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LA FRANCE FACE À LA RÉDUCTION DE SES PARTS DE MARCHÉS EN AFRIQUE

Les entreprises françaises perdent d’importantes parts de marchés sur le continent africain. Selon Le Point Afrique, plusieurs facteurs expliquent ce recul visible dans les chiffres même concernant l’export. « Dans plusieurs pays d’Afrique francophone, la chute des parts de marché françaises est impressionnante. Entre 15 et 20 points de pourcentage en Algérie, au Maroc, en Côte d’Ivoire, et 25 au Sénégal », note Coface dans une récente étude.

Le constat est frappant. En 2000, les exportations françaises représentaient près de 11 % des flux vers l’Afrique. Ce chiffre a été divisé par deux en 2017, pour représenter 5,5 % selon Coface. Dans une note publiée le 20 juin 2018, et qui a fait l’effet d’une bombe, l’assureur-crédit s’est penché sur cette tendance qui s’accélère. « L’érosion du poids de la France à l’export en Afrique s’inscrit dans un mouvement plus global de perte de vitesse des exportations françaises dans le commerce mondial (de 4,7 % de parts de marché en 2001 à 3 % en 2017). Dans une moindre mesure, l’Italie, le Royaume-Uni et les États-Unis suivent la même tendance sur le continent », indique Coface.

Non seulement la France perd des parts de marché au profit de l’Inde et surtout de la Chine, mais, en 2017, elle a également perdu son statut de premier fournisseur européen du continent africain, dépassée par l’Allemagne. « Il faut rééquilibrer la présence française en Afrique parce qu’historiquement, c’est vrai qu’on était beaucoup en Afrique de l’Ouest et c’est normal, mais il faut que les entreprises françaises se développent de plus en plus sur l’Afrique de l’Est et sur les pays émergents », relativise Bruno Metling à Le Point Afrique, s’appuyant sur cette même analyse de Coface

La Chine affiche quant à elle, une progression fulgurante de ses parts de marché à l’export, passant de 3 % en 2001 à près de 18 % en 2017, suivie par l’Inde, la Turquie et l’Espagne.

 La France peut-elle encore se ressaisir et changer son logiciel vis-à-vis de l’Afrique pour mieux être à même de reconquérir ses parts de marché ?

Pour Roland Portella, spécialiste en développement d’entreprises et président de la Cade (Coordination de l’Afrique de demain), ce qui ne marche plus, c’est le prisme d’analyse de la coopération Nord-Sud qu’appliquent encore les entreprises françaises. Et de citer le cas de l’Allemagne qui a clairement choisi d’avoir une approche bilatérale avec une organisation de ses activités en filières. « L’approche allemande peut intéresser l’Afrique, car les Allemands investissent en coentreprise, c’est dans leur ADN. C’est comme ça qu’ils ont développé l’Allemagne et se sont implantés dans le reste de l’Europe », explique-t-il à Le Point Afrique.

« C’est vrai que tous les organismes qui travaillent sur les exportations françaises veulent investir en groupe, mais la culture française à ce niveau est en retard. De l’autre côté, on le voit même si ce n’est pas formel la Chine et l’Inde ont la même approche, mais dans l’informel. Ils viennent en meute aussi avec des travailleurs qui investissent ensuite dans d’autres secteurs des économies », poursuit-il.

Au Medef, l’urgence est ailleurs. « Il y a urgence à faire avancer les sujets des Accords de Cotonou qui définissent le cadre de coopération entre l’Union européenne et les pays des régions Afrique, Caraïbes, Pacifique. Ils expirent en 2020 et les négociations ont commencé fin septembre. Je suis un peu déçu du manque de résultats des recommandations que nous avons produites. On ne peut pas laisser la relation Europe-Afrique aller vers la reproduction de modèles qui ont montré leur limite dans le passé ! » S’agace Patrice Fonlladosa.

Pour que la France tire son épingle du jeu de la compétition mondiale, il faudrait, selon plusieurs spécialistes, centraliser l’aide, raccourcir les délais d’exécution et fractionner les projets. Des propositions ont été avancées par plusieurs acteurs du monde économique, le Medef en tête, et plus récemment par le président Emmanuel Macron.

Bruno Metling, président du Conseil des chefs d’entreprise France-Afrique de l’Ouest au Medef et ancien PDG d’Orange en Afrique et Moyen-Orient suggère que la France accentue son implantation  dans les pays d’Afrique de l’Est car il existe un gain potentiel pour les exportations françaises de l’ordre de 21 % dans les pays d’Afrique de l’Est où sa présence est relativement faible.

 

NN

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