• Accueil
  • >
  • CINÉMA
  • >
  • UN DOCUMENTAIRE FANTASTIQUE FAIT REVIVRE PAPA WEMBA

UN DOCUMENTAIRE FANTASTIQUE FAIT REVIVRE PAPA WEMBA

Nous avons eu l’honneur de rencontrer et interviewer Monsieur Elvis Adidiema sur son oeuvre: « L’histoire de Papa Wemba ».

Le réalisateur du documentaire sera présent lors de l’événement de ce week-end: Congo Na Paris 🙂

Bonne lecture…

 

PORTRAIT

  • Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Elvis Adidiema j’ai 29 ans et je suis directeur Artistique du pôle musique de Trace mais aussi réalisateur. Après une formation en journalisme j’obtiens un master en journalisme à l’ESJ Paris. Par la suite je crée ma structure avec un ami d’enfance, une boîte de production qui propose des contenus tournés principalement au Congo avec une émission phare nommée « O’RIGINAL ».

Pendant un an je vais produire et présenter cette émission, jusqu’à ce que Trace me repère et me propose le poste de rédacteur en chef de la chaîne, poste que j’ai occupé pendant 1 an et demi avant de passer directeur artistique du pôle musique.

  • Quelles sont vos influences dans le cinéma, la réalisation de reportage ?

Dans le cinéma je suis bien sûr très influencé par les films afro-américains avec lesquels j’ai grandi (Boy’z n the hood, The Wood, Brownsugar, Friday etc…). Après j’aime beaucoup le cinéma de Pedro Almodovar qui réussi à transmettre des émotions incroyables à travers ses films. C’est ce que j’essaye de faire à chaque fois que je réalise un documentaire.

  • Depuis quand êtes-vous dans le métier ?

Environ 4 ans maintenant

 

L’OEUVRE

 

  • D’où vous est venu l’idée de réaliser un documentaire sur Papa Wemba ?

Cette idée a germé naturellement, quelques jours après la mort de cet immense artiste. J’ai vu l’onde de choc que ça avait crée à l’international, j’ai surtout réalisé que cette nouvelle m’avait bouleversée et dès lors j’ai compris le caractère intergénérationnel de cet artiste, qui a traversé les époques avec brio.

La moindre des choses pour moi était dès lors de lui rendre hommage et que les nouvelles générations puissent prendre conscience de tout ce que Papa Wemba a apporté à notre musique et à notre culture. Un chanteur avec une voix incroyable qui a exporté la rumba congolaise à l’extérieur du Congo, faisant même des concerts au Japon ! Un artiste hors normes qui créait des émeutes partout où il passait.

C’était un leader d’opinion qui influençait tout Kinshasa, il avait son propre « village » en plein cœur de la capitale, le village Molokaï où toute la ville se précipitait pour participer aux répétitions de son groupe le « viva la musica ». C’était aussi un fer de lance de la SAPE (société des ambianceurs et des personnes élégantes) un courant qui existe jusqu’aujourd’hui et grâce auquel beaucoup de personnes arrivent à placer le Congo sur une carte. Donc c’était vraiment un défi majeur pour un artiste majeur.

  • Combien de temps avez-vous passé à la réalisation du documentaire ?

J’ai mis 1 an et demi à réaliser ce documentaire entre Paris, Kinshasa et Abidjan.

  • Qu’avez-vous appris de toutes ces rencontres avec l’entourage et les proches (famille et amis) de ce grand homme ?

C’était une expérience formidable, inoubliable. J’ai tout de suite compris l’importance de cet artiste lorsque j’appelais des grands noms comme Lokua Kanza, Asalfo, Oumou Sangaré etc…et qu’ils répondaient tous favorablement à mon interview. Ce documentaire m’a aussi permis de rentrer dans son cercle proche, de poser mes pieds chez lui à Kinshasa cela m’a vraiment fait quelque chose. Sa veuve Marie Rose Amazone m’a accueilli et on a parlé pendant des heures de son mari. J’ai vraiment l’impression de le connaître par cœur aujourd’hui et c’est une sensation incroyable. Toutes les personnes qui ont participés au film me décrivent Papa Wemba comme un homme très simple, d’une incroyable bonté et possédant un réel charisme.

