[DOCUMENTAIRE] JACQUES FOCCART LE PÈRE DE LA FRANÇAFRIQUE

 

Avec l’indépendance de l’Algérie en 1962, la France perd l’exploitation du pétrole saharien. Charles de Gaulle, pour qui il n’y a pas de grande puissance sans indépendance énergétique, décide donc de se tourner vers les pays de l’ancien Empire colonial français en Afrique, qui regorgent de richesses minières et pétrolières. L’exploitation de ces ressources, qui s’effectue sur des cycles longs de 5 à 10 ans entre la découverte des gisements et la mise en service de l’exploitation, requiert dans les pays concernés une authentique stabilité politique si bien qu’est décidée une politique de soutien très active aux dirigeants particulièrement francophiles et dociles de ces pays devenus indépendants de la France en 1960.

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Cette volonté politique forte est confortée par le souhait des pays de l’OTAN, dans le contexte de la Guerre froide, de barrer la route de l’Afrique au communisme. Ainsi, la France est investie implicitement du rôle de « gendarme de l’Afrique », en échange de quoi son activisme énergétique particulièrement autoritaire est toléré.

Les méthodes de Jacques Foccart s’avèrent extrêmement directives et expéditives, visant à rendre les Chefs d’États dépendants de la France pour exercer et se maintenir au pouvoir. À l’instar des mouvements de Résistance dont il fut un acteur majeur, il met en place une structure centralisée et cloisonnée, de façon à en rester l’unique ordonnateur. Cette organisation en réseau est une organisation de terrain, entièrement tournée vers l’efficacité opérationnelle.

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Ces réseaux sont à la fois des réseaux de renseignement et d’action. Concernant l’information, ils puisent naturellement dans les rangs des services de renseignement, des services secrets et de la diplomatie, mais, aussi, dans ceux des hommes d’affaires et notables œuvrant localement (les « correspondants »). Pour l’action, aux côtés des services secrets sont fréquemment mobilisés des mercenaires.

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Ce système d’influence de la France en Afrique, appelé couramment « Françafrique » par ses détracteurs – terme emprunté à Houphouët-Boigny, repris par François-Xavier Verschave dans son ouvrage La Françafrique, le plus long scandale de la République -, qu’il a fondé, puis, profondément installé, est encore en vigueur aujourd’hui, poursuivi sous les présidences successives de Valéry Giscard d’Estaing (qui remplace Foccart, mais garde son adjoint René Journiac, ancien magistrat dans les colonies), François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, chacun confirmant l’existence même de la cellule africaine de l’Élysée, indépendante des autorités du Premier ministre et du ministère des Affaires étrangères et confiant le pilotage de celle-ci à un proche. L’avocat d’affaires franco-libanais, Robert Bourgi, a prétendu succéder à Jacques Foccart mais ne faisait que la transmission de messages entre certains dirigeants africains et français et le portage de valises.

Source : Wikipedia

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