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E-commerce en Afrique : Jumia ferme ses portes au Cameroun

L’Afrique Centrale ne réussit pas au géant de la vente en ligne qui a fait une entrée en bourse remarquée plus tôt dans l’année. Après le Congo et le Gabon, c’est au tour du Cameroun de voir Jumia « faire ses valises ».

C’est le matin du lundi 18 novembre 2019 que la nouvelle tombe, sans annonce publique du groupe ou même du PDG. Alors que la campagne de black Friday bat son plein, les employés du groupe apprennent leur licenciement.
Rebecca Enonchong, l’entrepreneure camerounaise, fondatrice et directrice de AppsTech, respectée dans le milieu de la technologie et du numérique déclarait ceci sur twitter « La brutalité de la nouvelle envers le personnel fait écho à leur style de gestion et est, je crois, l’une des raisons de sa disparition (…) cela ne faisait que quelques mois, mais le personnel était déjà traité avec un tel manque de respect. Je me souviens que les gens étaient licenciés pour des broutilles et qu’ils étaient impitoyables. Sur le tableau blanc dans la matinée, les objectifs de l’inscription des vendeurs. Chaque midi et fin de journée, le personnel devait rendre compte des progrès. J’admirais leur capacité à suivre un plan, mais cela montrait également leur inflexibilité totale à s’adapter au marché. (…) Il m’est apparu clairement que le Jumia, ne s’intéressait pas du tout à une entreprise à long terme. Ils n’étaient intéressés que par quelques indicateurs de performance clés qui plairaient aux investisseurs ou aux acquéreurs potentiels. La pression exercée pour obtenir ces chiffres est identique à celle qui a entraîné la fraude au Nigéria ».

D’après plusieurs observateurs et retours d’utilisateurs, Jumia Cameroun n’était pas non plus réputé pour proposer de la marchandise de qualitié sur son sol. La méfiance des consommateurs est sûrement une autre raison qui conduit le groupe s’étant arrogé le label de start-up africaine à son entrée à la bourse de Newyork plutôt dans l’année, qui a conduit à sa fermeture.

En effet, l’introduction de Jumia, une entreprise enregistrée en Allemagne, fondée par des français, qui a basé son équipe d’ingénieurs au Portugal, à la bourse de New York en Avril 2019 sous l’étiquette « première start-up africaine » avait créé la polémique. De nombreuses voix se sont fait entendre pour dénier à l’entreprise ce label.
Après cette débâcle du leader de la vente en ligne sur le continent en Afrique Centrale, qui en dépit de sa position a connu de grosses pertes  (165 millions d’euros en 2017, 170 millions en 2018), et qui s’inscrit dans le sillage de la fermeture d’Afrimarket en Côte d’Ivoire, ou de Yatoo, la question demeure : Les Africains ne sont pas assez « matures » pour ce genre de services en ligne ou ses entreprises n’ont pas encore trouvé la bonne formule pour s’adapter au marché ? 
Pour Rebbecca Enonchong, il n’ y a pas de doute :

« Jumia est tout simplement une entreprise mal dirigée, incapable de comprendre son marché, qui refuse d’agir comme une bonne entreprise citoyenne et qui pense que les Africains ne sont qu’une marchandise, un moyen d’atteindre un but. Aucune entreprise avec cette attitude ne peut réussir à long terme.»

Annabella Kemayou

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