Le difficile essor du cacao camerounais

Il a été convenu par Accra et Abidjan de s’unir pour assurer un prix minimum aux producteurs ivoiriens et ghanéens. Ceux du Cameroun luttent encore pour améliorer leurs conditions, et ce, depuis les années 1980. Représentant 15 % des recettes d’exportation du pays, le cacao est un produit phare dans le développement du Cameroun en dépit des 2,1 % qu’il représente dans le produit intérieur brut. Ce sont autour de 600 000 familles qui vivent grâce à la filière qui connaît depuis bientôt quarante ans une régression.

« Le planteur a des difficultés au niveau de l’utilisation des fongicides et au niveau du travail que représente cette activité », s’exprime un producteur qui se fait appeler Jean-Marie Cacao. Depuis le début de cette crise agricole, l’Etat camerounais s’est désengagé dans les soutiens aux producteurs, notamment pour les fertilisants, les fongicides et le désenclavement des bassins de production. Cependant, il y a eu une légère reprise ces dernières années avec la vulgarisation des normes de récolte, de fermentation et de séchage du cacao. L’Etat veille également au respect des prix homologués.

Camille Ndzana, représentant d’une société d’exportation basée à Douala et collecteur de fèves dans différentes zones du pays, se prononce sur l’avantage des prix homologués : « Le prix qui nous est donné à Douala est restitué à sa juste mesure. C’est-à-dire que quand ils arrivent à se regrouper à deux ou à quatre, on arrive à leur donner une plus-value. Si le prix à Douala est à 1 000 francs, on leur donne 900 francs et plus pour nous permettre de rentrer dans nos frais » dit-il.

La  Société de développement de cacao (SODECAO) qui est une structure étatique, soutient la relance de la culture de cacao. Cela en augmentant les surfaces des champs semenciers qui atteignent aujourd’hui en moyenne 50 hectares. Il y a 30 ans, le rendement représentait le double de ce qu’il est aujourd’hui, mais le directeur général de la SODECAO, Claude Ako’o Akouafane, explique que la qualité importe plus que la quantité de production : « Nous travaillons pour améliorer la qualité de la production. Et en aval, il y a d’autres structures qui interviennent, c’est le cas de l’Office national du cacao et du café, qui suivent de plus près les mesures sur la qualité du cacao » explique-t-il.

Un nouveau plan de relance de la filière du cacao s’étale sur la période de 2020 à 2027 et la SODEACAO mise sur les partenariats tant au niveau de l’élite locale, que des transformateurs mondiaux de la fève marron.

Harris DJIRO

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