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L’Afrique doit-elle remercier Macron pour la restitution de ses arts volés ?

L’année dernière pendant son discours à l’Université de Ouagadougou, le président français avait
affirmé vouloir que « d’ici cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou
définitives du patrimoine africain en Afrique ».

C’est ainsi que ce le lundi 26 Novembre 2018 a été une date clé pour les relations entre la France et
l’Afrique. En effet, la promesse du président Emmanuel Macron de restituer les œuvres d’art volées
sur le continent africain a été concrétisée avec la remise au gouvernement du rapport sur la
restitution d’œuvre d’art africain. D’ailleurs, 26 œuvres réclamées par les autorités du Bénin (prises
de guerre de l’armée française datant de 1892) sont déjà en cours de restitution. Pour l’Elysée, la
restitution de ces œuvres ne doit pas constituer un cas isolé ni purement symbolique.

On pourrait se méprendre sur la réelle intention de la France et penser qu’elle se trouverait sur la
voie du repentir et de la réconciliation, mais est-ce vraiment le cas ?

Rappelons que ces œuvres d’art qui font partie intégrante de notre patrimoine, de notre histoire et
de notre culture nous ont été subtilisées de force, pendant la période coloniale concomitamment aux
meurtres sauvages de milliers de nos compatriotes africains.

Heads of a Royal ancestor, arts of the Kingdom of Benin of the end of the 18th century are on display on May 18, 2018 at the Quai Branly Museum-Jacques Chirac in Paris. – Benin is demanding restitution of its national treasures that had been taken from the former French colony Dahomey (current Benin) to France and currently are on display at Quai Branly, a museum featuring the indigenous art and cultures of Africa. (Photo by GERARD JULIEN / AFP)

Merci qui ?

Pourquoi le président Macron voudrait-il subitement nous restituer ce que nous réclamons depuis
des dizaines d’années ? Cette volonté de la présidence est-elle réellement estampillée d’une
intention libérale alors qu’il se trouve à une période critique de sa carrière politique et que sa
popularité est au plus bas ?

Comme tout droit sorti d’un brouillard intense et ayant désormais accès à la visibilité et donc à la
réalité, Emmanuel Macron déclarait, l’année dernière, lors de sa visite au Burkina Faso, que :
« Certaines œuvres d’art dans les musées français n’appartiennent pas à la France. »

C’est ainsi qu’Il envisage de « réunir à Paris au premier trimestre 2019 l’ensemble des partenaires
africains et européens » pour réfléchir sur la mise en œuvre des restitutions qui pourront, dans les
faits, avoir plusieurs formes (?) : restitutions, mais aussi expositions, échanges, prêts, dépôts,
coopérations.
Les dirigeants africains doivent-ils remercier le président pour la restitution des biens qu’ils auraient
dû venir arracher depuis longtemps ? Certainement, pas !

La seule chose qu’ils peuvent dire à ce jour c’est : « Enfin ! » et ajouter « Quand la France va-t-elle
réellement quitter le continent africain ? »

Car oui, la France terrorise les Africains depuis des décennies et refuse de quitter le continent.
Via leurs agents et autres fonctionnaires dont on ne comprend jamais très bien quel est leur rôle et
leur intérêt sur le territoire, les Français ont pénétré dans toutes ses anciennes colonies et
continuent de les contrôler.
Tout ceci au détriment des populations locales qui remarquent, par exemple que, dès leur arrivée en
RCA, les Français profitaient des ressources et n’avaient que faire de leurs besoins.
Par ailleurs, Emmanuel Macron invite également les autres ex-puissances coloniales européennes
comme la Belgique, le Royaume-Uni et l’Allemagne à le suivre dans cette voie. Toutefois, la
restitution est conditionnée à une demande préalable des Etats concernés, une information précise
sur leur provenance et l’existence de structures pour accueillir les œuvres dans de bonnes
conditions, comme le réclament les musées.
Demande préalable ? Information de provenance ? Existence de structure d’accueil ?
Ce processus avait-il été utilisé lorsque les Français ont arraché ces œuvres magnifiques aux terres
africaines ? L’Afrique a donc affaire à de gentils voleurs exigeants. Le comble.
Près de 90 % des œuvres africaines produites sous la colonisation, ou même avant, se trouvent à
l’étranger, et surtout en France.

Est-ce seulement aujourd’hui que la France va se préoccuper de la volonté et des intérêts de
l’Afrique au travers de la restitution des œuvres ? N’est-ce pas au contraire un moyen malicieux pour
le président de faire d’une pierre deux coups maléfiques : redorer son image ternie et baisser la
garde des africains pour encore mieux les extorquer.
Car oui, il prétexte vouloir rendre les œuvres d’art mais quid de l’or, des diamants, du pétrole du
coltan, du cacao et de toutes nos autres richesses qui ne nous ont jamais été rendues et continuent
de nous être volées aux yeux de tous ?

Nous doutons sérieusement du caractère désintéressé de cette restitution de nos œuvres et
regardons de près les prochaines actions de cet ancien « allié » de l’Afrique.

100% de vigilance et Zéro tolérance !

NN

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