• Accueil
  • >
  • POLITIQUE
  • >
  • FÉVRIER 1885, LES PUISSANCES COLONISATRICES SE PARTAGENT L’AFRIQUE

FÉVRIER 1885, LES PUISSANCES COLONISATRICES SE PARTAGENT L’AFRIQUE

Le 26 février 1885 est une date mémorable. Elle marque en effet, le partage du continent africain. Lors  de la conférence de Berlin (novembre1884-février 1885) les puissances occidentales ont décidé du sort de l’Afrique.

À la fois connue et méconnue, souvent appelée Conférence sur le Congo, « Congo Conference » ou « West Africa Conference » en anglais, « Kongokonferenz » ou « Westafrika-Konferenz » dans les sources allemandes, elle a exercé une influence déterminante à la fois sur l’histoire de l’Afrique contemporaine et sur le cours des colonisations européennes contemporaines.

L’ère coloniale va, après elle, connaître sa plus forte expansion jusqu’à l’éclatement de la Première Guerre mondiale (1914-1918) et la redistribution des cartes du pouvoir. Voyons dans quelle mesure la Conférence de Berlin constitue un tournant dans la dynamique coloniale européenne (1878-1914).

Sur invitation  du chancelier Otto von Bismarck 14 nations se rassemblent  à Berlin du 15 novembre 1884 au 26 février 1885 afin d’établir les règles du  partage de l’Afrique et tracer de façon arbitraire les frontières. Il en résultera des conflits qui durent jusqu’aujourd’hui.

Les pays participants sont: l’Allemagne,  l’Autriche-Hongrie,  La Belgique,  le Danemark, l’Empire Ottoman c’est-à-dire l’actuelle Turquie, l’Espagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Russie, la Suède-Norvège ainsi que les Etats-Unis à titre d’observateur.

Bismarck, qui avait engagé l’Allemagne avec retard dans ce processus de prédation, entendait imposer des règles, en particulier le libre accès commercial aux grands bassins fluviaux (liberté de navigation sur le Congo et le Niger, liberté du commerce dans le « bassin conventionnel » du Congo) et l’obligation d’occuper effectivement un territoire avant d’en revendiquer la possession.

Ce dernier point eut pour conséquence ce que les historiens britanniques appellent « scramble for Africa » (ruée vers l’Afrique), les francophones utilisant plutôt l’expression en apparence plus anodine de « course au clocher » : Britanniques, Français, Allemands, Belges, Portugais, Italiens se lancèrent dans l’intérieur de l’Afrique, qui fut partagée par les Européens en moins de quinze ans, au prix de plusieurs guerres contre les royaumes africains et d’incidents diplomatiques entre les États européens, dont le plus significatif fut l’accrochage franco-britannique de Fachoda, en 1898.

La ruée vers les pays africains prend rapidement de l’ampleur. Les nations européennes découpent l’Afrique comme un gâteau, tel est le terme historique en allemand. En l’espace de quelques années, l’Afrique subsaharienne est divisée entre les puissances occidentales. Elles s’assurent la liberté de commerce sur les fleuves du Congo et du Niger.

Le document final de la conférence de Berlin stipule que Léopold de Belgique reçoit, à titre personnel, deux millions et demi de kilomètres soit l’actuel République Démocratique du Congo. Un pays 80 fois plus grand que la Belgique est devenu en un tour de main la propriété exclusive du roi Belge.

Le Congo  deviendra  en 1908 une colonie belge. La colonisation n’a jamais été une œuvre philanthropique. De nombreuses  exactions y ont été commises: le travail forcé, les coups et blessures, l’utilisation du fouet pour asservir les récalcitrants. La politique des mains coupées pour obtenir la quantité de caoutchouc pour les besoins du roi Léopold  II, un mégalomane, caractérise la politique coloniale dans cette région.

Durant ces quelques années, ont été formalisés dans leurs grandes lignes la plupart des territoires africains actuels. Même si la conférence de Berlin n’a fait que fixer des règles et n’a pas par elle-même procédé au partage, elle fut fondatrice d’un véritable « droit de coloniser » et marque la transition d’un impérialisme informel, caractérisé par une influence militaire et une dominance économique ponctuelle, vers une gouvernance centralisée, une domination directe.

En d’autres termes, si la conférence n’avait pas pour finalité officielle le partage du continent entre les puissances européennes, ce résultat fut cependant atteint lors de la signature du texte ayant suivi la clôture des travaux.

Le sens de la conférence a donc bien été celui d’une mainmise européenne sur l’Afrique dans la dynamique d’une nouvelle vague de mondialisation.

 

NN

 

 

Commentaires

commentaires

Précédent «
Suivant »

Suivez-nous sur Facebook