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Génocide rwandais: « C’est la lutte contre l’impunité »

Le colonel, Eric Emeraux, commandant de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH), a relevée, lundi 12 novembre, dans une interview, que son équipe et lui sont au Rwanda « pour enquêter sur des génocidaires (…) qui se sont cachés en France » en vue de leur jugement dans ce pays.

Dans cet entretien accordé à l’Agence Rwandaise d’Information (ARI), le chef de cette délégation d’enquêteurs français, s’est exprimé sans ambiguïté sur les raisons de sa présence au pays des mille collines. « Nous sommes actuellement au Rwanda, nous interrogeons les témoins avec l’aide de PVT (Protection Victimes et Témoins), du Gouvernement rwandais, du Ministère de la Justice, et surtout sous le contrôle des GTU (qui sont les procureurs en charge des affaires liées au Génocide », a-t-il déclaré.

M. Emeraux a, par ailleurs, précisé le type de personnes visées par l’enquête de l’organisme qu’il dirige depuis maintenant un an. Selon le colonel de la gendarmerie, il s’agit de « gens qui, soit ont la nationalité rwandaise, soit ont acquis la nationalité française de manière indue, pour lesquelles nous avons eu des informations qu’ils ont été impliqués dans les génocides de multiples morts au Rwanda ».  Tenu par le « le secret d’instruction », il n’a, cependant, pas voulu révéler les noms des suspects concernés. 

Impunité

À la question du journaliste de savoir si l’enquête s’étendait sur le cas de l’Abbé Wenceslas Munyeshaka, l’interviewé a reconnu : « Nous n’avons pas ce nom dans notre dossier » et de poursuivre : « notre travail c’est la lutte contre l’impunité. On travaille en vertu de ce qu’on appelle la compétence universelle. On n’est là pour défendre l’humanité en quelque sorte. Soyez donc absolument sûr de notre conviction qu’à partir du moment où on arrive à amener les preuves, donc il faut amener les preuves, c’est une enquête judicaire, on ne peut pas condamner une personne sur du vent, ça n’existe pas ». Visé par la plus ancienne plainte en France concernant le génocide rwandais, le prêtre Munyeshaka vivant actuellement en Normandie, a bénéficié d’une relaxe définitive le 21 juin dernier, malgré le rôle « trouble » qu’il a joué dans sa paroisse de Kigali. 

L’Office chargé des crimes contre l’humanité en France est un service de la Gendarmerie nationale et placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur français. La présence de ses enquêteurs, à Kigali, intervient curieusement moins de trois semaines après la publication par le site d’informations Mediapart d’une vidéo filmée en 1994 embarrassante pour les militaires français, accusés par des rescapés de passivité lors des tueries de Bisesero, pendant le génocide rwandais.

Hésitante au moment où des centaines de milliers d’innocents se faisaient massacrer, La France serait-elle en train de tenter de se faire une bonne image dans la conscience collective rwandaise ?

Pour prouver sa bonne foi et son attachement aux valeurs universelles des droits de l’Homme, ne n’aurait-elle pas dû intervenir et mettre tout pour empêcher le bain de sang plutôt qu’attendre des années après pour se lancer dans une molle traque d’anciens génocidaires ? 

Stéphane BAI

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