  • Que retenez-vous de cette expérience ? Que vous a-t-elle apporté professionnellement et personnellement ?

Cette expérience fut un réel défi, je devais faire face à beaucoup de contraintes, technique, éditoriale, voir humaine. J’ai dès lors beaucoup appris sur ma façon d’appréhender les choses et surtout de structurer ma pensée pour pouvoir produire une œuvre cohérente qui parlera au maximum de personne.

  • L’impact de la musique de Papa Wemba est si grand et important, comment avez-vous réussi à mettre en lumière son grand potentiel/don ainsi que sa vie ?

Comme je le dis souvent il est impossible de résumer la vie de Papa Wemba en 1H30. J’ai décidé de reconstituer ce puzzle du mieux possible en parlant de l’artiste, qu’il soit Jules Presley son premier sobriquet, Papa Wemba ou encore « Vieux Bokul » à la fin de sa carrière.

Je voulais aussi faire la lumière sur sa vie de famille l’importance de sa femme et de ses enfants dans sa carrière. Comme le disent ses filles dans le documentaire c’était un homme plutôt simple et timide en privé, une image qui tranchait clairement avec son image de Papa Wemba « le roi de la sape ».

  • En faisant ce documentaire, qu’avez-vous appris sur Papa Wemba que vous ne saviez pas ?

J’ai appris que c’était un artiste très simple finalement, qui n’avait qu’une seule volonté : Chanter.

Il n’a jamais associé le business à la musique car il respectait bien trop cet art. Au niveau de son parcours j’ai réalisé à quel point il fût chaotique. Les choses n’ont pas été simples pour lui, avant la création de « Viva la Musica », il a connu beaucoup d’échec qui auraient pu clairement mettre un terme à sa carrière. Il revient de très loin.

  • Selon vous, quel est l’intérêt d’un documentaire comme celui-ci sur la vie d’un artiste ?

L’intérêt c’est bien sûr d’immortaliser une légende de la musique congolaise. Je trouve qu’il est dommage de faire sans cesse des œuvres de ce type à titre posthume. J’aimerai que l’on puisse rendre hommage à des Lutumba, Koffi, ou Youssou N’dour de leur vivant.

L’idée aussi c’est le travail de transmission, au même titre qu’un Michael Jackson, les générations futures pourront avoir une idée de ce que Papa Wemba a accompli au cours de sa vie.

  • Par ce documentaire, que souhaitiez-vous passer comme message ?

Aimons-nous vivant et respectons les artistes qui nous ont tant fait rêver.

  • Votre créneau n’est-il uniquement que les documentaires ou d’autres type de réalisation ?

Je touche à tout ; à l’image d’un Claudy Siar, je n’ai pas de limites concernant les domaines que je veux explorer, réalisation de film mais aussi produire de la musique, découvrir des artistes…J’aime associer mes passions au travail.

 

ET APRES… :

 

  • Qu’en retirez-vous ?

Beaucoup de fierté, voir ma mère, mon frère et l’un de mes meilleurs amis lors de la projection à Kinshasa restera l’un de mes plus beau souvenir.

  • Avez-vous eu des retours quant à votre réalisation ?

Généralement le public a été conquis, le film a été acheté par deux chaînes majeures, France Ô et TV5 donc je pense que tout le travail abattu porte ses fruits. A ce titre j’aimerai remercier toutes les personnes qui ont participé à la conception de ce film, et en particulier les équipes de TRACE.

  • Allez-vous continuer à réaliser des reportages, documentaires de ce type?

Je n’en ai aucune idée pour le moment.

  • Avez-vous d’autres projets en cours ?

Je travaille sur un projet de télé réalité avec le basketteur NBA Serge Ibaka. Nous allons tourner dans les 4 coins du globe et le suivre dans son quotidien entre sport, famille et musique. Un programme qui s’annonce passionnant et qui arrivera sur les écrans d’ici la fin de l’année

 

Je vous remercie pour cette interview et pour le temps accordé.

 

 

Equipe NEGRONEWS

Commentaires

commentaires

Précédent «
Suivant »

Suivez-nous sur Facebook