LA FAMILLE MOSBAH COMBAT LE RACISME EN TUNISIE

A la suite d’un accident de voiture avec une camionnette militaire, le très populaire chanteur tunisien Sabry Mosbah a été jeté en prison pour «atteinte à la dignité de l’armée».

Après sa mise en liberté, il envisage l’exil, car il était le seul moyen d’échapper au racisme en Tunisie. Malheureusement pour lui, ce n’était que le début de ses ennuis judiciaires. Il a accusé un ancien ministre de la Culture d’avoir comploté pour son incarcération, par conséquent, le ministre a porté plainte contre lui.

Rappelons que de son père Slah Mosbah dénonçait ouvertement le racisme en Tunisie.

Slah Mosbah est un célèbre chanteur Fan Chaabi, un genre musical influencé par les régions rurales de la Tunisie avec des origines remontant à la musique bédouine. Il se fit connaitre au côté de « Yamma Lasmar Douni » en 1991, grâce à une chanson dans laquelle il déplore la prépondérance du racisme en Tunisie. Cette chanson est une reprise, car elle a été écrite à l’origine pour célébrer l’abolition de l’esclavage en Tunisie en 1846.

Slah Mosbah a énergiquement combattu constamment à la fin du racisme en Tunisie. Et il en avait payé le prix.

L’épouse de Sabri Mosbah, Saadia Mosbah, est l’une des militants antiracistes les plus en vue en Tunisie. Elle a fondé l’organisation caritative « M’nmety », qui organise des sit-in et des manifestations pour lutter contre le racisme. Elle et son fils Sabry ont été récemment agressés par la police.

En Tunisie, les très rares célébrités noires qui dénoncent le racisme sont intimidées par les autorités et ne bénéficient d’aucune subvention, comme l’athlète paralympique, Soumaya Bensaid, ou encoreAnis Chouchène, célèbre pour ses poèmes dénonçant la discrimination.

L’histoire des Maghrébins noirs est longue et complexe. La population noire vivant dans la région est arrivée lors la traite des esclaves arabe. En Tunisie, on estime qu’ils se situent entre 10 et 15% de la population, bien que des statistiques ethniques ne soient officiellement disponibles.

C’est une minorité invisible qui essaie de ne pas causer de problèmes dans un pays où la ségrégation est encore très réelle, et où les Noirs sont encore considérés comme des étrangers dans leur propre pays. En conséquence, les Tunisiens noirs, pour survivre, ont choisi de «compter sur eux-mêmes» en s’organisant dans des communautés situées principalement dans le sud de la Tunisie.

Les migrants subsahariens sont également victimes de réguliers assauts racistes en Tunisie. L’année dernière, trois jeunes hommes d’origine congolaise ont été poignardés en Tunisie lors d’une attaque.

NegroNews

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