[INSPIRATION] ABDOULAYE TOURE, INVENTEUR DE FOURS SOLAIRES

Chef du bureau « Cuiseur solaire » de la Direction de la recherche technologique (Drt) sous couvert du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Abdoulaye Touré forme des menuisiers et des groupements féminins dans la construction et l’utilisation de « cuisinières » révolutionnaires.
Vivre dans un pays ensoleillé presque toute l’année donne certainement des idées. Mais le projet de fabrication d’une « cuisinière solaire » a commencé à bourgeonner dans la tête de l’instituteur de Sinthiou Garba (1) quand, voyageant souvent par train, défilait sous ses yeux une forêt déboisée. Avec une caisse en carton, Abdoulaye Touré passe à la phase expérimentation. Avec le nouvel outil de préparation de repas, « un collègue a cuit un poulet », se rappelle le chef du bureau « Cuiseur solaire » de la Direction de la Recherche technologique (Drt) du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Au Centre de recherche et d’essais (CRE) de Derklé, Abdoulaye Touré transmet son savoir à des menuisiers et à des groupements de femmes dans la construction et l’utilisation des cuiseurs solaires. Le transfert de technologie intègre deux objectifs : protection de l’environnement et alternative au bois de chauffe. Il permet aussi aux « cuisinières » (femmes au foyer) de « préparer à manger et de faire autre chose en même temps », fait observer l’inventeur du cuiseur solaire. Dit autrement, « ça allège les travaux des femmes ». Le four solaire opère à une cuisson douce qui garde la qualité nutritionnelle des aliments, explique M. Touré. Pour 1 kg 500, le temps de cuisson est de 2 H 30 à 3 H.

Breveté en 1990, il a fallu du temps pour que les plats sénégalais soient adaptés au four solaire. En 1996, le projet de développement des appareils solaires s’installe au Burkina Faso. Les plats locaux à base de pâte « passent ». La même année, grâce à la coopération suisse, le cuiseur est expérimenté dans le Ferlo, à Gouar-Sarr (situé entre Louga et Sakal). Une équipe exporte au « pays des hommes intègres » où il y a plus de cuiseurs en Afrique, les techniques de préparation du plat national sénégalais, le ceebu jën (2).
En 1998, Abdoulaye Touré remporte le prix du Chef de l’Etat de l’innovation et de la technologie. Deux ans plus tard, il est à la tête d’un programme pour la vulgarisation des fours solaires.

Les CRE, en tant que courroies de transmission entre chercheurs, universitaires, laboratoires et utilisateurs à la base, oeuvrent à la démultiplication des formations à Thiès, Sédhiou et Derklé (Dakar). Au CRE de Derklé, 13 menuisiers et 20 femmes bénéficient de la formation.
14.000 ménages sénégalais sont équipés de fours solaires. Thiès, Tivaouane et Wack Ngouna (Kaolack) sont les localités les mieux pourvues. Ndoucoura sur la route de Mekhé compte 150 fours pendant que Pire en a 150. A Fadiouth (200 cuiseurs solaires), les femmes sont formées pour la revitalisation des plats locaux.

Source : Ferloo.com

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