ESTELLE MOSSELY, PARTAGÉE ENTRE BOXE ET INFORMATIQUE

Passer de l’univers de la boxe, à celui d’un geek semble ne pas être évident, tellement les univers sont différents, éloignés les uns des autres. Pourtant, Estelle Mossely, la championne olympique parvient à faire co-exister ces deux univers.

Estelle Mossely a un parcours très atypique pour une boxeuse. Ses parents étant ingénieurs, la petite Estelle est d’assez bonne famille. Tout naturellement, la boxe n’est pas ce vers quoi elle se tourne de prime abord. Petite elle est initiée au patinage artistique, à la natation et même à la danse classique, on est bien loin des rings et de la bestialité de la boxe, elle le dit elle même, “ La boxe anglaise, ça a été un peu un hasard”.

Ce qui nous intéresse n’est pas tant sa carrière sportive, qui n’est plus à présenter, mais plutôt son parcours parallèle. En effet, ayant obtenu un Bac S, à 18 ans, la jeune fille refuse de laisser toute la place à la boxe, elle intègre l’école supérieure d’ingénieurs Léonard de Vinci à Courbevoie, s’entraine également deux fois par jour. Le système français étant ce qu’il est, aucun aménagement n’est mis en place pour faciliter la donne aux sportives de haut niveau. Tout de même, la jeune femme peut s’absenter pour ses échéances sportives.

De façon fort admirable, la jeune femme va s’astreindre à ce rythme infernal et au terme de cinq années de cinq longues années d’études diplôme en poche, elle intègre Allianz en qualité de concepteur développeur. La programmation informatique, c’est son truc.

Et quand on lui demande comment chacune de ces activités nourrit l’autre, elle répond, “Je me suis toujours dit que j’avais besoin des deux. Pourtant, ça n’a pas toujours été facile de les faire cohabiter, notamment pendant mes études, qui n’étaient pas spécialement aménagées pour les sportifs de haut niveau. Aujourd’hui, c’est un équilibre que j’ai trouvé et qui m’est essentiel. Dans les moments difficiles de l’entraînement, dans les moments d’échec en compétition, avoir une autre activité me permettait de basculer dans un autre monde, qui m’aidait à passer le cap.”.

Un point commun entre cette activité « intellectuelle » et l’autre sportive? Le besoin, la nécessité de performance. Que ce soit sur un ring, ou dans le cadre de son travail de développeur, la jeune fille a conscience qu’il faut toujours progresser, performer. “Il faut avoir une certaine force de caractère pour monter sur le ring, donner et prendre des coups. C’est pareil en tant qu’ingénieure, les contraintes sont assez lourdes, on a parfois peu de temps au vu de la quantité de travail à fournir. J’ai cette capacité à continuer malgré les difficultés qui se dressent sur mon parcours”, affirme Estelle.

Et surtout ne venez pas lui parler de sexisme ou machisme, la jeune femme passe outre. Bien qu’elle sache qu’à la base, la boxe est un sport d’homme, ou que dans le milieu de l’ingénierie, les femmes sont sous-representées, Estelle refuse de se laisser cloisonner, limiter par sa condition de femme.

Ne venez pas non plus lui demander de choisir entre les deux activités.
“Entre sport et défi entrepreneurial, je n’ai pas envie de faire un choix, je suis passionnée par ce que je fais: je suis devenue championne olympique et, à côté de ça j’ambitionne de devenir une grande femme au sein de l’entreprise.”

NegroNews

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