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EMMANUEL MACRON VEND LA MARQUE ʺFRANCEʺ EN AFRIQUE DE L’EST

Face à la montée en puissance économique de la Chine dans toute l’Afrique orientale, le président français vante un « partenariat respectueux » lors d’un périple présidentiel de quatre jours en Afrique de l’Est (Djibouti, Éthiopie et Kenya).

Désireux de renforcer les liens de la France avec les pays africains non francophones, Emmanuel Macron a effectué pour la première fois depuis son élection et après plusieurs déplacements en Afrique de l’Ouest, une tournée à l’est du continent du 11 au 14 mars 2019. Le président français entend miser sur la coopération sécuritaire, économique et culturelle.

Après un départ pour Djibouti le 11 mars, le président français débute dès le lendemain matin une visite express d’une demi-journée par un entretien avec le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, avant de se rendre sur la plus importante base militaire française du continent afin d’y rencontrer les soldats présents sur place.

Un déplacement chez un partenaire « historique » de la France, qui a aussi une « dimension stratégique », assure l’Élysée, tant du fait de la présence de grandes puissances chinoises et américaines, pour ne citer qu’elles en raison du vent de changement qui souffle actuellement dans la Corne de l’Afrique et implique directement les voisins de Djibouti.

Aucun volet économique prévu pour cette étape mais le déplacement a un fort accent sécuritaire, d’autant que Djibouti n’est pas en position de force à l’heure où le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed renforce ses relations avec l’Érythrée et la Somalie, deux voisins avec lesquels Djibouti entretient des relations délicates depuis plusieurs années.

Cette dimension stratégique du voyage d’Emmanuel Macron se reflète par ailleurs dans la composition de sa délégation, puisque la ministre de la Défense Florence Parly ainsi que le président de la commission défense nationale de l’Assemblée nationale, Jean-Jacques Bridey, on en fait partie.

La France veut miser sur la libéralisation en cours en Éthiopie

À Addis-Abeba, le président français rencontre Abiy Ahmed, le Premier ministre éthiopien. Même s’il sait que ce processus prendra du temps, il espère ainsi aider les acteurs économiques hexagonaux à s’implanter dans ce pays en pleine libéralisation.

Une étape éthiopienne axée sur la culture

Le président français débute son étape éthiopienne sur le site historique de Lalibela, dans le nord du pays, avec une « visite conjointe » en compagnie du Premier ministre éthiopien. Inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco en 1978, ces célèbres églises creusées dans la roche subissent aujourd’hui les fortes pluies qui fragilisent certaines parties de ces lieux de culte emblématiques.

L’Éthiopie n’ayant pas encore déposé une demande de restitution, la question n’a pas été abordée pendant le voyage. La restauration du palais présidentiel fait en revanche partie des projets de conservation dans lesquels l’Élysée dit vouloir s’investir. C’est dans ce palais qu’Emmanuel Macron a diné le 12 mars au soir, en compagnie du Premier ministre et de la présidente Sahle-Work Zewde, par ailleurs parfaitement francophone puisqu’elle a étudié au lycée français d’Addis-Abeba et été ambassadrice d’Éthiopie dans trois capitales francophones : Paris, Dakar et Djibouti.

L’étape éthiopienne s’achèvera le lendemain au siège de l’Union africaine (UA) par une rencontre avec Moussa Faki Mahamat et certains des commissaires de l’UA, dont Smaïl Chergui, en charge du volet paix et sécurité. Un échange au cours duquel a été abordée la présidence française du G7, qui se tiendra en août.

La dernière étape du périple présidentiel d’Emmanuel Macron en Afrique de l’Est s’achève par la visite à Nairobi au Kenya, le mercredi 13 et jeudi 14 mars, placée sous le signe de la diplomatie économique.

La tribune pour la conférence de presse des deux présidents, le Kényan Uhuru Kenyatta et le Français Emmanuel Macron, a été installée sur un quai de la vieille gare centrale construite en 1889. « Le train permet de réduire la pollution et les embouteillages », explique M. Kenyatta, porte-étendard d’une politique de lutte contre le réchauffement climatique à la tête d’un pays où 75 % du mix énergétique est composé de renouvelable.

Le groupe Transdev a obtenu un contrat d’un montant de quelque 400 millions d’euros pour la rénovation et surtout le prolongement de la ligne de banlieue entre la gare de Nairobi et l’aéroport international Jomo-Kenyatta. Un trajet qui, actuellement, peut prendre deux heures par la route les jours de forte affluence. Emmanuel Macron, premier président français à se rendre au Kenya en visite d’Etat depuis l’indépendance en 1963, assure que « la ligne fonctionnera dès 2021 ».

« Nous avons fait avancer plusieurs dossiers, dont un projet autoroutier, qui sera conclu d’ici au 14 mars au matin, un projet de près de 1,5 milliard d’euros. Et nous avons ce même volontarisme sur un total d’à peu près 3 milliards d’euros de contrats », a expliqué Emmanuel Macron lors de la conférence de presse à la gare.

Des contrats ont été signés pour 2 milliards d’euros, les autres restent à formaliser. Le plus important est celui pour l’attribution au groupe Vinci (Vinci Concessions, Sogea-Satom, Meridam) de la concession sur trente ans d’une autoroute à construire entre Nairobi et la ville de Nakuru, plus au nord, un axe routier majeur.

Face à la montée en puissance économique de la Chine dans toute l’Afrique orientale, Emmanuel Macron se fait l’apôtre d’un« partenariat respectueux ». A Djibouti déjà, pays dont Pékin détient 60 % de la dette, il avait rappelé la nécessité d’un « cadre clair pour que de tels investissements et un endettement excessif ne réduisent pas la souveraineté des Etats ni ne fragilise leur situation économique ».

Interrogé sur ce que la France pouvait apporter de différent au Kenya par rapport à la Chine, Uhuru Kenyatta a très diplomatiquement rétorqué que « l’on ne peut pas comparer des pommes à des oranges même si elles sont toutes bonnes. Nous tirons profit de ce que le monde a à offrir de meilleur et la France a beaucoup à nous offrir ». Le président français a déclenché l’hilarité de son hôte, quand il lui a demandé « s’il était une pomme ou une orange ».

 

NN

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