UNE ENSEIGNANTE CONVOQUÉE POUR AVOIR CRITIQUÉ MACRON

Sophie Carrouge, professeure de lettres du lycée Le Castel à Dijon, a été convoquée jeudi par son rectorat après une publication qualifiée de critique violente sur le chef de l’Etat Emmanuel Macron, rapportent nos confrères de France info.

’’ Emmanuel Macron est terne, Emmanuel Macron est vieux, Emmanuel Macron n’est pas un président. Emmanuel Macron est un commercial arrivé au pouvoir par le pouvoir des urnes funéraires. » C’est le texte ironique que la professeure a publié sur le site indépendant, dijoncter.info après l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron le lundi 10 décembre 2018.  » Le grand chef blanc a parlé treize minutes pour apaiser le ressentiment de millions d’Indiens. Le grand chef blanc, au début de sa palabre, a prévenu que si les millions d’Indiens continuaient de lui courir sur le calumet, il allait être intraitable pour rétablir l’ordre. Il en va de l’autorité du grand tipi de l’Élysée », Sophie Carrouge revient sur l’allocution du chef de l’Etat deux jours auparavant sur cette publication sur le site dijoncter.info pour tenter de calmer la colère des gilets jaunes selon elle. L’enseignante ne s’est pas arrêtée en si bon chemin, elle poursuit sa publication d’un ton ironique : « Hugh grand chef blanc, tu as bien parlé et tu as restauré l’autorité du conseil des anciens, tous ces chauves à grandes bouches qui parlent, parlent et comprennent qu’un bon Indien est un Indien mort ou grabataire’’.

Contactée par France info, cette dernière, militante pour la défense des lycéens sans-papiers, explique avoir réagi ivre de rage au mot immigration utilisé par le président lors de son discours. Après sa convocation, l’enseignante s’est dite inquiète. Selon elle, « l’Etat est en train de bétonner le système pour restreindre la liberté d’expression de chaque fonctionnaire. Si elle n’a pas été sanctionnée à l’issue de sa convocation, la professeure a écopé d’un rappel au devoir de réserve lié à sa profession – elle avait indiqué dans sa tribune le nom de son établissement et sa fonction. Les parents d’élèves et collègues avaient par ailleurs appelé à manifester hier devant le rectorat en signe de soutien.

Du côté de l’académie, on explique qu’un « fonctionnaire ne doit pas critiquer sa hiérarchie et l’Etat employeur ». En ce qui concerne Sophie Carrouge, c’est clair : « Je peux continuer à écrire, mais je n’écrirai plus », a-t-elle commenté amère auprès de nos confrères.

KHOUDIA GAYE

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