GHANA : LA DIASPORA INVITÉE À « RENTRER À LA MAISON »

Pour le passage au nouvel an, près d’une centaine de personnalités afro-descendantes se sont déplacées en famille à Accra pour participer au Full Circle Festival (FCF) qui a donné le coup d’envoi aux célébrations de « l’année du retour » voulue par le président du Ghana, Nana Akufo-Addo. 

« L’année du retour »

« Nous sommes ici pour célébrer notre résilience, notre survie et nos contributions […]. Nous revendiquons notre histoire et notre présent », a résumé Bozoma Saint John, l’icône afro-américaine du marketing passée par Apple et Uber. Cette dernière a engagé avec l’acteur hollywoodien Boris Kodjoe, également originaire du Ghana, ce séjour pour promouvoir davantage le pays à l’international et célébrer l’héritage culturel.

En septembre 2018, le chef de l’Etat ghanéen Nana Akufo-Addo avait inauguré « l’année du retour », douze mois pendant lesquels le pays d’Afrique de l’Ouest organise des festivals ou des événements pour commémorer les victimes de l’esclavage. Une manière aussi de rappeler aux Africains de la diaspora, même plusieurs siècles après le départ forcé de leurs ancêtres, que leurs racines se trouvent ici. « Nous savons les succès extraordinaires et la contribution qu’ils ont apportés en Amérique, et il est important que, 400 ans plus tard, nous célébrions leur courage et leur sacrifice », a déclaré le chef de l’Etat.

Certaines célébrités afro-caribéennes du Royaume-Uni avaient fait le déplacement comme Naomi Campbell, le rédacteur en chef du magazine Vogueanglais Edward Enninful, l’acteur Idris Elba et le styliste Ozwald Boateng, tous trois d’origine ghanéenne. Présente également la documentariste et écrivaine française Rokhaya Diallo, qui décrypte son séjour : « Ce que je retiens, c’est la volonté du Ghana de se positionner comme un pays d’une richesse culturelle à voir. Je ne connaissais pas le Ghana, ce fut pour moi l’occasion de découvrir son histoire, comme le fort de Cape Coast, un moment vraiment fort. Les Américains ont été émus. Souvent, ils ne connaissaient pas l’Afrique et ils ont été très touchés ».

Le cordon américano-ghanéen

Le Ghana a toujours maintenu des liens importants avec les Etats-Unis, et M. Akufo-Addo n’est pas le premier à faire des appels du pied à la diaspora. Le père de l’indépendance, Kwame Nkrumah, avait déjà tenu des propos en ce sens. Et en 2000, le Parlement ghanéen a voté une loi permettant à toute personne de la diaspora de s’installer et de travailler plus facilement dans le pays.

Depuis une décennie, de la visite de Barack Obama en 2009 à celle de Melania Trump en 2018, l’attention médiatique autour des vestiges de l’époque esclavagiste n’est jamais retombée. La venue du président américain, lors de sa première tournée en Afrique, avait eu des retombées économiques substantielles : le nombre de touristes en 2010 avait augmenté de plus de 30 %, passant de 698 000 en 2008 à 931 000, accompagné d’un accroissement des revenus liés au tourisme de 20 %.

Le modèle ghanéen

Le Ghana tire son épingle du jeu avec son soft power face aux autres pays de l’Afrique de l’Ouest qui investissent aussi dans la valorisation du patrimoine et dans les infrastructures d’accueil pour attirer davantage de touristes, comme l’île de Gorée au Sénégal, les ports négriers de Ouidah au Bénin et de Bimbia au Cameroun. « L’année du retour : Ghana 2019 » est une campagne de marketing qui cible le marché afro-américain et vise à placer le Ghana au centre des activités commémorant les 400 ans du débarquement des premiers esclavages africains dans les colonies anglaises.

Déjà en 2007, lors du 50e anniversaire de l’indépendance du pays, une série d’événements avait été lancée pour célébrer l’excellence africaine en réunissant les Ghanéens et la diaspora afro-américaine.

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