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LA LANGUE LOCALE, UNE RICHESSE CULTURELLE À VALORISER

L’une des plus grandes richesses de l’Afrique est sans nul doute sa culture, et l’on ne saurait parler de cultures africaines sans parler des différentes langues nationales qui la composent. Avec ses 1.111 milliards d’habitants, le continent africain compte plus de 2000 langues, mais seulement une centaine est parlée correctement par plus d’un million de la population africaine.

Parmi ces langues parlées en Afrique, il y a le Zulu, une langue utilisée dans la zone de l’Afrique du Sud, le Yoruba au Nigeria, Le Swahili utilisée fréquemment en Tanzanie, en Ouganda ainsi qu’au Kenya et bien d’autres…
Certains pays du continent ont su imposer une langue sur leur territoire. Au Sénégal par exemple, le wolof est une langue qui permet au Sénégalais d’éviter les clivages ethniques qui font tant de dégâts sous d’autres cieux.

Pour ceux qui connaissent bien Dakar, si vous ne vous débrouillez pas en wolof, la langue la plus parlée au pays de la téranga, la vie vous sera bien difficile. Pourtant avant d’arriver au Sénégal et surtout si vous ne vous êtes pas renseignés, vous seriez tentés de croire que ce n’est que la langue de Molière qu’on parle partout. Détrompez-vous au Sénégal, c’est Koch Barma (grand penseur et philosophe wolof) qui règne en maître.

Au pays de Léopold Sédar Senghor, de Sembène Ousmane, de Birago Diop, d’Aminata Sow Fall, de Cheikh Anta Diop et de Mariama Ba… Il y a officiellement 25 langues nationales, dont 6 « grandes langues » utilisées au quotidien par de nombreux Sénégalais. Mais dans les écoles publiques, c’est le français, pourtant peu parlé, qui est généralement utilisé.

Plusieurs programmes incluant les langues nationales sont en cours d’expérimentation dans des écoles primaires, notamment au travers d’un partenariat entre le ministère de l’Education et l’ONG ARED, spécialisée dans les langues nationales. L’idée est d’enseigner dans une langue maternelle et en français, de manière bilingue, pendant plusieurs années, avant d’aller vers un enseignement totalement en français, avec pour principal objectif : améliorer les performances scolaires.

Ne pas comprendre le français n’est en aucun cas une tare ou un point faible au pays de koch Barma. De grands lutteurs et artistes sénégalais de renom ne maîtrisent que le wolof, mais cela n’entache en rien leur célébrité et notoriété. Par contre, dans d’autres pays d’Afrique, ne pas comprendre le français fait de vous la risée de bien de personnes.
Pendant longtemps, s’exprimer en langue locale était une honte pour certains Africains, et beaucoup préféraient parler un français approximatif plutôt que de s’exprimer en langue nationale.

Au Mali, également, la langue officielle est la langue française, mais elle est supplantée par le bambara qui est parlé par les trois-quarts de la population. Les langues mandé, bambara, malinké, ainsi que les langues voltaïques, le dogon, le sénoufo, le songhaï, le hassanya et le tamacheq demeurent vivantes au sein des différentes communautés.

La « langue du colonisateur » est certes nécessaire, pour preuve, elle est utilisée ici pour faire passer un message, dans notre éducation et dans celle de nos enfants, mais, placer nos langues nationales en première place, permet de construire une personnalité à la nouvelle génération exposée aujourd’hui à l’immigration et à la globalisation du monde. Parler et maîtriser sa langue nationale devient une nécessité.

Malgré la multiplicité de ces langues nationales, certaines à l’instar de l’Haoussa et du Swahili, arrivent quand même à tirer leur épingle du jeu. Pourrions-nous alors croire en de meilleurs lendemains pour nos langues nationales ? Qu’elles deviennent aussi usitées que l’anglais, le français ou l’espagnol ?

Khoudia GAYE

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