[INSPIRATION] ARNAUD REINETTE A CONQUIS LA CHINE

Dans la ville chinoise de Canton, vit un jeune Baie-Mahaultien, Arnaud Reinette. Depuis trois ans, il mène une vie de businessman, entre autres pour le compte de Wok Line, la marque d’Admiral T.

Âgé aujourd’hui de 29 ans, Arnaud a tout d’abord obtenu un BTS hotellerie. Il a ensuite travaillé au Georges V, un hôtel de luxe 5 étoiles du 8e arrondissement de Paris, avant de s’envoler pour le Canada parfaire son anglais durant huit mois. Arnaud s’est aussi inscrit à la Business School de Toronto, où il a suivi un cursus en management. Durant une année, il a intégré HEC Montréal, avant de créer à 21 ans sa première société de distribution de DVD culinaires.

« Depuis très jeune, je voulais être autonome. J’avais entendu parler de l’aisance de certains jeunes Américains de 16-17 ans à devenir millionnaires, je me suis dit pourquoi pas moi ? » Pour tenter d’atteindre cet objectif, Arnaud n’a pas réfléchi à deux fois pour quitter son nid douillet de Guadeloupe.

« Cet esprit combatif et cette volonté de faire de l’argent n’est pas dans la culture guadeloupéenne. On se bat plutôt pour accéder, au maximum, à un poste de cadre supérieur, en Guadeloupe et même en France. Dans des pays comme les États-Unis, tout est facilité pour devenir indépendant financièrement » , explique Arnaud qui, au travers de son entreprise de multimédia, a pu travailler sur 600 points de ventes de la grande chaîne Wallmart, deuxième après Carrefour.
La deuxième entreprise d’Arnaud Reinette, qu’il a revendue il y a quelques mois, est une société en ligne, parfum-france.com. « Sur cette affaire, j’étais associé à un millionnaire français et j’ai pu réaliser le 1 million d’euros de chiffre d’affaire. »
La troisième société d’Arnaud, dans laquelle il s’investit encore beaucoup, a été montée il y a deux ans. C’est une société d’import-export et sourcing, Elite Base, dont le site internet-vitrine est www.misstang.com. Elite Base marque l’arrivée d’Arnaud à Shangaï, le centre financier de l’Asie-Pacifique, où il s’installe en colocation avec deux amis guadeloupéens. « C’est aussi à cette époque que j’ai appris à parler le mandarin, parce qu’en Chine seuls les jeunes étudiants font l’effort de communiquer en anglais. » Le Guadeloupéen parle de son débarquement dans le pays le plus peuplé du monde comme d’un concours de circonstance.

Un pionnier pour la Guadeloupe

« Quand je fréquentais mon école de commerce, on nous parlait beaucoup de la Chine comme d’un eldorado » précise Arnaud. La Chine, deuxième puissance économique mondiale, lui paraissait être le bon endroit pour faire fortune. « Je voulais être un pionnier pour la Guadeloupe, mettre toutes les chances de mon côté pour réussir (…) En Chine la conccurence est ardue, mais on peut bénéficier de coûts bas. »
Arnaud s’installe ensuite dans le sud du pays, à Canton. « La ville usine par excellence, où on ne va pas pour faire des études ou du tourisme, mais pour les affaires. » Malgré l’atmosphère hostile et la pollution, Arnaud décide d’évoluer étape par étape. Il y vit maintenant définitivement, gère ses employés, travaille avec des agents commerciaux de Métropole et traite avec des collaborateurs chinois ou africains (à Canton une forte communauté de Nigérians oeuvre dans l’import-export).
Si Arnaud Reinette ne cohabite pas avec beaucoup de Français ou d’Antillais, il n’est en tout cas pas le seul Noir à faire du business à Canton.

« Yes we can! »

« Au travers de mon expérience, je souhaite encourager les jeunes Guadeloupéens à se lancer dans les affaires, à apprendre à faire des sacrifices pour réussir et aussi à voyager … Il ne faut pas avoir peur de quitter son cocon pour voir si la vie est meilleure ailleurs. Je veux encourager les jeunes Guadeloupéens à aller vers l’excellence, notre insularité nous le permet. J’aurais souhaité avoir un modèle quand j’ai débuté, alors aujourd’hui si mes jeunes compatriotes peuvent se reconnaitre en moi, je serais fier. » Arnaud veut également que le « Yes we can » d’Obama ne soit pas seulement un slogan politique, ce doit être une ligne de conduite quotidienne. « Aux Antilles, nous avons un fort potentiel pour beaucoup de choses. Nous ne devons pas être seulement un vivier de sportifs ou de chanteurs. Il faut dépasser ses stéréotypes. Les Antillais ont autant le pouvoir que d’autres de devenir p.-d. g. du Cac 40. » Arnaud Reinette, désormais citoyen chinois, ne délaisse pas ses racines guadeloupéennes et ne va pas s’arrêter en si bon chemin dans les affaires. Il va ouvrir une parfumerie et importer en Chine des marques de parfum français. Arnaud est aussi sur un projet avec le gouvernement algérien à qui il va vendre près de 150 000 vélos qui alimenteront un service de transport similaire au Vélib de Paris.

– Fabricant exclusif de Wok Line

Outre ses clients installés dans le monde entier et les usines de Canton, Arnaud est aussi le fabricant exclusif de la marque Wok Line d’Admiral T. « Je l’aide lui et son épouse à développer la marque et à parfaire leurs relations commerciales. »
Avant de rencontrer Admiral T, qui m’a été présenté par mon petit frère Jérôme (NDLR : Big Jay) qui est aussi chanteur de dancehall, j’avais pour projet de créer une marque de chaussures dédiée à la culture dancehall, Faya Burn. « Je me suis alors rapproché d’Admiral qui était sur le point de lancer Wok Line. Il n’avait qu’une vague idée de ce qu’il voulait. Je suis allé à sa rencontre à Paris, je lui ai expliqué les notions d’échantillonnage, de délai de fabrication, de lois douanières et tout ce qui touche à la logistique dans le commerce. » Depuis, Admiral T, Jessica et Arnaud Reinette travaillent main dans la main. « Jessica est venue avec moi en Chine, je lui ai fait visiter la multitude d’usines de Canton, là où un quart du monde fait fabriquer ses produits, pour qu’elle se rende compte du savoir-faire chinois.
Premier de sa promotion lorsqu’il était en HEC, Arnaud continue de faire du conseil en marketing pour Wok Line qui, après l’ouverture d’un point de vente en Guadeloupe, en Martinique et à Paris, a pour objectif de s’agrandir en franchises un peu partout. Arnaud Reinette doit aussi travailler pour la prochaine collection de vêtements du rappeur Rohff et pour la marque de l’artiste de dancehall jamaïcain Jah Mason.

– SA DEVISE
Si tu penses que ton employeur t’exploite, embauche-le.

– SON MESSAGE
Cet esprit combatif et cette volonté de faire de l’argent n’est pas dans la culture guadeloupéenne (…) Nous ne devons pas être seulement un vivier de sportifs ou de chanteurs. Il faut dépasser ses stéréotypes. Les Antillais ont autant le pouvoir que d’autres de devenir p.-d. g. du Cac 40.

– SA MOTIVATION
J’avais entendu parler de l’aisance de certains Américains de 16-17 ans à devenir millionnaires, je me suis dit pourquoi pas moi ?

 

année de l’article : (2009)

source : http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/une/arnaud-reinette-a-conquis-la-chine-06-08-2009-44319.php

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