[HOMMAGE] ROBERT MUGABE FÊTE SES 91 ANS !

Robert Gabriel Mugabe, est né le 21 février 1924 en Rhodésie du Sud, Après avoir été Premier ministre de 1980 à 1987, il est élu président de la République le 31 décembre 1987, et réélu à plusieurs reprises jusqu’à ce jour. Il est aussi aujourd’hui à 90 ans, le plus âgé des chefs d’État d’Africains en exercice.

Mugabe est considéré comme le père de l’indépendance de l’ex colonie britannique « la Rhodésie du Sud » rebaptisée le Zimbabwe.
L’ancien chef de guérilla, qui s’est longtemps défini comme marxiste, très proche du peuple, n’a pas hésité à imposer des reformes agraires importantes, notamment la redistribution des terres arables du pays soit 90% des terres du pays qui étaient en la possession des blancs, soit juste 10% de la population. Décision qui n’a pas du tout plu à l’ancien colon britannique, et la « communauté internationale », qui ont dès lors soumis son pays à d’immenses sanctions conduisant à une inflation sans précédant dans le pays, et l’immense pauvreté des populations. Le 31 juillet 2013, il est réélu président de la république du Zimbabwe et le 22 août suivant, il prête serment pour un nouveau mandat de cinq ans.

Mugabe est le fils d’un immigré du Nyassaland, il grandit à la mission catholique jésuite de Kutama au nord-est de la capitale Salisbury. Son père abandonnant le foyer familial alors qu’il n’a que 10 ans, Robert Mugabe est élevé par sa mère dont il est très proche. Enfant solitaire, il manifeste un goût prononcé pour la lecture et les études. Il est issu de l’ethnie majoritaire des Shonas.
Diplômé en enseignement à l’âge de 17 ans, il rejoint l’université de Fort Hare en Afrique du Sud pour y étudier l’anglais et l’histoire.

Il est diplômé en 1951 puis poursuit ses études à Driefontein en 1952, à Salisbury (1953), à Gwelo (1954) et au Tanganyika (1955-1957). Il obtient par correspondance une licence en enseignement à l’université d’Afrique du Sud et une licence d’économie à l’université de Londres. Il enseigne pendant trois ans à Lusaka, capitale de la Rhodésie du Nord, puis à Accra au Ghana, première colonie d’Afrique ayant accédé à l’indépendance, où il s’éprend d’une collègue, Sally Hayfron, sa première femme qu’il épouse en 1961.

En 1960, Robert Mugabe revient en Rhodésie du Sud, converti à l’idéologie marxiste et se déclarant « marxiste-léniniste-maoïste ». Il se joint au Ndébélé Joshua Nkomo et au Parti national démocratique (National Democratic Party – NDP), qui devient par la suite Zimbabwe African Peoples Union (ZAPU), immédiatement interdit par le gouvernement blanc de Ian Smith.
En 1963, Mugabe, Shona, crée son propre parti, le Zimbabwe African National Union (ZANU), avec le révérend Ndabaningi Sithole et l’avocat Herbert Chitepo. Il en devient secrétaire général. La ZANU et la ZAPU seront longtemps séparés par cette frontière ethnique entre Shonas et Ndébélés.
En 1964, il est arrêté avec d’autres chefs de file nationalistes et jeté en prison pendant dix ans au camp de restriction de Gonakudzingwa à la frontière entre la Rhodésie du Sud et le Mozambique. Il en profite pour étudier le droit et consolider son influence sur le mouvement nationaliste.
En 1966, il perd son fils mais se voit refuser une permission pour l’enterrement, ce qui attise sa haine du régime de Salisbury.
Relâché en 1974, sous les pressions de John Vorster, le premier ministre d’Afrique du Sud qui cherchait à trouver des interlocuteurs modérés au gouvernement blanc de Ian Smith, premier ministre de Rhodésie, il quitte la Rhodésie pour le Mozambique où il prend la direction de la branche militaire de la ZANU, la ZANLA (Zimbabwe African National Liberation Army), pour mener la guérilla contre le gouvernement de Ian Smith.
Le 18 mars 1975, Herbert Chitepo est assassiné en Zambie dans un attentat à la voiture piégée et Mugabe peut alors prendre unilatéralement le contrôle de la ZANU tandis que le révérend Ndabaningi Sithole renonce au combat armé et crée un parti politique modéré l’Union nationale africaine du Zimbabwe – Ndonga.
Le 3 mars 1978, les accords de Salisbury signés par Ian Smith avec des dirigeants noirs modérés comme Abel Muzorewa et Ndabaningi Sithole aboutissent au principe d’élections multiraciales et à la fin de la domination blanche.
Les élections d’avril 1979 sont remportées par l’UANC de Canaan Banana et d’Abel Muzorewa, l’UANC étant le seul parti noir ayant renoncé à la violence et autorisé ainsi à concourir. Abel Muzorewa devient le nouveau premier ministre de la nouvelle Zimbabwe-Rhodésie le 1er juin 1979. Cependant, le nouveau régime n’obtient pas de reconnaissance internationale du fait des restrictions imposées aux autres partis politiques noirs n’ayant pu participer aux élections.
En décembre 1979, le pays redevient la colonie britannique de Rhodésie du Sud et les accords de Lancaster House signés à la fin du mois aboutissent à un accord général dont l’octroi de garanties économiques et politiques pour la minorité blanche et des élections multiraciales prévues pour février 1980. Après une campagne électorale marquée par des intimidations de toutes parts, l’intrusion des forces de sécurité et des fraudes, les Shonas votent en masse pour leur parti communautaire, en l’occurrence la ZANU de Robert Mugabe.
Le 4 mars 1980, la ZANU emporte 57 des 80 sièges réservés aux Noirs alors que les 20 sièges du collège électoral blanc sont tous remportés par le Front rhodésien de Ian Smith.

