DAKAR : LA TECHNOLOGIE FÉMININE MISE EN AVANT

La journée de la femme digitale s’est déroulée jeudi dernier à Dakar, c’est la première édition africaine de ce forum. Une édition marquée par la présence de plusieurs leaders féminins et entrepreneures africaines qui ont pendant toute la journée partagée leur expérience visant à « changer le monde » par le numérique, certaines idées sortent du lot.

 Une application pour les victimes de violences (femmes, enfants)

C’est l’invention de Diariata N’diaye, 36 ans, qui est très engagée contre les violences faites aux femmes (conjugales, viols). Après avoir parcouru de nombreux établissements scolaires en France, où elle a grandi, elle a pu recueillir des témoignages et sensibiliser les jeunes. La jeune femme s’est surtout rendu compte que ces personnes n’étaient même pas informées qu’il existe des solutions pour ça. En 2015, elle crée son association « Résonantes » et lance dans la foulée « App-elles ». 

« Je suis partie d’un constat très simple : c’est que tout le monde a un téléphone et que donc s’il y a un outil qui doit être créé pour les victimes, il doit passer par leur téléphone », explique-t-elle. Cette application mobile permet aux victimes de violences conjugales d’alerter trois de leurs proches en cas de situation de danger. Aujourd’hui, Diarata évoque 8.000 téléchargements de son application avec une moyenne de 800 à 1.300 utilisateurs par mois, et une présence dans dix pays, dont la France, le Canada, le Maroc, les États-Unis ou encore le Sénégal. Une superbe innovation qui va sans doute aider beaucoup de femmes à se sortir des situations les plus complexes. 

 Un carnet de santé numérique

Nafissatou Diouf est sûrement la cadette de cette édition, à 22 ans, la jeune femme est à la tête d’une start-up de 10 salariés, installée à Dakar depuis deux mois. Lorsqu’un patient arrive dans un hôpital, il faut souvent taper son nom dans l’ordinateur pour avoir des informations sur lui, ce qui prend beaucoup de temps. Nafissatou a créé un système de QR code, un type de code-barres, intégré à une carte, un bracelet, ou encore un pendentif, est scanné par les médecins pour accéder instantanément aux données des patients. Sa plateforme gratuite permet également aux patients de gérer leurs rendez-vous médicaux.

L’idée est de « faciliter le travail des médecins et des urgentistes » qui peuvent ainsi « agir plus rapidement », explique la jeune Sénégalaise, personnellement touchée par le problème des diagnostics. Les efforts de Nafissatou Diouf ont rapidement payé, puisqu’elle lance « Senvitale » en 2017 et dès 2018, elle remporte le prix start-up de l’année. 

« On attend l’autorisation du ministère de la Santé à cause des données sensibles que l’on traite » explique-t-elle. Pour l’instant, le projet n’est pas encore sur le marché, mais la jeune femme envisage déjà de développer son entreprise à l’étranger. 

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