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FOREST WHITAKER, INVESTI DANS L’HUMANITAIRE EN AFRIQUE

Grand bosseur, l’acteur américain Forest Whitaker, qui incarne cette fois l’évêque Desmond Tutu, porte un autre regard sur l’Afrique. Il affirme : « L’Afrique a changé ma vie ». Il s’investit dans l’humanitaire pour la résolution des conflits.

Dans le film « Forgiven », il incarne l’archevêque sud-africain Desmond Tutu. Le film est un biopic élogieux, mais il pouvait difficilement être autre chose. Tutu, Prix Nobel de la paix, est une figure incontestée, héros de la lutte anti-apartheid puis président de la Commission de la vérité et de la réconciliation, chargée de rapprocher ceux des bourreaux et des victimes qui pouvaient l’envisager.

Comme pour le « Dernier Roi d’Ecosse » qui lui a valu un oscar, où il jouait le rôle d’Amin Dada, dictateur sauvage et paranoïaque qui a régné en Ouganda de 1971 à 1979, Whitaker s’est fondu dans le personnage.

Mais n’empêche qu’interpréter l’ancien archevêque Desmond Tutu, 87 ans, dans ce film de Roland Joffé, en salles en France ce mercredi, était « très intimidant », a-t-il confié dans un entretien avec l’AFP à Paris.

« J’avais vraiment peur. À plusieurs reprises, je me suis demandé si je ne devais pas me retirer du projet », a ajouté l’acteur aux plus de 70 films depuis les années 80, dont « Bird », « Ghost Dog : la voie du samouraï » ou « Le Majordome ».

Soucieux de faire plaisir au personnage qu’il incarne et désireux de le (Desmond Tutu) voir heureux, le comédien afro-américain, 57 ans, a juste fait comme à son habitude : ingurgité tout ce qu’il a pu sur son personnage. Comme l’explique Roland Joffé, le réalisateur dans le site d’information Libération : « Il a travaillé d’une manière hallucinante.

Il a passé des centaines d’heures à regarder des films, à écouter des discours et des émissions de radio où était passé Tutu. Il a réussi à imiter sa voix et il a exploré le personnage jusqu’à le devenir. Il a incontestablement une forme de grâce. »

« A un moment, les choses ont commencé à se mettre en place », explique Whitaker, se disant « soulagé » d’avoir appris que le prix Nobel de la paix 1984, dont il s’est efforcé de « refléter l’âme », avait « aimé le film ».

Forest Whitaker a aussi eu le temps. Le film a mis plus de cinq ans à se monter, faute de financements.

C’est lors de la préparation de son tournage du « Dernier roi d’Ecosse » de Kevin Macdonald (2006), dans lequel il joue le dictateur ougandais Idi Amin Dada, que l’acteur découvre pour la première fois l’Afrique. Un réel défi pour lui qui fait basculer sa vie.

Il a alors passé plusieurs mois en Ouganda et a commencé à s’engager dans des projets éducatifs, à travers l’école « Hope North », destinée aux enfants-soldats et orphelins. « C’était comme une étincelle », lance-t-il.

Un homme engagé dans l’humanitaire

C’est une facette moins connue de l’acteur, dont il parle rarement.

Forest Whitaker s’est lancé dans l’humanitaire en Ouganda, en aidant un orphelinat où vivaient d’anciens enfants soldats. Il a poursuivi au fil des années, en s’intéressant à la « résolution de conflits ».

Après l’Ouganda, des programmes ont été lancés au Soudan du Sud, au Mexique et à Los Angeles, la ville de son enfance. À chaque fois, il s’agit d’empêcher que la guerre ou le conflit ne reprenne, en aidant ceux qui pourraient préférer se battre. L’idée est de former des jeunes, hommes et femmes, puis de les financer pour qu’ils puissent créer leurs micros entreprises magasins, salons de beauté, etc.

Ils forment ensuite à leur tour d’autres jeunes. D’autres donnent des cours d’alphabétisation dans des camps de réfugiés ou des prisons. Dans sa ville natale, Los Angeles, dans les territoires des gangs, le travail se concentre dans les écoles, via des groupes de discussion pour limiter les harcèlements entre élèves et désamorcer les conflits.

Au total, depuis 2012, plus de 3 500 jeunes ont monté des projets éducatifs ou économiques, et 35 000 ont suivi des formations.

Envoyé spécial de l’Unesco pour la paix et la réconciliation depuis 2014, Forest Whitaker est également le fondateur et président de la Whitaker Peace and Development Initiative (WPDI), une ONG créée en 2012 qui s’investit dans des projets éducatifs pour des jeunes vivants dans des régions touchées par la violence ou les conflits (Soudan du Sud, Ouganda, Mexique, Etats-Unis et maintenant Afrique du Sud).

Selon Libération, l’acteur chevronné dit « prêt à mettre un terme à sa carrière d’acteur pour se consacrer à sa fondation ».

Opri Avérroèse Kalet

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