Le 18 avril 1980, Robert Mugabe devient le premier Premier ministre du nouvel État du Zimbabwe et Canaan Banana le premier président.

Au pouvoir, Mugabe tente de bâtir un nouveau pays sur la base d’une alliance entre Shonas et Ndébélés. Il tente d’incorporer la ZAPU dans sa ZANU et offre à Nkomo de prestigieux portefeuilles ministériels. Mais les revendications et les attentes sociales des Shonas l’entraînent à mener une politique plus nationaliste et ethnique.
En 1982, pour fêter les deux ans d’indépendance, il fait rebaptiser toutes les villes du pays à commencer par Salisbury, nommée désormais Harare.
En 1983, une rébellion ndébélé met fin à l’union ZANU-ZAPU et une guerre civile ensanglante la province du Matabeleland. Robert Mugabe y déploie « sa » 5e brigade, une force spéciale formée par des instructeurs nord-coréens. Nkomo est démis de ses fonctions. La répression de l’armée est brutale contre les Ndébélés. On dénombrera 10 000 victimes.
En 1987, un accord de paix met fin à la guerre civile et la ZAPU se fond enfin dans la nouvelle ZANU-PF. C’est également l’année de la fin du collège électoral blanc et de leur représentation assurée de 20 députés signifiant la fin du rôle politique des Blancs dans le pays. C’est aussi l’année où Mugabe prend la fonction de président de l’État aux pouvoirs élargis, abolissant le poste de Premier ministre.

En 1988, Mugabe nomme Joshua Nkomo au poste de vice-président. Depuis la fin de la représentation blanche et de la fusion de la ZAPU dans la ZANU, il n’y a plus d’opposition au parlement et le pays vit de facto sous un régime de parti unique.

En 1990, Robert Mugabe est élu président de la République et fait part de son intention d’imposer institutionnellement la ZANU comme parti unique.
La chute du mur de Berlin et l’effondrement des régimes communistes en Europe empêchent cette mutation, du moins en droit.
En 1996, Mugabe est réélu presque sans opposition réelle à la suite du retrait de ses deux adversaires Abel Muzorewa et le révérend Ndabaningi Sitholé.
En 1997, Laurent-Désiré Kabila s’empare du pouvoir au Zaïre désormais rebaptisé Congo, mais doit rapidement faire face à la rébellion d’une partie de ses troupes soutenue par l’Ouganda et le Rwanda. Mugabe vole au secours du pouvoir de Kinshasa en envoyant 20 000 hommes au Congo au côté des Angolais et des Namibiens. Cette aide aura un prix : Mugabe obtiendra le droit d’exploitation d’une mine de cobalt (un des plus grands gisements du monde) et un accès au trafic de diamants. Le cuivre congolais de meilleure qualité viendra alimenter les industries zimbabwéennes. L’intervention militaire de Mugabe sera totalement financée par l’État congolais avec ces mêmes ressources minières.

