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TRAITE NÉGRIÈRE EUROPÉENNE : LES AFRICAINS ONT-ILS VENDU LEURS FRÈRES ?

LE COMMERCE ?

Vous avez à l’image un fort armé construit par les Anglais au Ghana actuel du temps de la traite négrière et ces canons rangés montrent l’aspect militaire de la traite qui explique bien des choses. Les historiens occidentaux nous disent que les Européens venaient avec des marchandises (de la pacotille svp !) pour acheter des esclaves aux rois africains qu’on fait passer pour des idiots finis. Si ce commerce était donc si pacifique, pourquoi construire des forts armés ?

En réalité, la traite négrière était bien planifiée.
Comme nous l’avions dit ici, si l’Afrique était supérieure économiquement, administrativement et en matières de droits humains, elle était inférieure militairement.

Premièrement, les Européens nouaient donc des contacts diplomatiques avec les États africains et on faisait en sorte de gagner leur confiance. Deuxièmement, on construisait des forts armés sur les côtes pour soumettre les États. On y entreposait des fusils, des canons, de la poudre à canon, des épées etc… et enfin on commençait à déstabiliser politiquement les États. Le terrain politique était soigneusement étudié et on cherchait un roi qui voulait agrandir son territoire, un membre du gouvernement qui voulait le pouvoir ou un roi vassal qui cherchait à se libérer de la tutelle oppressive d’un pouvoir central.

Cette personne était l’objet de toutes les attentions et on armait celui-ci pour qu’il entre en conflit avec un royaume étranger ou contre le pouvoir central, livrant les prisonniers de guerre aux européens en échange des armes. Le royaume ou l’empire attaqué devait à son tour acheter des armes pour sa survie et il devait livrer des citoyens ou des prisonniers de guerre en échange. Une autre manière de faire était d’entrer directement en guerre contre les États et d’éliminer publiquement ceux qui refusaient de collaborer et armer ceux qui acceptaient. Vu leur infériorité militaire, certains États étaient contraints de signer la paix en livrant leurs citoyens.

Après avoir perdu 15 000 hommes en résistant, le roi de Ndongo (Angola) prédécesseur de la reine Nzinga se suicida face au dilemme. Des membres du gouvernement Kongo furent capturés et déportés. L’empereur Afonso 1er Nzinga Mbemba échappa à un attentat fomenté par les Portugais parce qu’il refusait de collaborer. L’Afrique de l’Ouest (Sénégambie, Guinée Bissau…) et l’Afrique de l’Est (Kilwa, Mozambique…) étaient également entraînées dans ce cycle fusil-guerre-esclaves. Le nombre de captifs de guerre connut un accroissement exponentiel. Le continent était à feu et à sang.

Les rois africains n’étaient d’ailleurs pas dupes. Le roi d’Allada (Bénin) répond en ces termes aux Français qui lui demandent l’autorisation d’ériger une factorie en 1670 « Vous allez construire une maison dans laquelle vous mettrez d’abord 2 petites pièces de canon, l’année suivante vous en monterez 4 et en peu de temps votre factorie va se métamorphoser en un fort qui va faire de vous les maîtres de mes États et vous rendre complice de m’imposer vos lois ».

Source : La traite négrière européenne, vérité et mensonges, Jean Philippe Omotunde.

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