LA FRANCE NE RESTITUERA PLUS LE PATRIMOINE AFRICAIN

Le 28 novembre 2017, à Ouagadougou (Burkina Faso), Emmanuel Macron, président de la République Française fait sonner le glad : « Je veux que, d’ici cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique. » Il a de ce fait ouvert un grand débat qui met en mal la diplomatie des musées européens.

À partir du XIX siècle au fil des conquêtes coloniales, plusieurs objets historiques, des œuvres statues, masques, art mobilier, tissus, etc qui illustrent la culture africaine ont été enlevées en masse vers l’Europe et font jusqu’à nos jours fortune à ceux-là qui s’en ont accaparé.

Le discours de Macron à Ouagadougou le 28 novembre reconnais à l’Afrique le droit de propriété sur ces œuvres et estime qu’il faille passer à une restitution, je cite : « j’ai souhaité lancer une action déterminée en faveur de la circulation des œuvres et du partage de la connaissance collective des contextes dans lesquels ces œuvres ont été créées, mais aussi prises, parfois pillées, sauvées ou détruites… S’agissant plus spécifiquement de l’Afrique, je me suis engagé pour que, d’ici à cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions du patrimoine. »
Il renchérit :

« Le patrimoine africain ne peut pas être uniquement dans des collections privées et des musées européens.
Il doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, à Lagos, à Cotonou, ce sera une de mes priorités. »

Le mot « restitution » hante les directeurs de musées, il fait peur. A peine l’allocution diffusée, des directeurs de musée européens appellent leurs homologues français pour dire leur inquiétude.

Stéphane Martin, président du musée du quai-Branly où sont conservées des dizaines de milliers d’œuvres originales africaines, prétend être ouvert au dialogue sur la restitution du patrimoine africain. Il déclare : « Si l’Afrique veut retrouver une partie de son patrimoine, je ne pense pas que la bonne méthode consiste à dire : “Vous avez commis des crimes, rendez-moi ce que vous avez pris.” Ce n’est pas un argument recevable du point de vue juridique. On ne va pas demander aux Britanniques de rendre l’île de Man !»
Il pense que ceci doit se faire avec beaucoup plus de délicatesse et demande assez d’investissement tant matériel que technique. « Ce sont des procédures longues et compliquées qui nécessitent une très grande organisation » a-t-il dit.
Stéphanie Martin a été nommé à la tête de la structure du musée par Jacques Chirac en décembre 1998 et le musée a ouvert en 2006. Avec une moyenne de 1,2 million de visiteurs par an. Le budget du musée du Quai-Branly s’élève à 50 millions d’euros par an.

L’inquiétude des uns et des autres est d’ordre financière, ils voient leur business changé de main.

Les détracteurs du projet, craignent notamment de voir les musées français se vider de leurs œuvres, dénoncent les mauvaises conditions de conservation dans les musées africains. « Cet argument ne peut être un frein au retour des œuvres, répond Bénédicte Savoy. Plusieurs exemples ont montré que les conditions de conservation se créent ou s’améliorent dès que les biens reviennent.»

DUNAMIS ADJIGO

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