Il décide alors de mettre en chantier une réforme agraire qui aboutira à l’expropriation des fermiers blancs lesquels assuraient 80 % du revenu national, ce qui aura pour conséquence pour l’ancien grenier à maïs de l’Afrique une grave crise alimentaire.

Quand Robert Mugabe était arrivé au pouvoir, 70 % des terres arables appartenaient à 4000 fermiers blancs. Robert Mugabe les avait rassurés contre toute expropriation forcée et quelques milliers d’hectares avaient été redistribués pacifiquement, souvent à des partisans du régime. L’expropriation des terres des fermiers blancs devrait se faire par une compensation financée par la Grande-Bretagne.
En 2000, Robert Mugabe soumet à la population une nouvelle constitution incorporant notamment une réforme agraire avec des expropriations sans compensation et surtout une amnistie permanente aux militaires et aux membres du gouvernement. Le 11 février 2000, contre toute attente, ce projet de nouvelle constitution soumis à référendum est rejeté par 54,7 % des électeurs, manifestant pour la première fois la défiance de la population envers le vieux dirigeant.
Le 6 avril 2000, il finit par imposer sa réforme agraire par la force, La plupart des fermiers blancs sont expropriés. Depuis lors, un exode de blancs vers l’etranger a lieu.

Robert Mugabe est personnellement mis en cause en 2001 par le Parlement européen pour sa responsabilité dans le chaos que connaît le pays et les « atteintes massives » aux droits de l’homme, à la liberté d’opinion et à la liberté de la presse. Dans sa résolution, le parlement pointe le « climat de peur et de désespoir » que ressent l’ensemble de la population,(surtout les blancs du pays), conséquence directe des interventions de Robert Mugabe. Il est en particulier régulièrement accusé de nourrir les hostilités envers les fermiers blancs du Zimbabwe et de les rendre responsables de l’échec de sa réforme agraire pour sauver son pouvoir.

Ses troupes sont battues au Congo, son homologue Laurent-Désiré Kabila est assassiné le 16 janvier 2001. Les troupes zimbabwéennes tiennent Kinshasa et Mugabe favorise la venue au pouvoir du fils de Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila, pensant que celui-ci continuerait dans la même lignée que son père.
Robert Mugabe est condamné par l’ensemble des pays occidentaux et par des organisations telles qu’Amnesty International qui dénonce « des atteintes aux droits de l’homme. »
En 2003, le Congrès des États-Unis impose une multitude de sanctions financières et économiques, lesquelles sont dénoncées comme « racistes » par Robert Mugabe.
Le 8 décembre 2003, le Zimbabwe est suspendu pour 18 mois supplémentaires du Commonwealth. Mugabe riposte en retirant purement et simplement le Zimbabwe de l’organisation.
Mugabe s’en prend continuellement aux Occidentaux, plus particulièrement à Tony Blair qu’il accuse de néo-colonialiste, le traitant également de « petit garçon en short ».
En 2005, George W. Bush cite le Zimbabwe parmi les postes avancées de la tyrannie au côté de Cuba et de la Corée du Nord.
En 2007, Robert Mugabe est le seul chef d’État africain à n’être pas invité par la diplomatie française au sommet France-Afrique de Cannes, qui se tient les 15 et 16 février. En effet, il est interdit de voyage sur le sol de l’Union européenne depuis plusieurs années, en raison de « ses violations des droits de l’homme. » Son pays est alors plongé dans une profonde crise, battant chaque mois des records d’inflation, atteignant + 1600 % en janvier 2007 et même 1730 % en mars 2007.

Le 13 février 2013, le Premier ministre Morgan Tsvangirai annonce la tenue d’un référendum pour le mois de mars afin d’approuver une nouvelle Constitution qui limite notamment les pouvoirs et la durée du mandat du président de la République.
Le 31 juillet 2013, il est réélu président de la république du Zimbabwe et le 22 août suivant, il prête serment pour un nouveau mandat de cinq ans.

Source : Wikipedia avec NegroNews

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