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David Adjaye sollicité pour la conception d’un musée nigérian consacré aux trésors pillés

C’est un nouveau défi pour David Adjaye et visiblement le début d’une passionnante aventure. L’architecte britannique qui a conçu le musée national de l’histoire et de la culture afro-américaines du Smithsonian (Washington), acclamé par la critique, vient en effet d’être chargé de réaliser une étude de faisabilité pour le nouveau musée royal du Benin au Nigéria.

Projet d’un nouveau musée au Nigeria

Le célèbre architecte David Adjaye travaille sur un nouveau musée qui pourrait un jour abriter des trésors pillés dans le royaume africain de Benin (qu’il ne faut pas confondre avec le pays francophone) pendant la période coloniale. Un porte-parole a confié à artnet News que le gouvernement de l’État nigérian d’Édo avait chargé Adjaye Associates et son partenaire local au Nigéria, Agram Architects, de réaliser l’étude de faisabilité.

La construction d’un nouveau musée constituerait une étape majeure dans le rapatriement d’objets tels que les bronzes de Benin, pillés par l’armée britannique à la fin du XIXe siècle, puis vendus pour payer la campagne militaire. Beaucoup se sont retrouvés dans des musées à travers l’Europe, ainsi qu’au Metropolitan Museum of Art de New York. La part du lion du trésor est allée au British Museum de Londres. Des exemples ont récemment été acquis par le Louvre Abu Dhabi.

Les trésors perdus de Benin sont un sujet de cœur pour Adjaye qui né en Tanzanie de parents ghanéens. Il a été sollicité pour présenter ses idées pour le nouveau musée lors de la dernière réunion du Groupe de dialogue sur le Benin, qui compte parmi ses membres des représentants de grands musées allemands, néerlandais, autrichiens, nigérians et britanniques, dont le British Museum.

Le porte-parole d’Adjaye a souligné que l’expérience de l’architecte et son intérêt pour le patrimoine culturel béninois, tant sur le plan personnel que professionnel, témoignaient de sa détermination à soutenir les efforts du groupe « pour que cette histoire ait sa place dans le présent et l’avenir du Nigéria ».

Rappariement des pièces spoliées

Les membres du Groupe de dialogue sur le Bénin discutent du nouveau musée depuis 2018. Lors de sa dernière réunion, qui s’est tenue en juillet à Benin City (capitale de l’état d’Édo), Adjaye a exposé sa vision. Dans un communiqué, le groupe a déclaré que le musée « réunirait » le plus important des artefacts historiques du Benin, actuellement hébergé dans diverses institutions à travers le monde.

Le groupe s’est engagé à effectuer des recherches sur la provenance de leurs collections et à en partager les résultats avant sa prochaine réunion au British Museum en 2020. Cependant, le problème juridique entourant le rapatriement de pièces signifiera probablement qu’elles seraient prêtées plutôt que renvoyées définitivement. Certains critiques accusent le groupe d’avoir un « état d’esprit colonial » en raison de l’accent mis sur la propriété légale de leurs institutions pour la possession des artefacts.

Les discussions multilatérales entre principalement des professionnels de musée contrastent avec l’approche française de la question de l’art africain pillé à l’époque coloniale par les musées du pays. Le président Emmanuel Macron s’est fait le champion d’une approche descendante de la question de la restitution en commandant un rapport aux historiens de l’art Felwine Sarr et Bénédicte Savoy. En novembre dernier, ils ont rendu leurs conclusions dans lesquelles ils ont recommandé la restitution des pièces pillées durant la colonisation.

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