FRANC CFA : LA FRANCE REFUSE DE NÉGOCIER

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays membres de la zone Franc CFA se sont réunis à Brazzaville, vendredi 13 avril 2018. M. Bruno Le  Maire, ministre français de l’Economie et des finances, accompagné de Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France ont aussi participé à cette réunion.

Les sujets abordés ont été divers, et les plus importants furent : Le changement de l’appellation FCFA, la révision du système de dépôt des états membres auprès du trésor public français ainsi que l’élargissement de la zone monétaire à d’autres États.

La France n’a pas mâché ses mots et elle a été claire et nette, qu’il n’était pas question  de changer le franc CFA ni de le rattacher au Dollar ou au Yen, et qu’elle refusait que l’Afrique de l’Ouest se désolidarise de la Zone CEMAC (Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale).

La France a profité de cette occasion de rencontre pour proposer 135 millions d’euros d’aide sous condition de contrôle du FMI (Fonds Monétaire International).

La question du Franc CFA pose toujours quant à son histoire et son poids face à l’économie des pays membres : cette monnaie pénaliserait les populations à faible revenu, ainsi que les échanges surévalués seraient en défaveur de ces pays membres de la Zone Franc.

Tous ces pays ne peuvent-ils pas faire bloc et ensemble imposer une ligne directrice qui leurs arrange ou bien même, demander l’avis des populations un referendum ?

Les dirigeants auraient ils peur des sanctions économiques de la part de la France ?

Le 13 avril dernier Mr Dominique Strauss-Kahn, ancien directeur du FMI a proposé des reformes du Franc CFA qui selon lui, pourraient arranger les deux camps (La France et les pays de la Zone Franc).

« Zone franc, pour une émancipation au bénéfice de tous » est l’intitulé de ses propositions de reforme. L’ancien Directeur du FMI souligne la performance macro économique de la monnaie. La question que nous nous demandons est de savoir si les performances prises dans la globalité, dans un ensemble macro économique sont-elles légitimes pour qualifier une monnaie d’efficace ? Mais tout autant, il admet que  « le problème politique devient de plus en plus sensible comme l’ont montré les protestations de l’été 2017 ».

L’ancien directeur souligne que les réserves en France, serait un risque pour la France non rémunéré et non un avantage.

La question est de savoir, s’il est avéré que la France prend des risques pour une devise étrangère  pourquoi ne serait-elle pas prête à laisser les pays de la Zone CEMAC toujours en discussion vers une monnaie commune autre que le Franc CFA ?

Les avis des économistes africains, pour ou contre le renforcement du Franc CFA en Afrique sont attendus, mais aussi si les perspectives de sortie par force peuvent-elles être envisageables ?

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