DIARATA INVENTE LE BRACELET ANTI – AGRESSION POUR FEMME

Créatrice de l’association «Résonantes» basée à Nantes, Diarata N’Diaye œuvre afin que les victimes des violences faites aux femmes ne soient plus seules. Après avoir créé son application Smartphone « App-elles » une application anti-agression pour femme, elle met au point un dispositif d’alerte en cas d’agression ; un bracelet connecté pour les femmes victimes de violences.

À travers sa musique, son travail militant, la jeune entrepreneuse Afro descendante originaire du Sénégal, lutte contre les violences conjugales, l’excision, le viol ou encore le mariage forcé, qu’elle a elle-même failli subir. Inspirée par les difficultés rencontrées par les femmes autour d’elles, surtout les victimes qui lui raconte leur combat quotidien, elle a décidé de commencer à sensibiliser les 15-30 ans sur le sujet des violences faites aux femmes dans les collèges et lycées par le biais de son spectacle « Des mots sur des maux » (2008) en compagnie du guitariste Patrick Dethorey. Dans son envie d’aller plus loin, elle lance une application solidaire « App-Elles » pour accentuer son engagement. L’application a été présentée au CES de Las Vegas.

Le bracelet anti-agression est un autre moyen qui permet aux victimes de parler librement, d’avertir et de s’informer. Grâce à l’application « App-Elles », dès qu’une femme se sent en danger, elle peut envoyer un message d’alerte à trois contacts en appuyant sur un simple bouton en toute discrétion. Il ressemble à ces bracelets en silicone colorés que l’on porte pour compter ses pas. Une innovation qui a convaincu la région Pays de la Loire : la collectivité a annoncé ce mercredi l’achat de 2.000 exemplaires (et une subvention de 30.000 euros), qu’elle distribuera bientôt à des associations du territoire.

« Il suffit d’appuyer sur un petit bouton du bracelet, l’alerte permet ensuite à trois contacts, définis au préalable, d’entendre en direct ce qu’il se passe. Ils reçoivent aussi le parcours GPS en temps réel, ce qui leur permettra d’alerter immédiatement les secours avec des informations précises ». C’est ainsi que Diarata N’Diaye décrit ce bracelet inédit source de son imagination. Elle précise que l’enregistrement sonore est ensuite sauvegardé pendant une semaine et peut constituer une preuve pour aider les femmes à aller jusqu’à un dépôt de plainte.

Selon les chiffres officiels publiés sur Stop-violence-femmes.gouv.fr, en France 225 000 femmes sont victimes des violences sexuelles et/ou physiques de la part de leur conjoint ou ex-conjoint chaque année mais seulement 19% d’entre elles osent porter plainte en gendarmerie ou en commissariat de police. Un pourcentage faible qui s’explique par la peur de l’agresseur et de ses menaces, le coût et la longueur des procédures ou encore l’inintérêt accordé à leurs témoignages pour ne citer que ça. Pour Christelle Morançais, la présidente de la région Pays de la Loire. « Seulement 10 % à 14 % des victimes le font ».

Ce bracelet n’est donc pas destiné à tout le monde. « Mais certaines femmes en ont besoin, comme celles qui vivent encore avec leur conjoint violent et pour qui il faut le maximum de discrétion », juge Diarata N’Diaye âgée de 34 ans. Pour les autres, qui ne souhaitent pas porter l’accessoire, de nombreuses fonctionnalités ont été imaginées pour tout de même activer l’alerte : tapoter trois fois sur son écran, appuyer sur un bouton de son kit main libre, débrancher son casque audio. En plus de la fonction « Alerte », deux autres touches sont accessibles via l’application. « En parler » fait office de répertoire des plateformes venant en aide aux femmes victimes de violences. Enfin, « Agir » permet de s’informer sur les structures et associations présentes en France. « Il y a un manque d’information des publics, et surtout des plus jeunes, sur ce que sont les violences et leurs conséquences. Mais aussi sur toutes les solutions d’accompagnement qui existent », explique Diarata N’Diaye.

Une campagne de financement participatif est lancée pour la mise en production du Bracelet d’Alerte Connecté. Un moyen encore plus efficace d’alerter les trois personnes sans passer par le téléphone.

DUNAMIS ADJIGO

Commentaires

commentaires

Précédent «
Suivant »

Suivez-nous sur Facebook