présence de nombreuses bases militaires françaises dans les pays africains avec pour motif de faire régner la stabilité suite à l’avancé du terrorisme.

Une manière pour la France de veiller à ses intérêts économiques et de continuer à dominer l’Afrique a travers son armée, une colonisation qui ne dit pas son nom. Son passage ou son installation dans les pays n’est pas sans dégâts. Pillages et meurtres ont les comptes en plus grand nombre dans tous les pays qu’ils occupent.

L’installation de l’armée comme aide pour combattre le terrorisme ne devient donc qu’un « prétexte » pour assoir sa domination.

Les pays africains ayant reçu la visite de l’armée française

En Côte d’Ivoire, lors de la guerre qui a frappé le pays de 2002 à 2011, la France a imposé son aide en installant son armé appelé opération « Licorne » avec pour but d’intervenir entre les belligérants. Mais l’objectifs réel était d’affaiblir le soulèvement, faire pression sur le régime de Gbagbo qui a mis en cause les intérêts français et obtenir une part du pouvoir. Crimes documentés, massacres des civils en novembre 2004 (plus de 2 000 blessés). En 2015, la France a demandé le départ de ces troupes mais qui n’est pas totalement effectif.

L’armée française s’est installé en Centrafrique mais toujours avec divers objectifs.

2002-2013 en Centrafrique, opération « Boali » qui vient en Soutien aux forces armées de la RCA sous divers prétextes. 2006 (octobre-novembre) Interventions des avions françaises « Mirage ». Objectif, défendre la dictature de F.Bozizé des révoltes.  Mars 2007 : opération aéroportée à Birao (pour la même raison). Dès décembre 2013 opération « Sangaris », de 2000 à 600 soldats.

Au Congo en 2003, opération « Mamba », puis « Artémis » intervient sous la couverture d’aide humanitaire mais n’est juste là que pour entretenir des milices pro-rwandaises. Crimes documentés, tortures réalisées par des soldats français (preuves des soldats suédois).

Au Tchad, l’armée est un moyen pour faire assoir le pouvoir du président Idriss Déby. En 2008, on assiste à la Saisie de la direction de l’aéroport de Ndjamena pour aider Déby et, selon certaines données, participation des forces spéciales à la lutte contre le soulèvement populaire.                   Djibouti, 2008, mobilisation de 200 personnes à la frontière pour garder Erythrée.                       2008-2009 Tchad-Centrafrique opération «Eufor-Minurcat Tchad-RCA».

L’objectifs, apeurer les rebelles, donner une légitimité européenne à la dictature d’Idriss Déby.

2009 Sahel, opération « Sabre » des services spéciaux français dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ».

Mars-octobre 2011 en Lybie opération – bombardement « Harmattan » (alors dans le cadre d’OTAN) qui prétexte la protection des civils avant l’assassinat du président Kadhafi.

Janvier 2013 – juillet 2014 Mali opération « Serval » (4000 soldats en février 2013, 2500 en janvier 2014), puis « Barkhane » de 2014 à aujourd’hui

En juillet 2014, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad voient l’arrivé de 3500 soldats lors de l’opération « Barkhane ».

L’armée française devient un pilier du néo-colonialisme

Cette « spécificité française » constitue l’une des facettes de la politique mise en place lors des indépendances africaines autour de 1960, visant à maintenir les pays nouvellement indépendants dans le giron de la France. L’objectif était de préserver les intérêts économiques de l’ancienne métropole (pétrole, uranium, bois, etc.), de permettre à celle-ci de conserver un rang de puissance mondiale tout en maintenant les pays africains dans la sphère d’influence occidentale dans un contexte de Guerre froide.

A cette stratégie, il faut ajouter une forte tradition coloniale de l’armée et d’une partie de la classe politique française, soucieuses de défendre l’« Empire », teintée d’idéologie au mieux paternaliste, au pire raciste.

La France a ainsi pris pour habitude d’intervenir militairement dans des conflits internes et lorsque ses intérêts sont menacés (Cameroun, Tchad, Centrafrique, Comores, ex-Zaïre, Côte d’Ivoire…), d’encadrer et d’équiper des armées et gardes présidentielles au seul service de dictateurs corrompus mais fidèles aux intérêts français, allant jusqu’à se rendre complice de crimes contre l’humanité, comme au Congo Brazzaville en 1997-1999, voire de génocide comme au Rwanda en 1994.

De la guerre froide à la « guerre contre le terrorisme »

Après avoir tenté de légitimer le maintien de sa présence militaire en Afrique par une « nouvelle doctrine » à la fin des années 1990, la France utilise aujourd’hui la rhétorique de la « guerre contre le terrorisme », empruntée aux néoconservateurs américains, pour la justifier.

L’opération Serval, lancée au Mali en janvier 2013 a été officiellement déclenchée pour empêcher les mouvements salafistes armés qui occupaient le nord du Mali de s’emparer de la capitale, Bamako. On a eu depuis confirmation que loin d’avoir été improvisée dans l’urgence, l’opération Serval a été mûrement préparée et accompagnée de relations troubles entre les services secrets français et le mouvement autonomiste touareg du MNLA. Les discours triomphalistes des autorités françaises n’ont pas masqué longtemps la réalité : ni la question territoriale ni la question sécuritaire ne sont aujourd’hui réglées au nord du Mali. Avec la dispersion des groupes armés et la déstabilisation de la Libye depuis l’intervention occidentale de 2011, c’est même toute la région qui paraît fragilisée.

Prétendant régler le problème par une ingérence militaire accrue, la France a réorganisé tout son dispositif militaire avec la création de l’opération Barkhane : 3500 hommes quadrillent la zone sahélo-saharienne. Cette recolonisation militaire est officiellement avalisée dans la loi de programmation militaire 2014-2019 aux forts accents françafricains, qui réaffirme dangereusement les visées néocoloniales de la politique étrangère française, en particulier à l’encontre des pays d’Afrique subsaharienne.

Cette politique passe sous silence l’aspect dictatorial de certains alliés (Tchad, Cameroun, Mauritanie…), encourage les dérives sécuritaires des autres, au nom de la lutte contre le terrorisme, et ne règle aucun des problèmes politiques et sociaux qui permettent aux groupes armés de prospérer. En Françafrique, ces dernières considérations n’ont jamais été prioritaires.

Les interventions militaires officielles et officieuses

Depuis 1960, la France a officiellement effectué plus d’une soixantaine d’interventions militaires en Afrique, auxquelles il faut ajouter les interventions officieuses, sous-traitées à des mercenaires (dont les plus connus sont Bob Denard et Paul Barril) et les interventions secrètes (menées par les forces spéciales) ou clandestines (menées par le service Action de la DGSE). Sous prétexte de protection des populations ou sous couvert d’évacuation de ses ressortissants, et en vertu – ou non, selon son intérêt du moment – d’accords avec les régimes concernés, il s’agit en réalité de s’ingérer dans les affaires intérieures d’un pays (protection ou destitution d’un chef d’État) ou de protéger les intérêts français.

 

Opri Avérroèse Kalet

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