L’AFFAIRE DES ENFANTS VOLÉS EN RDC

 

Une quinzaine d’enfants congolais auraient été enlevés et mis à l’adoption en Belgique par une association peu scrupuleuse prétendant organiser des camps de vacances moyennant des frais à payer, dans des familles belges.

Apres plusieurs l’enquête, un vaste réseau a été mis au jour, et serait soupçonné d’avoir facilité le « vol » de ces enfants. Au centre de cette organisation, aux ramifications internationales, se trouverait la belgo-congolaise Julienne Mpemba, à la tête de l’orphelinat de Tumaini, qui a été active plusieurs années en RDC.
Pour attester de la filiation de ces enfants avec les parents congolais qui affirment avoir été trompés, la justice belge a donc demandé aux parents adoptifs de faire parvenir des échantillons ADN des enfants qu’ils ont accueillis.

Plusieurs parents adoptifs d’enfants provenant de l’orphelinat congolais Tumaini ont décidé de se constituer partie civile dans le volet pénal du dossier de séquestration d’enfants et de trafic d’êtres humains.

 

Le début de l’affaire

En novembre 2015, onze enfants congolais, déclarés orphelins, sont arrivés en Belgique mais au moins trois d’entre eux avaient une fausse identité et ont encore des parents biologiques dans leur pays d’origine.

Selon Me Georges-Henri Beauthier, l’avocat des familles d’adoption : « Les parents adoptifs belges sont effondrés et veulent faire la lumière sur cette histoire. Ils n’ont pas participé à ce rapt d’enfants et ont l’intention de collaborer avec les autorités belges. ».

Le parquet fédéral en Belgique a donc ouvert une enquête sur l’ensemble des adoptions provenant de l’orphelinat Tumaini en République démocratique du Congo.

 

Me Beauthier, à RTBF.be

« Depuis trois ans mes clients ne contestent absolument pas qu’ils sont les victimes comme les parents congolais de filières qui vendent des enfants volés. », a affirmé l’avocat des familles d’adoption lors d’une interview.

Selon lui, le test ADN ne viendra rien changer, puisque personne ne conteste que les enfants soient venus dans une filière avec des faux papiers. Il a rappelé que depuis deux ans et demi, ses clients demandent, que les véritables responsables de ces filières soient interrogés, interpellés et répondent de leurs actes.

« Il y a des responsables de ces filières de vols d’enfants au Congo, et nous le disons haut et fort, il y en a en Belgique. Il y en a d’ailleurs en France, il y en a d’ailleurs au Etats-Unis puisque d’ailleurs le dossier fait apparaître que les commissions rogatoires sont parties dans différents pays et que les filières ne sont pas uniquement dirigées vers la Belgique. Mais il y a des filières qui ont œuvré en Belgique. », a-t-il mentionné.

« L’enquête et l’instruction doivent être menées de façon très approfondie. On est au cœur d’un système qu’il faut absolument dénoncer, puisqu’on a vu que, non seulement il y avait des filières en Belgique, mais également aux Etats-Unis. Il y a donc des gens qui sont dans des situations de décideurs qui sont à mettre mis en cause. Nos clients se retrouvent avec des faux certificats, avec de fausses attestations. Il est clair que ce n’a pas pu tomber du ciel comme ça. », a dénoncé l’avocat.

Il a par ailleurs souligné qu’il est important que le juge d’instruction, dans une instruction complète, nous dise qui sont les responsables en Belgique de ce qui s’est passé dans cette véritable tragédie.

 

Marie Yvonne Akre

 

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