• Accueil
  • >
  • INSPIRATION
  • >
  • [INSPIRATION] CAMEROUN : COMMENT DES HABITANTS SONT PARVENUS À PRODUIRE DE L’ÉLECTRICITÉ ET DE L’EAU SANS L’AIDE DU GOUVERNEMENT

[INSPIRATION] CAMEROUN : COMMENT DES HABITANTS SONT PARVENUS À PRODUIRE DE L’ÉLECTRICITÉ ET DE L’EAU SANS L’AIDE DU GOUVERNEMENT

NegroNews vous propose de lire le témoignage de Jean-Paul POUGALA. Ce dernier est un écrivain d’origine camerounaise, connu notamment pour son livre « Géostratégie africaine ». Il dirige également l’Institut d’Études Géostratégiques et enseigne la sociologie à l’Université de la Diplomatie de Genève en Suisse. M. POUGALA est parti récemment au Cameroun pour accomplir, malgré les bâtons dans les roues mis par les élus locaux, le type d’action à encourager en Afrique.

« Depuis le 15/01/2013, le Cameroun a une nouvelle société de production et distribution d’eau et d’électricité, c’est la YEZOUM S.A Electricity & Water. Son capital est détenu à 100% par les habitants du village de Yezoum qui a inauguré le premier tronçon de la première électrification de son histoire. Désormais, ce village n’est plus trempé dans le noir. Le lendemain 16/1/2013, c’était au tour d’un autre village dénommé Simbane (Haute Sanaga) d’inaugurer lui aussi sa première centrale solaire qu’il exploite désormais sous la dénomination SIMBANE SA. Elctricity & Water.

La chose qui m’a le plus ému, c’est un habitant qui a déclaré : finalement nous pouvons posséder le téléphone. Je n’y avais jamais pensé, mais oui, sans électricité, il n’y a pas de chargeur pour le téléphone.

Alors que mon équipe et moi avons eu mille difficultés, pour mener nos recherches, nos expériences, certains politiciens locaux nous traitant de « Bandit » et allant jusqu’à demander mon arrestation, les habitants et le chef supérieur sont restés soudés derrière ce qui n’était qu’une idée à première vue farfelue de dire qu’ils n’étaient pas pauvres et que la misère était dans leurs têtes, mais que s’ils se retroussaient les manches, ils pouvaient se passer des politiciens et prendre en main leur propre destin. Aujourd’hui, ce sont les populations de ces 2 villages qui sont en effervescence pour vivre les prochaines étapes : après leur confort de l’électricité et puis l’eau, le net dans chaque maison, ce sera avant la fin de l’année le début de production de la richesse à travers l’industrialisation, avec deux secteurs clé : la cosmétique à Yézoum et la pharmaceutique à Simbane. Beaucoup croient que nous sommes de simples rêveurs. Qui vivra verra.

Mais nous y croyons dur comme fer et peut-être qu’un jour, les élus locaux qui nous barrent la route sans prendre le temps de se demander à quoi mènent nos expériences, comprendront que rêver est un remède à la résignation et qu’on peut construire son propre bonheur, non pas seulement sur l’accumulation de la richesse individuelle, mais aussi à travers le bonheur qu’on est capable d’offrir à d’autres, à ceux là même que le système dominant nous a habitué à négliger, à voir transparents.

Car ce villageois qu’on piétine est le symbole même de l’Afrique qu’on humilie et qu’on méprise. comment peut-on se battre pour le salut d’une Afrique spoliée et démunie sans l’humilité de s’abaisser au niveau de ses habitants les plus démunis ?

PS: inutile de vous précipiter dans ces villages car ne sont actionnaires que ceux qui résidaient effectivement dans chacun des villages où se passe notre expérimentation, au moment de la constitution des différentes sociétés. »

Écrit par Jean-Paul POUGALA, le 20 Janvier 2013 sur son compte Facebook.
Pour suivre son actualité, voici son compte http://www.facebook.com/pougala
et son site officiel http://www.pougala.org/

Commentaires

commentaires

Précédent «
Suivant »

Suivez-nous sur Facebook

DailyMotion random video